Le statut de l’opposition malienne adopté par l’Assemblée Nationale : Boulevard royal pour Soumaïla Cissé

L’Assemblée Nationale a clos ses travaux le week-end dernier sur des notes d’espoir avec l’adoption du statut du chef de l’opposition comme porte – parole de l’opposition politique. L’adoption d’un tel statut est une avancée politique, sans doute, de haute portée démocratique pour notre pays. Elle met l’opposition sur orbite, protège son chef et le met dans ses droits politiques et légaux pour un véritable contrôle républicain de l’action gouvernementale. Au Mali, un tel rôle doit être dévolu à l’Union pour la République et la Démocratie (URD) en tant que première formation politique de l’opposition à l’Hémicycle. Ce parti remplit tous les critères stipulés dans la loi du 13 juillet 2000 qui vient d’être amendée par une autre loi en date du 19 février 2015, cette dernière définissant enfin le statut de l’opposition.

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Le nouveau chef de l’opposition sera dorénavant respecté avec des droits et devoirs. Dans la pratique, il est nommé parmi les députés du parti majoritaire à l’Assemblée Nationale élu lors des dernières législatives ou à défaut au sein de la formation politique ayant le plus grand nombre de conseillers communaux des dernières élections municipales. Le nom du chef de l’opposition est ensuite notifié, par son parti, au ministre en charge des partis et soumis au Président de la République qui le nomme par décret.

Portée politique

Cette loi modifie celle du 13 juillet 2000 qui était muette sur le rôle du leader de l’opposition. Cette insuffisance vient d’être corrigée en substance. Si le statut de l’opposition n’est pas une nouveauté au Mali, elle consacre néanmoins le droit de l’opposition et son implication sur les grandes questions motivant la nation.

En effet, le chef de l’opposition et son cabinet sont indexés sur le budget national et est invité lors des cérémonies protocolaires du pays. Aussi, il aura les mêmes avantages que le premier vice – président de l’Assemblée Nationale. A titre protocolaire, il a rang de ministre.

Mieux, le Président de la République ou le Premier ministre peut le consulter sur des sujets d’intérêt national en cas de besoin ou l’associer dans les voyages officiels. Ils ont l’obligation de le recevoir à chaque demande. Preuve qu’il est protégé, il ne peut faire l’objet de discrimination, de sanctions administratives, d’emprisonnement en raison de ses opinions. Bref, c’est une fonction politique reconnue et juridiquement protégée par les lois de la République.

Il faut savoir que le chef de l’opposition établit un rapport annuel adressé au Président de la République et au Président de l’Assemblée nationale et publié au journal officiel. Toutefois, son mandat prend fin en cas de décès, de démission ou d’exclusion du parti ou d’acceptation des fonctions incompatibles avec son statut ou de fin de mandat.

De constat, l’opposition joue déjà un rôle primordial dans la vie de la nation. Elle n’a pas attendu ce maquillage juridico-institutionnel pour se faire entendre. En témoignent sa motion de censure contre le gouvernement Moussa Mara, sa visite à Gao pour dénoncer les pratiques de la MINUSMA, ses crocs – en – jambes pour contraindre l’Exécutif à dire la vérité comme par exemple dans l’affaire de l’avion présidentiel et du contrat d’armement, affaires dans lesquelles Tiébilé Dramé et Soumaïla Cissé ont tiré leur épingle du jeu. L’opposition organise aussi des rencontres politiques pour dénoncer les pratiques insidieuses et informer l’opinion, toutes choses qui lui valent d’être crédibles aujourd’hui.

Soumaïla Cissé porte – parole ?

Beaucoup pointe un doigt heureux sur lui. Dans les milieux politiques, l’unanimité se dégage autour de sa personne. « C’est l’homme qu’il faut à ce poste pour animer la vie politique malienne »  racontait hier un Malien à ses amis.

Pour rappel, après avoir pris les rênes de l’URD dont il est le père – fondateur, Soumaïla Cissé est, aujourd’hui, chef de file de l’opposition malienne.

Lors du dernier Congrès ordinaire du parti de la Poignée de Mains au Palais de la Culture Amadou Hampaté Bah, il a dénoncé la situation déplorable actuelle que traverse son pays : « Le Mali semble à l’agonie, asphyxié par l’inertie gouvernementale, la valse hésitation entre actions médiatiques ministérielles et réactions de survie, par absence de vision diplomatique et la chasse aux privilèges. Le Mali doit être réparé… Il est temps de crier stop. L’alternative du chaos et de l’implosion existent ».

Prolifique en critiques constructives et preuve de son patriotisme et de son souci pour notre patrie, il a dénoncé que : « Le Mali devait avancer à petits pas, il recule à pas de géants. Le Mali ne grandit pas, il recule vertigineusement. Kidal n’est pas libéré, l’administration a abandonné les régions du nord, les trafics mafieux fleurissent, les groupes armés réunissent leurs forces, l’insécurisé est généralisée, l’école en danger, les négociations d’Alger piétinent, la mauvaise gouvernance et la corruption sont au cœur de l’Etat, l’économie en mauvaise posture… ».

Avec le nouveau statut de l’opposition, il sera davantage respecté. Pour le pluralisme de l’information, il peut s’appuyer sur le Comité de l’égal accès aux médias d’Etat pour se faire entendre.

Issiaka Sidibé

Source: Le Matinal

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