Le secrétaire politique du RPM, Nancouma Kéita, a averti la presse le vendredi dernier : « N’oubliez pas qu’on est au pouvoir et qu’on peut vous créer la misère……. »

Même si le secrétaire politique du Rassemblement pour le Mali (RPM), Nancouma Kéita, s’est excusé après auprès du journaliste, il n’en demeure pas moins que ses propos peu diplomatiques donnent à réfléchir. De la part du secrétaire politique du parti au pouvoir, il y a de quoi se poser des questions.

nankouma keita amcen ministre environnementLe vendredi 14 août 2015, des responsables du Rassemblement pour le Mali (RPM), parti au pouvoir, étaient face aux journalistes à la Maison de la presse. Officiellement, il s’agissait de sonner la mobilisation des militantes et militants du parti présidentiel derrière les autorités du pays et des forces de sécurité et de défense du Mali pour la libération de la patrie, surtout en ces moments de doute où l’insécurité a atteint les différents segments du territoire national. Boulkassoum Haïdara, vice-président et Nancouma Kéita, secrétaire politique, étaient chargés de porter ce message à l’attention des hommes de médias et par ricochet à l’opinion nationale et internationale.

C’est ce cadre qu’un journaliste (du Républicain) a cru bon de poser la question de savoir : pourquoi le gouvernement joue aux sapeurs pompiers, c’est-à-dire réagir après coup au lieu d’agir dans la prévention. Cette question a semble-t-il embarrasser le conférencier Nancouma Kéita et sa réponse le prouve : « Bon, ne dites pas ça de votre gouvernement sinon vous risquerez d’être……je ne sais pas moi…. C’est pas bon, ce n’est pas un bon vocabulaire. On le dit dans le journal. Je vous ai dit que vous êtes (les journalistes NDLR) tellement puissants que tout le monde a peur de vous, mais soignez le langage pour qu’on s’entende sur la substance. On ne dit pas à son gouvernement qu’il est sapeur pompier. On peut le dire en causant, mais on est dans un forum extrêmement important aujourd’hui. Si nous rapportons çà à d’autres niveaux, celui qui a posé la question va se faire mal voir. Parce que n’oubliez pas qu’on est au pouvoir et qu’on peut vous créer la misère. Ah ouiiii ! Il faut le reconnaître. Tout Etat a les moyens de créer la misère à quelqu’un. Tout organe de presse a une capacité de nuisance aussi. Donc, nous en sommes conscients. Il ne faut pas qu’on cherche des poux dans la tête des uns et des autres ».

De la part d’un vieux routier de sa trempe, ces propos sont peu soignés et peu dignes d’un secrétaire politique du parti au pouvoir. Quelque soit ce que le conférencier peut deviner derrière la question du journaliste, il y a un devoir de sagesse et de diplomatie qui sied à un tel conférencier lequel doit faire économie d’une menace à peine voilée adressée à un journaliste fut-il du Républicain. Surtout que les conférenciers eux-mêmes ont reconnu qu’en ces temps difficiles pour la nation, l’union de tous ses fils est l’arme qui soit propice. « Tout Etat a les moyens de créer la misère à quelqu’un ». Et comment doit-on appeler un Etat qui crée la misère à son peuple au lieu de le protéger et sécuriser ?

Non, Nancoma a eu tort de le faire dans la menace et si ces propos sont rapportés à d’autres niveaux, c’est par contre lui-même qui va se faire mal voir. Un secrétaire politique d’un parti au pouvoir ne parle pas comme ça avec des journalistes, les détenteurs du 4e pouvoir.

Au cours de la même conférence de presse, Nancouma Kéita a expliqué que Iyad Ag Ghaly peut être accepté par le Mali s’il renonce à son terrorisme et reconnait les valeurs de la République, c’est-à-dire la laïcité, la démocratie etc.

source : autre presse

Vous aimez nos articles, suivez-nous

Articles similaires.