Le remaniement ministériel, la première conséquence de la mise en œuvre des accords : 3 catégories de ministres sur la liste de départ et les groupes armés signataires de l’accord attendus pour entrer au gouvernement

Après la signature, le 20 juin, de l’accord de paix et de réconciliation de Bamako, le Mali est désormais engagé dans une nouvelle voie, celle de la refondation de la République. Cette refondation nécessitera une redistribution des rôles entres les acteurs et les artisans de cette paix acquise au prix d’énormes sacrifices. La première étape de ce qu’il convient d’appeler désormais la construction du « Mali Kura » est sans nul doute le remaniement ministériel tant attendu qui devrait permettre aux « frères égarés » d’hier de non seulement réintégrer la République, mais aussi  de prendre part à la mise en œuvre de l’accord. Y aura-t-il un chamboulement de l’équipe sortante ? Qui restera ou qui partira ? Selon nos informations, 3 catégories de ministres sont sur la liste de  départ.Voici à la loupe les catégories de ministres sortants.   

 

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Quatrième remaniement depuis l’avènement d’IBK au pouvoir, après ceux consécutifs aux départs de Oumar Tatam Ly, de Moussa Mara et de Modibo Keita même si ce dernier  est presque sûr de succéder à lui-même. Ce remaniement sera différent des précédents car il est effectué après la signature de l’accord mettant fin à la grave crise qui a failli venir à bout de la République. Si notre source donne 99% de chance au premier Ministre Modibo Keita de rempiler, elle demeure  formelle que  tel ne sera pas le cas des autres ministres qui ne dorment plus que d’un seul œil. Angoissés et superfétatoires dans leurs actions,  la plupart d’entre eux  sont sur le qui-vive. Certains ont d’ores et déjà  pris leurs bâtons de pèlerin pour rapprocher voir promettre monts et merveilles à des proches du Président de la République pour leur maintien dans le gouvernement. D’autres sont allés se fier aux marabouts et autres féticheurs du coin pour changer le cours du destin en leur faveur.  Le Président de la République, quant à lui, demeure serein et a déjà fini d’élaborer l’architecture gouvernementale, dont la taille ne sera pas réduite, mais que beaucoup de ministres se verront éjecter du gouvernement pour laisser la place à des compétences plus techniques et technocratiques. Pour ce faire, trois catégories de ministres  sont menacés de départ : la première catégorie concerne les ministres qui ont été pris sur la base de leur seul soutien électoral à IBK, surtout au second tour de la présidentielle et qui n’ont pas montré une grande capacité à bien gérer. Ces ministres devraient être remerciés pour incompétence notoire.

La deuxième catégorie concerne les ministres  qui sont  impliqués dans des malversations financières susceptibles de faire l’objet d’enquêtes pour corruption et atteinte aux lois et valeurs morales de la République.

La troisième catégorie concerne les ministres, qui après évaluation du chemin parcouru, n’ont pas été à la hauteur de l’estime et de la confiance qu’on a placé en eux en dépit de leur supposé technicité. Ces ministres aussi devront être débarqués du gouvernement pour insuffisance de résultats. C’est après avoir bien tamisé et  quand les bonnes graines seront séparées de l’ivraie dans l’équipe sortante que viendront  ensuite les groupes armés signataires de l’accord. Un quota devrait être accordé à chacun  des groupes armés regroupés en pro ou anti Bamako dans le gouvernement. Et enfin, un clin d’œil  sera fait à la plateforme de la société civile en récompense des immenses efforts qu’elle a déployés pour la paix et la réconciliation. Vivement le prochain gouvernement, celui du combat pour le développement harmonieux de l’ensemble  du Mali de Kayes à Kidal.

                                                                                                              Youssouf Sissoko

source : [email protected]

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