LE MALI D’AUJOURD’HUI : IBK un bon exécutant, mais un mauvais décideur.

Les maliens dans leur écrasante majorité s’étaient plus que jamais déterminés à élire Ibrahim Boubacar Kéita comme premier magistrat de l’Etat en raison d’un certain nombre de qualités exécutives qui lui étaient légendairement reconnues après avoir occupé différentes fonctions clés dans l’arène politique d’où sa capacité de faire respecter la chose publique et d’imposer la stabilité sociale. Force est cependant de constater que nos concitoyens n’apercevaient malheureusement que la partie émergée de l’iceberg car ceux-ci se sont, au fil du temps rendus nettement compte que le président IBK n’était qu’un mauvais décideur après de multiples bourdes et maladresses à la tête de l’exécutif.

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En effet, ces profonds espoirs placés en ce personnage, entre les mains de qui l’on croyait trouver la solution aux problèmes majeurs qui se barricadent contre notre développement, cet homme politique en qui plusieurs maliens voyaient un antidote et même une panacée, a littéralement fini par se métamorphoser en un vrai pantin de l’Occident et devenir désormais pour une bonne frange de la population, l’incarnation d’un désenchantement avéré.

Depuis l’accession du président IBK à la magistrature suprême, l’essentiel des actions publiques ne se sont caractérisées que par des tintamarres et les engagements solennellement pris devant le peuple malien sont pratiquement devenus un mirage. « La vie de chaque malien vaudra son prix inestimable…… … Votre confiance ne sera pas galvaudée. » Disait-il lors de son investiture avec un air bien assuré et convaincu. Pourtant, combien de fois des dignes fils de ce pays ont-ils été humiliés tant à l’extérieur qu’au plan interne ? Combien de fois des compatriotes sont-ils morts (civils et militaires) dans des conditions souvent lâches et atroces sans que le président de la République ne se soit réellement manifesté ? Combien de fois avons-nous assisté à de très  flagrantes dérives administratives  avec à l’origine, des ministres aussi  corrompus qu’incompétents sans que le chef d’Etat n’est pris de sanction claire et ferme ? Outre cela, avec des changements inconséquents de primature ( trois premiers ministres en l’espace de deux ans d’exercice ) et avec chaque fois les mêmes disfonctionnements, c’est amplement  le reflet incontesté d’une réelle crise de gouvernance s’expliquant en première instance par des décisions politiques hâtives et inopérantes et en second lieu par le fait que des faucons du camp présidentiel  persistent à penser l’Etat comme une manne à leur seule portée. IBK de son côté, ne cesse également de faire montre de préférences particulières, comme entre autres,  sa vision monopoliste du pouvoir, sa faculté à s’émouvoir aux problèmes d’ailleurs et au mépris des siens, sa volonté manifeste à plaire servilement aux fauves de l’Occident et avec une présence médiatique toujours accrue à l’échelle internationale, toutes choses qui ne font qu’indigner farouchement des compatriotes de plus en plus désemparés.

Au sortir de toutes ces analyses, nous sommes franchement en droit de conclure que IBK en vérité, s’est révélé être  un décideur non seulement maladroit mais aussi pusillanime et dont toute l’autorité ne repose que sur une bourgeoisie stérile et ostentatoire. Et si en conséquence, les maliens dans leur immense majorité, s’étaient au préalable aperçus d’un tel déluge  de lacunes  ou avaient su prévoir d’aussi honteuses et douloureuses déceptions, l’histoire se serait certainement écrite en d’autres termes.

Modibo Kane Diallo

Source: SIRENE

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