Le groupe parlementaire RPM à propos des Malversations dans l’achat de l’avion présidentiel et dans les contrats d’équipements militaires : Les députés RPM répliquent à Boubèye, dédouanent IBK et enfoncent le gouvernement

Dans une déclaration qu’il nous a fait parvenir, le groupe parlementaire du Rassemblement Pour le Mali (RPM), à l’issue de sa réunion du mercredi 22 octobre 2014 dans la salle Aoua Keita de l’Assemblée nationale, reconnaît  » certaines pratiques répréhensibles mises à nu  » dans les rapports d’audit de ces marchés, mais souligne que le président de la République  » n’est ni de près ni de loin concerné  » par ces malversations.

deputes rassemblement pour mali rpm

Les responsables du groupe parlementaire du parti présidentiel, après un examen approfondi des questions importantes de l’heure touchant à la vie de la Nation, notamment l’Audit de la Cour Suprême, le rapport du Bureau du Vérificateur Général (BVG) et les conclusions et recommandations de la mission du Fonds Monétaire International (FMI) relatifs à l’achat de l’avion présidentiel et au marché de fournitures militaires, déclarent avoir noté des insuffisances mises en évidence par ces contrôles. Pour le président du groupe, le député Seydou Dembélé,  » si ces insuffisances mettent à nu certaines pratiques répréhensibles tant sur le plan de la morale que des procédures administratives et financières de l’Etat, elles ne concernent ni de près ni de loin le président de la République, contrairement à une information distillée dans la presse « .

A les croire, le président de la République ne saurait répondre à la place du Gouvernement dédié à la gestion des affaires publiques, dont il a la charge d’orienter et de coordonner l’action. « C’est pourquoi le groupe parlementaire RPM condamne avec la dernière énergie ces pratiques d’une autre époque, au moment où le pays se bat pour son unité, son intégrité territoriale et la réconciliation « .

Le Mali en proie à de dures épreuves

Et de recommander avec fermeté que des suites judiciaires et administratives soient réservées à ces dossiers conformément aux principes d’un Etat de droit. Ils disent comprendre les impatiences du peuple et son ardent désir de sortir de l’impasse dans laquelle l’ont plongé des années de mauvaise gestion, les crises institutionnelles militaires, sécuritaires et économiques. Et le groupe RPM d’ajouter être convaincu que les difficultés que traverse notre pays ne sont guère une fatalité. « L’histoire nous enseigne que toutes les grandes nations ont connu leur moment de dures épreuves voire de doutes. Le Mali, une vieille nation, ne saurait être une exception. Le Mali est notre « maison commune » et il n’est dans l’intérêt de personne d’aggraver outre mesure une situation déjà très difficile; et toutes les filles et tous les fils de ce pays doivent se donner la main et conjuguer leurs efforts afin de permettre à notre chère patrie, le Mali, de surmonter dans les plus brefs délais les contingences de l’heure, amorcer un véritable développement et voguer vers de nouveaux sommets », renchérissent les députés RPM. Avant de réaffirmer leur soutien indéfectible au président de la République.

 

Confiance en IBK et en son projet pour le Mali

Issaka Sidibé, Mamadou Tounkara, Mamadou Diarrassouba, Karim Kéita, Niamé Kéita et les autres représentants du peuple du parti présidentiel réitèrent leur confiance totale dans la vision du chef de l’Etat et du projet présidentiel « pour l’honneur du Mali et le bonheur des Maliens « , sous-tendus par le projet de société du RPM.

Pour le groupe parlementaire, « le devoir de transparence, d’intégrité, de compétence et d’abnégation doit gouverner le choix des cadres dignes pouvant relever les défis de tous ordres qui assaillent le pays ». Il lance alors un appel au peuple pour qu’il reste soudé et solidaire de l’action du locataire du palais de Koulouba. Avant d’exprimer sa conviction et sa foi en ce qui concerne la concrétisation du projet présidentiel « pour l’honneur, la dignité et le bonheur des Maliens » et le projet de société du RPM dans le but de faire du Mali un pays émergent.

Enfin, les députés du RPM demandent aux militants et sympathisants, ainsi qu’à tous ceux et celles qui ont placé leur confiance en le chef de l’Etat « de se tenir mobilisés autour du président de la République et de son programme de gouvernement et de rester à l’écoute des mots d’ordre du parti »

Bruno D SEGBEDJI

 

Les députés RPM répliquent à Boubèye, dédouanent IBK et enfoncent le gouvernement

En réaffirmant que le président de la République est blanc comme neige dans le dossier de l’achat de l’avion présidentiel et des contrats d’équipements militaires et qu’il ne saurait répondre à la place du gouvernement, le groupe parlementaire RPM semble pointer un doigt accusateur vers l’ex-ministre de la Défense. Ce qui risque d’ouvrir la voie à des conséquences politiques voire judiciaires.

 

Dans ses récentes observations sur le rapport d’audit provisoire du Bureau du Vérificateur général (BVG), l’ex-ministre de la défense, Soumeylou Boubèye Maïga, disait que le chef de l’Etat a donné des instructions et a suivi toutes les étapes du processus de passation et d’exécution du contrat d’achat de l’avion présidentiel et ceux relatifs aux équipements militaires. Ce qui laisse entendre que s’il doit y avoir des malversations dans ces marchés, IBK ne peut y être étranger. Le groupe parlementaire RPM vient de souligner avec fermeté que  »les insuffisances avérées dans ces conventions ne concernent ni de près ni de loin le président de la République, contrairement à une information distillée dans la presse « .

 

En clair, les 76 députés du parti présidentiel viennent de donner une réplique à cette intervention de Soumeylou Boubèye Maïga, qui avait aussi dénoncé l’incompétence du Vérificateur général à auditer des marchés couverts par le secret défense.

 

A travers cette sortie du groupe parlementaire RPM, le fossé qui s’est creusé entre Boubèye et IBK depuis son départ du gouvernement, suite aux tragiques événements de Kidal des 17 et 21 mai 2014, s’approfondit. L’on doit comprendre désormais que le chef de l’Etat, par le biais des députés du parti dont il est le mentor, veut envoyer un message clair à l’opinion : les seuls membres du gouvernement impliqués dans le traitement de ces marchés devront rendre gorge. Cette lecture de la situation s’impose dans la mesure où le groupe RPM annonce clairement dans sa déclaration que «le président de la République ne saurait répondre à la place du gouvernement dédié à la gestion des affaires publiques». Avant d’ajouter que le chef de l’Etat n’a que le rôle  » d’orienter et de coordonner l’action «  de l’équipe gouvernementale. Ainsi, si magouilles il y a eu dans ces marchés publics scrutés à la loupe par le FMI, certains ministres du gouvernement d’alors (gouvernement Oumar Tatam Ly) doivent s’attendre à quelques ennuis.

 

Par ailleurs, cette intervention du groupe parlementaire RPM dans ce sulfureux dossier des contrats d’achat de l’avion présidentiel et d’équipements militaires est un indice sur la crise de confiance entre le parti du tisserand et l’ASMA-CFP que dirige l’ancien ministre de la Défense.

 

En effet, membre de la majorité présidentielle avec 5 députés, le parti de Soumeylou Boubèye Maïga semble aujourd’hui assis sur des braises ardentes au sein du groupe parlementaire APM (rassemblant les alliés du pouvoir IBK). Il semble, affirment certaines sources, que la question du positionnement de l’ASMA-CFP sur l’échiquier national (majorité ou opposition) va se poser avec acuité lors du prochain congrès du parti, le 29 novembre prochain. Mais d’ici là, il faut reconnaître que la position confortable du RPM, qui compte 76 députés à l’Hémicycle, ne la pousse pas à ménager ce parti allié ou son leader, un fin stratège politique qui peut avoir plus d’un tour dans son…carnet d’adresses.

Médiateur adjoint dans la crise centrafricaine, Soumeylou Boubèye Maïga va-t-il survivrer à la bourrasque déclenchée par ces contrats maudits de 69 milliards F CFA d’équipements livrés à l’armée malienne ? L’avenir proche nous le dira !

                                                                        

Bruno D. SEGBEDJI

SOURCE: L’Indépendant  du   28 oct 2014.
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