LE DÉPUTÉ KARIM KEÏTA, FUTUR PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE DU MALI ? Des manœuvres pour introniser le fils calife à la place du Khalife

Le député Karim Keïta et fils de son père aura décidemment un destin hors du commun si, en tout cas, aboutissaient les manœuvres en cours et visant à faire de lui le calife à la place du Khalife.

karim keita depute honorable assemblee nationale discoursC’est désormais un secret de Polichinelle. Le fils ambitionne de succéder au père. Avant l’heure ? Pas forcément, quand bien même les absences désormais répétées du paternel sur les scènes officielles donnent des idées noires aux pessimistes. Il a été attendu en vain à la cérémonie de remise des clefs des logements sociaux de Tabacoro. Les officiers de la promotion 2015 de l’EMIA de Koulikoro l’attendaient pour leur sortie officielle initialement prévue le 31 juillet, reportée au 7 août et encore ajournée à une date ultérieure sans trop de précision. Raison évoquée : le calendrier du président de la République devant présider la cérémonie.

Encore attendu en Egypte pour l’inauguration du nouveau canal de Suez, il manqua d’y aller pour cause d’insécurité intérieure. Enfin, ce sont, en tout état de cause, ces absences répétitives et maladroitement justifiées qui, à tort ou à raison,  donnent des idées sombres aux catastrophistes. Pour notre part, nous restons optimistes. Raison pour laquelle nous osons croire que tous les stratagèmes en cours en vue de catapulter le fils à la place du père seront mis en œuvre à la fin de l’échéance officielle. Du moins, espérons-nous !

La stratégie

Elle est simple et efficace: propulser le fils prodigue sur une des marches les plus élevées du système lui permettant, constitutionnellement et/ou politiquement, d’accéder à l’Instance suprême. Et cela passe nécessairement par des accrocs, coups-bas et tacles. La première opération consiste d’abord à installer le postulant (certains parlent du prétentieux) à la vice-présidence du parti majoritaire et ainsi, faire de lui, le «candidat naturel» dans la perspective des prochaines joutes présidentielles. Et, avec le jeu des accords politiques, mobiliser les partenaires et alliés politiques et mettre ainsi une machine électorale à sa disposition. L’administration publique déjà acquise à la cause («La Famille d’abord» est passée par là), accompagnera naturellement le processus.  Cette option est envisagée dans le cadre d’une procédure normale, sans ambages et sans accident de parcours. Autrement dit, dans le cadre d’une procédure constitutionnelle sans incident aucun.

Dans le pire des cas, la stratégie sera toute autre ; C’est elle qui est actuellement mise en branle,  elle consistera à projeter le fiston à la tête de l’Institution constitutionnellement compétente -l’Assemblée nationale-pour succéder au président de la République en cas d’empêchement de celui-ci (la crainte des pessimistes annoncée plus haut). Toute chose qui passe par un petit «coup d’Etat» dans la famille. C’est dire que le beau-père sera éventuellement contraint de  céder le fauteuil à son gendre. «Contraint» est l’expression juste, dans la mesure où, d’ores et déjà, des manœuvres ont été entreprises pour ce faire. L’initiative d’une pétition obligeant l’actuel président de l’Assemblée nationale à la démission est justement en cours. Et malheureusement, par ses maladresses, le détenteur du perchoir prête bien le flanc au point d’entamer sa crédibilité aussi bien auprès de l’opinion publique nationale que des parlementaires.

En marge des combines politiques, l’accompagnement mystique est également assuré. Des consultations et sacrifices rituels sont d’ailleurs lancés. Pour cela, Karim Kéita peut compter sur « le parrain des parrains », Michel Tomi, celui-là même qui a organisé des fraudes massives pour installer Ali Bongo à la magistrature suprême du Gabon.

L’on constate, en tout état de cause, que dans l’un et l’autre cas de figure, la Constitution sera respectée et le futur président de la République aura, avec lui, toute la légalité requise. La légitimité reste une autre affaire.

Batomah Sissoko

source : la Rédaction

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