LE CNSP DÉJOUE PRESQUE TOUS LES PRONOSTICS : COLONEL-MAJOR BAH N’DAW, DÉSIGNÉ PRESIDENT DE LA TRANSITION AU MALI

Le débat : militaire à la retraite ou un civil pour gérer la transition malienne est clos depuis le Lundi 21 Septembre 2020.  C’est à la surprise générale que le militaire à la retraite, l’ex-ministre de la Défense et des Anciens combattants, Colonel-Major Bah N’Daw a été désigné pour diriger la transition.

Après plusieurs actions de contestation du Mouvement du 5 Juin-Rassemblement des Forces Patriotiques (M5-RFP), c’est le 18 Août 2020 que le Colonel Assimi Goïta et ses éléments du Comité National pour le Salut du Peuple (CNSP) ont pris le pouvoir. Puisque les militaires ont leur place dans les casernes et sur les théâtres des opérations, les Chefs d’Etat de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), la Communauté Internationale et plusieurs acteurs politiques et de la société civile malienne mettent la pression sur les membres du CNSP pour qu’ils confient le pouvoir à des civils. C’est sous cette pression que finalement le militaire à la retraite, Colonel-Major Bah N’Daw a été désigné pour diriger la Transition.

Le président du CNSP, Colonel Assimi Goïta occupe le poste de vice-président. C’est sans surprise que le Président du CNSP a été nommé à ce poste. La surprise est surtout venue du côté de l’ex-ministre de la Défense et des Anciens Combattants, Colonel-Major Bah N’Daw. Dans le milieu des militaires à la retraite, ce sont les noms du Général Moussa Sinko Coulibaly et du Général Mahamane Touré qui revenaient à plusieurs reprises. Finalement le choix a été porté sur l’ex-ministre de la Défense et des Anciens combattants, Bah N’Daw pour diriger la Transition qui durera 18 mois. Si l’intégrité et la capacité de l’homme à gérer la Transition ne souffrent d’aucune ambiguïté, c’est son âge (70 ans) qui suscite des interrogations.

Comme disent nos ancêtres, « tout ce qu’on fait dans la vie, il faut être honnête, intègre, sincère et discret ». Tous ces caractères se retrouvent au Colonel-Major N’Daw. C’est ce qui fait qu’après une carrière de militaire accomplie avec sérieux et bravoure, il a été rappelé en mai 2014 pour assurer les fonctions de ministre de la Défense et des Anciens Combattants, sous le régime du Président Ibrahim Boubacar Keïta. Selon des sources concordantes, il n’est pas resté longtemps à cause des divergences de vue. Il ressort des informations qu’il était en désaccord avec la politique de Démobilisation et de Réinsertion des ex-combattants qui relevait de son Département.

Selon les données, né le 23 Août 1950 à San, Bah N’Daw a fait un brillant parcours au sein de l’armée de l’air, avant de faire valoir ses droits à la retraite. Après le baccalauréat, il a été incorporé comme engagé volontaire dans l’armée le 1er juin 1973. Suivant son destin, un an après, il a été désigné pour suivre un stage de pilote d’hélicoptère en URSS. En mars 1976, il intègre la toute nouvelle Armée de l’Air. Selon son CV, il est titulaire d’un brevet d’études militaires supérieures en France, il est aussi breveté de l’Ecole de guerre (CID) en 1994. Il ressort des données qu’il est de la 7ème promotion (1973) de l’École Militaire Interarmes (EMIA) de Koulikoro.  Il fut Aide de camp du Président Moussa Traoré, chef d’état-major de l’Armée de l’Air, chef d’état-major adjoint de la Garde Nationale, Directeur du Génie militaire, chef de cabinet de défense à la Primature, Directeur Général de l’Equipement des Armées, entre autres.

Après cette nomination, la question qui revient sur les lèvres est la suivante : Ce choix sera-t-il accepté par les Chefs d’Etat de la CEDEAO et la Communauté Internationale ? La réponse à cette question n’est qu’une question de jours.

Tougouna A. TRAORE

NOUVEL HORIZON

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