La Démocratie malienne en Deuil

Le Mali, à une époque récente considéré comme un modèle de démocratie en Afrique est aujourd’hui une démocratie de farce. Suite à l’insurrection populaire de 1991, le Mali a vu naitre sa démocratie. Durant la première décennie, cette démocratie était focalisée sur la redéfinition des repères politiques. Quant aux dix dernières années, elles furent marquées par ce qu’on a appelé le consensus politique consistant à ce que tous les partis s’accordent sur le projet de société du Président de la République. Ainsi, toutes les formations politiques et mêmes les organisations de la société civiles se sont aplaties devant la volonté d’un seul homme c’est-à-dire le président de la République. C’est dans ce contexte qu’un jour du 22 mars 2012, un coup d’état militaire est venu mettre à nu notre démocratie déjà fragilisée par l’absence de contre-pouvoir.

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Quelles peuvent être les causes de cet échec de notre démocratie ? Ou du moins peut-on dire qu’en 55 d’indépendance, notre pays s’est-il approprié les principes de la démocratie ?
La réponse est visiblement, Non.
Que dois apporter la démocratie ?
La démocratie est un processus qui doit permettre de créer les meilleures conditions pour la mise en place d’institutions démocratiques et légitimes issues d’élections transparentes, la réalisation de bonnes performances économiques, un mieux-être social dans la justice.
Alors qu’est ce qui a été fait au regard de ces objectifs ? Quelle évaluation peut-on faire de ces vingt cinq ans ?
De prime à bord, il est assez difficile d’évaluer de façon positive cette démocratie qui était saluée à l’extérieur mais dénoncer comme une démocratie de mirage par les maliens. Elle était caractérisée par l’absence d’un véritable projet de société fondé sur une claire représentation du bien commun et de l’intérêt générale.
La démocratie semble donc avoir échoué au Mali parce que sa pratique s’est réduite à l’électoralisme et à l’alternance du pouvoir. Le système politique malien a été déficient dans l’exercice de son rôle de médiation. Les intérêts des acteurs sociaux n’ont pas été politiquement administrés et organiquement unifiés dans le respect de la diversité et dans l’intégration de la plus importante minorité. Les trois dimensions de la démocratie libérale, la représentation des intérêts sociaux, le contrôle parlementaire du Pouvoir et la citoyenneté, n’ont pas été mises en œuvre et pleinement articulées.
Quant à la démocratie du consensus, elle a reconduit l’unanimisme, la politique du ventre. Elle a réintroduit dans l’Etat les partis et les leaders d’opinion de la société civile, qui sont alors venus participer à l’exercice du pouvoir occasionnant ainsi la disparition du contre-pouvoir.  On a vu naitre des abeilles politiques (Les politiciens sans conviction) qui ne voient que leurs intérêts. Parfois on se demande qui est de la société civile et qui des partis politiques ?
Le bilan des vingt cinq ans
Si on résume, les vingt ans de la démocratie malienne, on s’apercevra qu’elle a été un échec, dû au fait que la population est à moitié analphabètes. Cet analphabétisme a conduit au laissé aller, au népotisme, au clientélisme, l’impunité…
Sur le plan politique, peut-on de façon crédible soutenir que nos élections, soubassement de la démocratie sont transparentes et bonnes ? La réponse est visiblement non. Aujourd’hui la fraude, la corruption, l’achat des voix de vote ont atteint un paroxysme sans précédent. Quant aux partis politiques des questions se posent sur leurs efficacités. Sans pourtant remettre en cause le principe du multipartisme qui est un acquis démocratique très important, nous nous interrogeons sur le nombre extrêmement élevé de partis politiques. Il est clair que notre démocratie souffre cruellement de l’absence d’une véritable opinion publique formée et informée qui est la meilleure sentinelle contre les dérives possibles. Cette situation a conduit au déclin de l’éducation qui semble ne pas être la priorité des autorités.  Que dire de l’insécurité qui ne cesse d’accroitre sur l’ensemble du territoire. Ces quelques remarques nous permettent de cerner quelques enjeux majeurs de la démocratie malienne et de dégager les perspectives.  Le défi politique et institutionnel, la consolidation de l’unité nationale, les problèmes de sécurités, la place des jeunes et des femmes dans la société…. Sont des véritables enjeux que nous devons travailler pour s’en sortir.
Les perspectives
Pour surmonter les difficultés inhérentes à la démocratie il est plus que nécessaire d’avoir une démocratie apaisée, redéfinir les critères pour une élection transparente, la gestion des problèmes sécuritaires du Nord, le défi de l’environnement …Cela passe par le renforcement de la capacité du citoyen.  Alors que reste- t-il de la démocratie malienne ? Car vu le résultat peu glorieux, nous pouvons dire qu’en 56 ans d’indépendance le Mali ne s’est toujours pas approprié de la démocratie.
Cependant que faut-il faire pour s’en approprié ? Car l’heure n’est plus à qui la faute, mais comment ‘’Refonder cette démocratie ?’’

Cette refondation se fera à travers l’implication et de la majorité et de l’opposition car les deux sont comme les seins d’une femme. Ils servent tous à nourrir l’enfant qui est la démocratie. Le rôle de l’opposition est une fonction de veille, de contrôle et proposition d’alternative, une loi adoptée par l’assemblée nationale. L’un ne peut pas aller sans l’autre, ils vont de pairs.

Source : Koulouba.com

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