Journée panafricaine des femmes : UN NOUVEAU SOUFFLE AU COMBAT POUR L’AUTONOMISATION DE L’AFRICAINE


Journée panafricaine femmes politique fdifLe chemine vers l’élimination totale des inégalités basées sur le genre est encore long

Notre pays à l’instar du reste du continent a célébré vendredi, la Journée panafricaine des femmes. La mobilisation a été forte, comme les autres années pour célébrer l’engagement et le courage des Africaines. Cette année, l’Organisation panafricaine des femmes a placé l’édition sous le thème intitulé « Autonomisation des femmes : lutte contre la pauvreté ».
Le ministère de la Femme, de l’Enfant et de la Famille pour encourager les acteurs à s’impliquer davantage dans la lutte pour l’autonomisation des femmes et la lutte contre la pauvreté a bien évidemment adhéré à ce thème international.
La cérémonie phare de la journée de célébration était placée sous la présidence de l’épouse du chef de l’Etat, Mme Keïta Aminata Maïga. Plusieurs membres du gouvernement dont Mme Sangaré Oumou Ba, le ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille étaient présents. Ainsi que le représentant de l’Onu-femmes dans notre pays, Dr. Maxime Houinato.
La cérémonie a été riche en couleurs : animation musicale, défilés des communautés africaines vivant dans notre pays et de Maliennes, sketch, projection de film sur le thème de la journée, remise de tableaux sur l’hymne de l’OPF.
Initiée par les femmes d’Afrique au congrès de la Fédération démocratique internationale des femmes (FDIF), tenu à Vienne en mai 1958, l’OPF s’appelait «Conférence des femmes africaines ». Elle prendra plus tard le nom « Organisation panafricaine des femmes » au congrès de Dakar en 1974.
Dès le départ, elle se fixa comme objectifs entre autres, l’émancipation de la femme africaine, la libération totale du continent du joug colonial, l’élimination de l’Apartheid et l’instauration d’une justice commune qui défend les droits de l’homme.
La célébration du 31 juillet offre aux Africaines un cadre permanent d’échanges avec les gouvernements sur les contraintes majeures à leur bien-être et au développement du continent. A ce titre, l’OPF invite chaque année les pays à célébrer la journée, leur offrant ainsi l’opportunité de capitaliser les réalisations accomplies en faveur de l’égalité des sexes, et de renforcer les débats autour des droits de la femme et du développement en Afrique.
Depuis toujours, l’épineux problème de l’autonomisation des Africaines est au cœur des préoccupations. Il est évident que la situation des femmes du continent peut et doit changer. A ce propos, Mme Camara Astan Camara, présidente de la Fédération des communautés africaines du Mali (FECAM), a invité les dirigeants africains à lutter efficacement contre tout ce qui constitue un frein à l’autonomisation des femmes. Elle a évoqué pêle-mêle la persistance des violences basées sur le genre, la problématique de l’excision, et le mariage précoce, les difficultés liées à l’accès à la propriété foncière, au crédit et aux moyens de production.
De son côté, la secrétaire exécutive régionale de l’OPF, Mme Diallo Kama Sakiliba, a fait remarquer qu’en Afrique, les femmes constituent la force motrice du développement. Cependant, leurs activités ne sont pas véritablement prises en compte. De fait, leur sort demeure l’objet de légitimes préoccupations. Parmi les contraintes qui pèsent sur l’épanouissement des femmes, elle a cité les inégalités en matière d’éducation, de formation, d’emploi, de revenus, d’accès à la terre et au crédit. Tout cela sans compter les défis liés à la santé, à la faible représentativité des femmes dans les instances de prise de décision et la recrudescence des conflits et violences dont les femmes et les enfants sont les premières victimes.
Ces situations, a poursuivi Mme Diallo Kama Sakiliba constituent de véritables freins à l’autonomisation des femmes et au développement durable des Etats africains.
Pour réussir l’autonomisation des femmes et lutter efficacement contre la pauvreté, la secrétaire exécutive régionale de l’OPF préconise que les gouvernants créent les conditions d’une croissance économique durable en optimisant le rôle des femmes et des jeunes dans le développement économique, social et politique de nos pays à travers la mise en œuvre des conventions ratifiées.

VIVEMENT LA LOI SUR LES QUOTAS. En même temps, l’accès des femmes aux instances de prise de décision constitue une condition indispensable à leur autonomisation des femmes. A cet effet, Mme Diallo Kama Sakiliba a lancé un appel à l’Assemblée nationale, afin que la loi sur les quotas soit votée.
Le choix du thème de la journée, a estimé le représentant de l’Onu-femmes, est doublement pertinent. Primo, il s’aligne avec le thème de la campagne Beijing-20 à savoir : « autonomisation des femmes, autonomisation de l’humanité, imaginez ! ». Secundo, 2015 est aussi l’année d’échéance des OMD dont le numéro 1 est consacré à la lutte contre l’extrême pauvreté et la faim tandis que l’objectif 3  prévoit la promotion de l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes.
Le thème est donc selon Dr. Maxime Houinato est une opportunité, une occasion pour dresser le bilan des progrès réalisés, pour appeler à des changements profonds et célébrer les actes de courage et de détermination accomplis par les femmes et les hommes. Pour lui, l’heure de la mobilisation a sonné pour les femmes. « Il est grand temps de changer et de faire bouger les choses au profit des femmes », a-t-il lancé.
Pour sa part, le ministre de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, juge qu’afin que les femmes acquièrent une autonomisation économique plus grande, il faut qu’elles disposent des moyens de participer au processus de croissance et d’y contribuer. Mme Sangaré Oumou Ba soulignera ensuite par ailleurs que la reconnaissance de la valeur de leur apport et le respect de leur dignité ainsi que la répartition plus équitables des ressources seraient des atouts majeurs pour l’autonomisation des femmes. Et de relever que l’investissement dans l’égalité entre les sexes est un investissement dans la croissance économique et le développement.
L’épouse du chef de l’Etat, Mme Keïta Aminata Keïta a aussi trouvé que le thème de la journée était pertinent. Cela, pour la simple raison qu’il est en phase avec la décision des chefs d’Etat africains de faire de 2015, une année de l’autonomisation de la femme et du développement en Afrique pour la concrétisation de l’agenda 2063.
Cette décision, a ajouté la Première dame est porteuse d’espoir, car elle traduit la conviction que les dirigeants ont du rôle incontournable des femmes dans la réalisation des objectifs de l’agenda 2063.
Toutefois, elle ne saurait se concrétiser sans la prise en compte véritable des préoccupations spécifiques des femmes afin de leur permettre de jouer pleinement leur rôle dans le processus de développement. Et pour Mme Keïta Aminata Maïga, la responsabilisation des Maliennes dans les instances de différents démembrements de la société civile, est essentielle.
Elle a remercié toutes celles et tous ceux qui ont maintenu le flambeau allumé il y a 53 ans par nos mères qui avaient très vite compris que tout projet de développement qui fait l’impasse sur l’autonomisation des femmes est voué à l’échec. L’épouse du chef de l’Etat a donc exhorté la jeune génération à poursuivre le combat des pionnières de l’organisation pour faire face aux nouveaux défis de l’Afrique pour un développement harmonieux et durable.
M. A. TRAORE

Source : L’ Essor

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