Interview de Soumaïla Cissé : «Si tout le monde devait être de la majorité, il n’y avait qu’à faire un parti unique»

Dans la foulée de la journée parlementaire de l’URD, nous avons, à bâtons rompus, interviewé Soumaïla Cissé, candidat du parti à la présidentielle, non moins nouveau député. Suivons donc  son interview.

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Prétoire : vous êtes en train de former les élus du parti aux missions et rôle de député. Cela ce passe dans un contexte où l’URD a chuté de 34 députés en 2007 à 17 en 2013. Voulez- vous nous parler brièvement de cette chute ?

Je ne pense pas qu’il faut toujours analyser des résultats d’abord en terme absolu mais en terme relatif. Si vous avez 17 et que tous les autres excepté un sont au dessous de vous, vous ne pouvez pas vous plaindre. Nous avons connu des périodes très très difficiles pendant ces élections. Vous avez vu comment l’élection présidentielle s’est passée, comment les grands alliés ont viré Casaque comme on dit, ils  sont parti ailleurs. Il est évident que l’URD s’est trouvé pratiquement seul dans cette compétition. Tout le monde est parti ou a préféré aller du côté du RPM. Ceci dit,  nous arrivons quand même deuxième à l’issue du scrutin. Nous avons moins perdu que beaucoup de partis qui se faisaient plus importants que nous. C’est vrai que nous aurions préféré avoir plus que 17. Mais nous avons   17 hommes de qualité. Car chez nous, il n’y aura pas de transhumants ni de 4ème tour. Car ce qui se passe autour de l’Assemblée est un 4ème tour qui se dessine. Les gens qui ont un ou deux députés à l’arrivée se retrouvent avec 10 députés. Ce qui est une chose à dénoncer, une honte pour notre pays. Malgré tout, l’URD a fait un bon résultat. Je crois qu’il y a une dynamique du côté du parti présidentiel, ce qui est normal dans les pays. Mais pour les autres nous venons largement en tête.

 

 

 

Dans la salle, M. Diawara disait que le parti allait occuper une position très difficile à l’Assemblée, quelle est cette position ?

Vous savez, quand vous vous retrouvez seul contre tous, il est évident que votre position n’est pas facile. Mais nous allons défendre notre position, parce que nous avons des hommes de qualité, nous avons une conviction et des principes que nous allons défendre

 

 

 

Este-ce à dire que vous serez dans l’opposition ?

C’est normal l’opposition, où est le problème ?

Est-ce qu’il y a des partis qui son prêts à vous rejoindre ?

On verra à l’arrivée. Car ça se passe sur la base de groupe parlementaire. Nous allons donc constituer notre groupe parlementaire et voir toutes les combinaisons qui sont en train de se faire, mais nous allons assumer notre rôle en toute honnêteté. Nous allons faire des propositions, dans le sens de l’avancée du pays. Nous allons dénoncer ce qui n’est pas bon, faire des propositions et faire en sorte que les institutions soient respectées. En un mot, nous allons défendre la Démocratie et la République.

 

 

 

Le Malien n’a pas la culture de l’opposition, a-t on l’habitude de dire. Ne craignez vous pas des défections dans les jours à venir ?

Vous savez quand on a une conviction, on ne craint  rien : c’est une erreur de dire cela. Le RDA et le Psp se sont opposés dans ce pays  pendant longtemps. Moi-même j’étais au gouvernement quant il y avait le COPPO. Les gens qui disent  que les Maliens ne veulent pas l’opposition sont ceux qui  veulent simplement suivre le vent. Nous avons suivi le vent et on a vu ce que cela a donné. Ça va continuer à suivre le vent. Quand l’opposition dit qu’il n’y a que trois femmes au gouvernement, que le gouvernement est pléthorique, est ce que c’est faux ? Non, c’est pour la bonne marche pays. Ce n’est pas parce qu’on est à l’opposition qu’on n’aime pas son pays, bien au contraire. Sinon ce ne serait pas la peine qu’on vote ou qu’on créé 200 partis politiques. Si tout le monde devait s’entendre du côté de la majorité, il n’y avait qu’à faire un parti unique ! On a voulu une démocratie et fait une révolution pour cela. Donc il faut  l’assumer, bon Dieu ! Défendons nos idées, le peuple malien choisira. Si on a eu 17 députés c’est qu’on a des centaines de Maliens derrière nous et que ceux là ont pensé que notre position est juste et défendable. Nous allons défendre cette position.

Oumar KONATE

SOURCE: Le Prétoire
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