Interpellation à l’Assemblée Nationale : Le général Salif Traoré ne convainc pas

Face à l’Assemblée nationale, dont la session ordinaire d’avril s’est ouverte le lundi 1er avril dernier, le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le général Salif Traoré, était au banc des accusés. Pendant trois heures, cette séance d’interpellation a été plus qu’un fiasco car le ministre avait de la peine à convaincre les députés.

De nombreux députés voulaient savoir ce qui n’a pas réellement fonctionné dans le dispositif sécuritaire. Certains se sont étonnés comment après l’adoption de la Loi d’orientation et de programmation militaire (LOPM) et son pendant de la sécurité (LPSI), les Forces armées et de sécurité n’arrivent toujours pas à faire face efficacement à la situation. Le désarmement de toutes les milices d’auto-défense, la nature de la coopération entre les FAMa et des forces partenaires (Minusma, Barkhane et G5 Sahel), la sincérité de certaines parties signataires de l’Accord figuraient au nombre des préoccupations soulevées par des députés.
Le ministre de la Sécurité et de la Protection civile est revenu sur les efforts consentis par l’Etat pour équiper nos forces de défense et de sécurité. Ce qui rend la situation complexe, a expliqué le général Salif Traoré, c’est l’immensité de notre territoire. Le théâtre d’opération va de Ménaka à Nara. Aussi, dira-t-il, il faudra du temps pour avoir une armée bien équipée, performante et avec un effectif important.
Parlant de l’immensité du territoire, il a démontré qu’il est dépassé par la mission à lui confiée par le chef de l’Etat. Car la densité du territoire malien ne date d’aujourd’hui, bien que le pays ait connu plusieurs crises, jamais une grande partie du territoire n’avait été occupée par des hordes de bandits et de voyous que depuis 2013. Malgré cela que fait-il exactement pour sécuriser les populations et leurs biens des régions Nord et du Centre de notre pays ?
Loin de sous-estimer les forces hostiles, le ministre Traoré a indiqué que la stratégie de celles-ci est d’opposer les communautés les unes aux autres. Et maintenant quoi faire ? Comme thérapie de choc face au mal qui est en train de se métastaser, le chef du département en charge de la Sécurité a rappelé qu’un peu plus de 15 000 hommes sont déployés en permanence. « Ce qui nécessite des moyens importants. Le gouvernement est résolument engagé à continuer dans cette dynamique », a-t-il assuré, ajoutant que les forces de sécurité sont présentes dans plusieurs localités des régions de Mopti et de Ségou.
Le général Salif Traoré s’est également prononcé sur la dissolution de l’Association Dan Na Ambassagou. A ce sujet, il a précisé que pour le moment le gouvernement n’a accusé personne concernant l’attaque d’Ogossagou, mais il a retiré le récépissé de ladite association. La mise en place d’une Commission nationale permettra de faire la lumière sur ce qui s’est passé à Ogossagou, a-t-il laissé entendre, confirmant que des suspects ont été arrêtés et sont en train d’être interrogés.
Assi de Diapé

 

Source: lepointdumali

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