Ingratitude !

Les chercheurs de plusieurs centres d’études stratégiques maliens et étrangers proposent la solution suivante pour bouter le terrorisme hors de notre pays. Il faut au Mali «un plan pour s’opposer à un plan (djihadiste), une stratégie pour faire face à une stratégie (djihadiste), un entraînement pour s’opposer à un entraînement (djihadiste)… La clé de voûte de ce programme de consolidation des Forces armées maliennes (FAMa) pourrait être l’exploitation correcte du soutien unanime des pays de l’Union africaine à l’initiative du président Ibrahim Boubacar Keïta de dialoguer avec les chefs djihadistes, Hamadou Kouffa et Iyad Ag Ghaly. Ces pays ne viennent-ils pas de mettre à la disposition du président IBK un performant réseau diplomatique et de renseignement militaire ? Les autres briques blindées pourraient provenir des futurs sommets des chefs d’État africains, des prochaines conférences des ministres des Affaires étrangères du continent.
Le résultat final serait la mise en place du cadre africain des futures négociations avec les deux chefs religieux maliens. Les guerres les plus dures et les plus longues se terminent toujours autour d’une table de négociation. Le dialogue atténue et dissipe toujours les fracas des armes.

Ceux qui connaissent l’art de faire la guerre assurent que la victoire militaire est essentielle. Mais ils soutiennent qu’elle ne procurera pas une victoire totale sur les hordes djihadistes. Selon l’écrivain Peter Howard, «on ne peut gagner la guerre des idées avec des forces armées. On ne saurait fusiller une idée. On a souvent essayé de le faire, mais on a toujours échoué». Et ce, depuis des siècles sur tous les continents.
Au Mali, au Niger, au Burkina Faso, au Nigeria, en Libye, les gouvernements ne se battent-ils pas contre des idées aujourd’hui. ? Hier les populations maliennes et celles de la sous-région et leurs leaders Mamadou Konaté, Modibo Kéïta , Fily Dabo Sissoko, Félix Houphouët-Boigny, Ouezzin Coulibaly, Ahmed Sékou Touré n’ont-elles pas combattu et torpillé les idées des colonialistes français ?

En ce mois de février 2020, notre peuple guerrier a-t-il perdu son âme ? Sinon, pourquoi un certain général français L… aurait tenu devant des élus français ces propos surprenants sur le dos des Forces armées maliennes (FAMa) : «Le drame de l’Armée malienne, c’est que n’ayant plus confiance en elle-même, elle ne combat plus. C’est la très grande difficulté à laquelle nous sommes confrontés.
La première chose à faire est de leur redonner confiance en eux-mêmes, mais pour ça, il faut les entraîner et leur montrer qu’ils sont bons.» Cette déclaration figure dans l’article de Laurent Lagneau reproduit sur Malijet.com du 18 février 2020.
Aucun leader de la classe politique, ni de la société civile, aucun grand intellectuel ou professeur de nos universités, aucun diplomate d’un pays allié n’a réagi à cette désinformation diffusée sur la toile. Mais personne ne distraira les FAMa «outil de la décision politique» du président de la République, chef de l’Etat du Mali de leur mission. La tentative de torpiller l’honneur des Forces armées maliennes glissera sur les uniformes des vaillants soldats maliens comme la pluie sur le dos d’un canard. Ils sont les dignes descendants de leurs grands pères qui ont fait face la poitrine offerte aux balles ennemies, et mis en déroute les armées allemandes pendant les deux guerres mondiales (1914-1918 et 1939-1945).
À cette époque, l’État-major français n’avait pas ergoté sur la qualité, le courage et la confiance en eux-mêmes des enfants du Mali. Ces indigènes n’ont-ils pas été expédiés par milliers au front ? Avec quelle formation ? Ces nègres n’avaient pas confiance en eux-mêmes quand bien même, ils étaient conscients de servir de chair à canon face aux Allemands ? Les milliers de soldats maliens qui reposent dans les cimetières de Turquie après avoir offert leur poitrine pour stopper la conquête de l’Europe par les Nazis n’avaient-ils pas confiance en eux-mêmes ?
Les propos du Général L… n’assassinent-ils pas une deuxième fois les héros de Thiaroye, dont un monument dressé en face du Tribunal de grande instance de la Commune III perpétue la mémoire ? Jusqu’à ce jour, la France n’a pas payé leur dette de sang et d’argent. Les propos du général français ne sont-ils pas une atteinte grave à l’honneur des FAMa ? Va-t-il condescendre à présenter des excuses au digne et loyal peuple malien ? L’ingratitude n’est pas une valeur malienne. Seul le défunt général Charles De Gaulle nous aurait compris et nous aurait tendu la main sincèrement. Hélas. Le soleil de «l’Africain» général De Gaulle s’est couché. Regret éternel.

Sékou Oumar DOUMBIA

Source : L’ESSOR

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