« Immunité contre silence » : Le député Gassama muselé par la majorité

Le tonitruant député Mamadou Hawa Gassama Diaby, élu à Yélimané, a échappé de justesse à la levée de son immunité parlementaire sans doute grâce à la solidarité de ses collègues de la majorité présidentielle le 30 avril dernier. En tout cas c’est ce qui lui a été rappelé par un député du parti au pouvoir aux débats sur la DPG.

A la plénière de l’Assemblée nationale, le jeudi 30 avril 2015, les députés ont rejeté à l’unanimité la demande de levée de l’immunité parlementaire de leur pair de l’opposition Mamadou HawaGassama, alors visé par plusieurs plaintes en justice. Ce rejet de demande de levée d’immunité aurait été obtenu après des tractations et compromis entre la majorité et l’élu de Yélimané.

Il nous est revenu que plusieurs leaders de la société civile ont été pour beaucoup dans le rapprochement des points de vue comme à leur habitude, entravant du coup la machine de la justice. Ce qui a conduit les députés de tout bord à voter contre la demande.

La thèse du deal entre la majorité et Gassama que le commun des mortels soupçonne se précise, parce que depuis le 30 avril, Gassama semble atteint d’une baisse d’ardeur dans ses prises de parole. La majorité présidentielle a ainsi neutralisé le bouillant Gassama avec « immunité contre le silence ».

Deux faits majeurs corroborent cette thèse. En effet, au cours des débats sur la DPG, le président Issiaka Sidibé, qui est connu pour son impuissance à faire la police des débats à l’Assemblée nationale, n’a pas eu du mal à se faire respecter par l’honorable Gassama à propos de l’usage de la langue nationale et son interprétation à l’Assemblée nationale.

Après quelques minutes de tractations, Gassama s’est excusé auprès de son président et battu en retraite. Plus d’un fut surpris de voir Issiaka Sidibé s’imposer pour la première fois surtout à un certain Gassama qui n’est pas normalement homme à s’en laisser conter.

Et ensuite ce fut le tour d’un député de la majorité de rappeler l’élu de Yélimané à l’ordre en langue bambara exactement en ces termes : « Si vous voyez que certains sont encore parmi nous ici dans cette auguste Assemblée, c’est bien grâce à nous de la majorité ». Et de poursuivre, en faisant allusion à Gassama sans le nommer, « vous ferez mieux de vous taire, sinon sans nous certains seraient en ce moment en prison ».

Visiblement, la majorité présidentielle utilise l’arme de la levée de l’immunité pour réduire au silence des parlementaires comme Mamadou HawaGassama et Dr. Oumar Mariko. Dommage !

O. B. S.

 

Source: L’Indicateur du Renouveau

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