Ibrahima Haïdara, secrétaire général adjoint du C.E de l’Adema/Pasj “Nous avons une démocratie jeune en construction”

Aux termes de la conférence débats du panel de haut niveau des acteurs du 26 mars 1991, un jeune cadre du parti de l’Abeille Ibrahima Haïdara secrétaire général adjoint du comité exécutif de l’Adéma/PASJ a bien voulu répondre à nos questions par rapport aux acquis de la démocratie dans notre pays.

Aujourd’hui-Mali : Que peut-on retenir de cette conférence débats des acteurs du Mouvement démocratique de 1991 ?

Ibrahima Haïdara : Ce que l’on peut retenir en premier lieu de cette rencontre, c’est surtout la symbolique d’avoir réuni dans un même cadre le maximum d’acteurs du Mouvement démocratique malien. Notamment  ce qui ont vécu l’histoire depuis l’avènement de la démocratie jusqu’à nos jours.

La deuxième chose que l’on peut retenir de ces assises, c’est la capacité des différents acteurs à se parler à se mettre ensemble à se critiquer dans la courtoisie. Pour preuve, nous avons vu que chacun d’entre eux avait sa propre  lecture de l’histoire de l’avènement de la démocratie dans notre pays,  le rôle qu’il a eu à jouer et sa vision de  ce que les uns et les autres en ont fait.

Liberté d’opinion et le multipartisme font partie des acquis du Mouvement démocratique, mais le même mouvement est jugé responsable par une certaine opinion, de la situation sécuritaire et éducative du pays qui ne sont pas de nos jours les plus reluisantes ?

Il ne faut pas confondre la démocratie, les acteurs  de la démocratie et les régimes politiques qui se sont succédé. Nous ne devons pas non plus faire la confusion, entretenue par certains, entre  la démocratie, les tares  de certains régimes politiques et les comportements de certains acteurs politiques.

Cependant, il faut aussi reconnaitre que malgré des acquis démocratiques indéniables, beaucoup restent à faire pour combler les attentes des maliens. Parmi les acquis de l’ère démocratique, particulièrement sous le régime Adema-Pasj, nous pouvons citer entre autres,  la santé de proximité mis en place à travers les  Cscom, les Csref, impliquant les communautés dans la gestion de ces structures de santé. Nous avons aussi amené l’école dans les villages permettant à bon nombre de maliens d’accéder à l’instruction. Il fallait que d’autres régimes continuent avec cette dynamique.

En clair, il faut reconnaitre que la démocratie a apporté beaucoup de biens à notre pays. Il ne faut donc pas jeter l’eau du bain avec le bébé. Aujourd’hui, les gens peuvent critiquer le régime en place parce qu’il y a la liberté d’expression toute chose qui n’était pas évidente avant. Aussi il faut reconnaitre que le Mali a une démocratie jeune qui est en construction car elle n’a que 31 ans contrairement à d’autres pays qui ont des centaines d’année d’exercice démocratique.

Avec la démocratie, des choses ont été essayées certains ont marché d’autres moins bien.  Il faut donc faire le bilan de tout cela, et se projeter dans l’avenir. Le Mali, doit connaitre l’avènement d’un régime qui soit en mesure d’apporter des solutions aux problèmes des Maliens. Pour cela, il est important de mettre les acteurs politiques en compétitions et permettre à nos concitoyens de choisir  librement leurs dirigeants.

Pour moi, cela constitue l’un des buts de la démocratie à savoir  donner la possibilité à nos concitoyens de choisir librement la manière dont ils veulent être gouvernés à travers les différentes offres politiques !                                 Propos recueillis Kassoum Théra

Aujourd’hui-Mali

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