IBK sur l’ORTM à l’occasion de son An I comme Président : «La réconciliation ne se fera pas au détriment de la justice»

Le Président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita, a célébré le premier anniversaire de son accession au pouvoir le 4 septembre dernier. A cette occasion, il s’est adressé aux populations maliennes au cours d’une grande interview, diffusée sur l’ORTM et Africable dans la nuit du vendredi 5 septembre aux environs de 21 heures. Au cours de cette émission, IBK a réaffirmé sa volonté de réconcilier les Maliens. Mais cette réconciliation ne se fera pas au détriment de la justice, dit-il.

 

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Les échanges avec le Président de la République ont tourné autour de différents thèmes majeurs touchant la vie de la Nation. Il s’agit de la réconciliation nationale, de la sécurité, de la défense, de la diplomatie, de l’économie, de la justice et du coût des denrées de première nécessité. Durant 90 minutes de débats, IBK a levé le voile sur ces questions.

De prime abord, IBK a décrit l’état dans lequel le Mali se trouvait au moment de sa prise de fonction, le 4 septembre 2013. Selon lui, l’Etat n’existait presque pas. C’est pourquoi il a affirmé qu’il fallait d’abord redresser le pays et redonner confiance à ses partenaires à son égard.

C’est d’ailleurs la raison de ses nombreux voyages à l’extérieur. Après cela, il s’est atteler à réconcilier les Maliens, en convoquant les Assises nationales sur le Nord, qui ont regroupé l’ensemble des communautés du Septentrion malien et les représentants des populations déplacées et refugiées.

Après cela, pourquoi l’ouverture des négociations, qui aurait dû se faire, selon l’Accord de Ouagadougou, 60 jours après sa prestation de serment, a-t-elle pris tout ce temps? En réponse à cette question, le Président IBK a indiqué que l’ouverture de ce processus n’était pas aussi mécanique qu’il le paraissait. D’ailleurs, a-t-il relevé, cet accord prévoyait aussi le cantonnement des groupes armés et leur désarmement, qui ne se sont jamais faits.

C’est l’une des raisons pour laquelle il fonde beaucoup d’espoirs sur le processus en cours à Alger. Par rapport à ces négociations, l’heure n’est plus à une question de ligne rouge, à partir du moment où toutes les parties ont signé la Feuille de route. Il s’agit tout simplement de recréer la confiance entre les parties à Alger. Il s’est dit convaincu que cela allait permettre de mettre fin au climat de méfiance entre les différentes communautés du nord.

Selon le Président IBK, les uns et les autres ont pris conscience de la mesure de la situation et sont conscients que faire la paix n’est pas chose aisée. Mais, cette fois-ci, avec l’accord qui sera signé sous l’égide de la communauté internationale, il s’est engagé à faire en sorte que les Maliens se retrouvent.

Là-dessus, IBK est formel: «cela ne se fera pas au détriment de la justice. C’est le sens de la création de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR). Chaque mot du nom de cette commission a son sens».

S’agissant de l’inculpation du Général Sanogo, le Président de la République a souligné que nul obstacle ne sera fait à la justice sur ce dossier. Idem pour l’ancien Président de la République, ATT. Il n’a pas voulu s’exprimer sur le fond de ces dossiers, estimant que la justice était en train de faire son travail.

Parlant des prix des denrées de première nécessité, IBK a noté qu’ils sont nettement en deçà par rapport à l’année dernière. Et il entend convenir avec les missionnaires du FMI, qui arrivent dans notre pays le 11 septembre prochain, d’un accord pour éviter que le prix de l’électricité ne soit augmenté.

Pour faire du Mali un pays émergent, le Président Kéita entend relever un certain nombre de défis. Sur ce plan, l’énergie constitue l’épine dorsale pour réussir ces paris. Dans ce sens, Félou et Gouina sont les projets qui lui tiennent à cœur. Car, pour des industries nouvelles, il faut suffisamment d’électricité.

Dans le plan émergence d’IBK, le potentiel agro-industriel est un atout qu’il veut explorer. C’est pourquoi la survie du fleuve Niger est un souci pour notre Président. Car, selon lui, le développement agro-pastoral du Mali dépend du fleuve Niger. Sur le plan des infrastructures, il entend poursuivre les efforts de désenclavement entamés par ses prédécesseurs.

Youssouf Diallo

SOURCE: 22 Septembre  du   8 sept 2014.
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