IBK, sept mois après : le Mali dans l’impasse : Le premier faux pas de Tiébilé

Première sortie ratée. Premier faux pas. Réaction farouche du RPM. Le Président du Parti pour la Renaissance Nationale (Parena), Tiébilé Dramé a rendu public la semaine dernière, un document intitulé «IBK, SEPT MOIS APRES : le Mali dans l’impasse». Comment un cadre aussi valable que Tiébilé Dramé est-il tombé aussi bas, en faisant de telles déclarations péremptoires ?

 tiebile-drame parena

Autant il est trop tôt de vouloir juger un régime sur un mandant quinquennal en sept mois seulement, autant il est indécent de vouloir jeter l’huile sur le feu, sans éléments d’appréciation aucuns. Comme pour remonter un peuple déjà meurtri par les erreurs du passé qui pourtant, croit en la volonté du Président IBK et de son gouvernement, de laver l’honneur des Maliens. C’est bien à cet exercice que s’essaye le Président du Parena : Tiébilé Dramé. Lui qui, l’on se le rappelle, a fait chanter le Président déchu, Amadou Toumani Touré, après que celui-ci eut exprimé sa volonté de tirer au clair le bilan financier de l’organisation du sommet France-Afrique, dont Tiébilé Dramé était le Président de la Commission d’Organisation.

Quand un maître chanteur reprend du service :
Il n’y a certainement pas d’explications plausibles aux accusations péremptoires sur les sept mois de gestion d’IBK  que du pur chantage pour échapper au filet de la lutte contre la corruption, tendu aux délinquants financiers qui, hier comme aujourd’hui, sont à l’origine de l’opacité des comptes du Trésor public malien.

Des colportages à la calomnie en passant par l’invective et l’injure, tout y passe… même l’intimité de la famille du président n’est pas épargnée. Dernière arme d’un homme acculé dont le chemin de croix risque d’être long. Et pour cause, «IBK ne cède jamais au chantage », rapportent les milieux proches du RPM.

En effet, en remettant la vieille rengaine du « IBK a été élu avec le soutien des militaires et des musulmans », non seulement le Président du Parena Tiébilé Dramé se discrédite mais contredit lui-même en évoquant d’une part « soutien et de l’enthousiasme de larges secteurs de la population » (point 2) et le parcours du candidat du RPM (« Conseiller présidentiel, d’Ambassadeur, de Ministre des Affaires étrangères, de Premier ministre, de Président de l’Assemblée Nationale et de Vice-président du Parlement Panafricain » -point 2) qui faisait de lui le meilleur des candidats aux yeux des Maliens au regard de son leadership incontesté, de sa stature d’homme d’Etat et de ses «atouts non négligeables pour conduire la sortie de crise et créer les conditions de la renaissance de notre Nation humiliée par l’occupation, l’effondrement de l’armée et de l’Etat à la suite de la rébellion du MNLA et du coup d’Etat du 22 mars 2012 » (point 2).  Diable ! Tiébilé et le Parena reconnaissent ici au moins que le candidat du RPM a bénéficié du soutien de « larges secteurs de la population » au-delà des militaires et des religieux, deux composantes de la société malienne qu’il abhorre certainement par-dessus tout.
Certes, IBK a hérité d’une situation peu favorable. Et c’est parce qu’il semblait l’homme de la situation, que les Maliens, l’ont voté à plus de 77% des voix. La majorité des Maliens qui ont fait confiance à Ibrahim Boubacar Kéïta, ne sont pas pour autant déçus (car convaincus que la restauration de l’autorité de l’Etat et l’établissement d’une justice équitable) demeurent un combat de longue halène. Mais plutôt Tiébilé Dramé et le Parena, pour avoir choisi la voie d’une opposition peu crédible, incapable de poser le vrai débat, et meurtri dans la haine et la conspiration politicienne.

En fait, depuis septembre 2013, notre pays est de retour dans le concert des grandes nations, fait désormais entendre sa voix sur la scène internationale, et regagne chaque jour davantage la confiance et le crédit de ses amis et partenaires : ONU, UE, UA, CEDEAO, France, USA, CHINE, RUSSIE,… et ses voisins.

Le Mali d’avril 2014 n’a rien à voir avec celui que le Président du Parena Tiébilé Dramé et ses copains ont légué. Incapables de défendre notre souveraineté, ils ont laissé la gestion du Mali au bon vouloir et à la régence de deux capitaines : celui de Ouaga et celui de Kati. C’est cela la triste réalité. Et Tiébilé est de ceux qui  sont partis faire acte d’allégeance à Ouaga. Que le maître chanteur sache désormais raison garder et fonder désormais ses déclarations et critiques sur des éléments d’appréciation à la limite irréfutables.

 
IBK, famille et proches : un faux débat :
Un faux procès.  L’élection de Karim Kéïta comme député à l’Assemblée  Nationale ne saurait être un fait du Président IBK. Encore moins celui du Président de l’Assemblée Nationale, Issiaka Sisibé. Loin s’en faut. Ils ont gagné la confiance de leurs concitoyens qui leur ont donné leur voix à travers les urnes. Donc un fait démocratique qui ne saurait être assimilé au népotisme comme le fait croire Tiébilé Dramé dans sa déclaration relayée par certains confrères de la place. Ce n’est non plus de l’immixtion de la famille présidentielle dans les affaires de l’Etat comme le prétend Tiébilé à qui il faut rappeler le bon vieux temps, du premier régime démocratique au Mali. «Parlant d’irruption de la famille dans les affaires publiques le Président du Parena Tiébilé Dramé qui a traversé et trinqué avec tous les régimes successifs depuis la révolution sait comment cela se passait avant l’élection d’IBK. Des marchés publics attribués à des filles ! Des organismes publics braconnés par des familles régnantes. L’organisation de concours spéciaux pour permettre à des enfants de hauts placés de devenir officiers! Des frères de lait dans le même gouvernement! Monsieur et Madame ou Beau-frère et belle-sœur autour de la même table de Conseil de ministre», regrette-t-on du côté de Koulouba ! La liste n’est pas exhaustive. Où est donc la famille d’IBK et quel est son poids dans la gestion des affaires publiques ? Jusqu’ici la seule chose que la Famille d’IBK (Karim et Isac) a bénéficiée, ce sont les suffrages des maliens qui n’appartiennent pas au président IBK. Ont-ils été nommés par le Président IBK ? Non ! Tiebilé a tout à gagner en économisant son temps et son énergie  que de passer son temps à insulter le Président de la République qui a droit à des égards.

«Il a nommé son neveu ministre, le mari de sa belle-sœur ministre… ! À ce rythme, au regard de l’unicité de la famille malienne et de l’enchevêtrement des liens sociaux : qui n’est pas parent de qui  et qui ne peut pas être de la famille Keïta ? L’argumentaire respectable porte sur la compétence et non les liens de parenté ou de famille, sinon l’Amérique puritaine n’aurait pas pardonné et acclamé John et Bob Kennedy à la Maison Blanche ! Mais plus concrètement, le président du Parena Tiébilé Dramé aurait gagné en crédibilité s’il arrêtait de puiser dans le contenu de son journal et nous avait dit avec précision : quel rôle avait joué la famille d’IBK dans quelle affaire ? Quel poids  la famille d’IBK a-t-elle pesé dans quelle affaire ? Ce que le Président du Parena, Tiébilé Dramé appelle le «Clan présidentiel» n’est rien d’autre que la majorité démocratique que le peuple malien s’est souverainement donnée au terme d’élections jugées transparentes et crédibles par le monde entier. IBK ne s’est pas choisi une majorité, le peuple la lui a conférée. Et les règles de la démocratie veulent que la majorité investie de la légitimité des suffrages du peuple gouverne et ne confie pas des pans entiers de la puissance publique et les secteurs stratégiques de l’économie et de l’éducation nationale à l’opposition alimentaire. C’est comme cela en France, c’est comme cela aux USA, c’est comme cela en Allemagne…

Décidemment le Président du Parena Tiébilé Dramé prend tous les responsables du pays, à quelque niveau que ce soit, comme des pistonnés, des cadres sans aucun mérite, aucun expertise qui ne doivent leurs postes parce qu’ils sont membres de la famille du président.
Lui seul n’est pas de la famille du président, lui seul est incompétent, lui seul est méritant.», regrette-t-on dans les rangs du parti présidentiel.

Quand bien même qu’IBK est des rares cadres maliens qui sont loin d’avoir les mains sales contrairement à Tiébilé Dramé : «C’est le président du Parena qui est dans le délit de fasciés. Oui, le Mali doit passer une importante commande d’armement, mais le marché n’est pas encore attribué encore moins un conseiller spécial répondant au nom de Sidi Mohamed Kagnassy qui a travaillé sur ce dossier comme d’autres cadres de l’Etat. Ce n’est pas parce qu’il est milliardaire et fils de milliardaire qu’il est automatiquement attributaire de tous les marchés de l’Etat. Sidi Mohamed Kagnassy n’a jamais postulé à un marché public, de l’élection d’IBK à la date d’aujourd’hui»,a-t-on répondu.

 
Les turpitudes de Tiébilé Dramé :

L’argumentation du Président du Parena, Tiébilé Dramé par rapport à la dénonciation  de la gestion de crise du nord et le fait de nier les progrès enregistrés au plan du processus du dialogue et de la réconciliation, n’est qu’un «délit d’initié».  Le Patron du parti du Bélier blanc étale ainsi ses turpitudes dans la gestion d’un dossier dont il fait partie des premiers tripatouilleurs : «Nul ne pouvant se prévaloir de sa propre turpitude, le président du Parena Tiébilé Dramé négociateur et signataire de l’accord préliminaire de Ouaga en vue de tenir la présidentielle, accord qui imposait au Mali de tenir la présidentielle avant la fin juillet 2013, était-il moralement fondé de se démarquer d’accord et de dénoncer «la précipitation avec laquelle l’élection présidentielle a été organisée » ? Un homme d’Etat à la place de Tiébilé Drame aurait assumé jusqu’au bout l’accord qu’il a négocié ainsi que ses conséquences. Pourquoi sept mois après, où est l’impasse ? », s’interroge-ton dans la mouvance présidentielle.

Pour corroborer l’acharnement et l’aveuglement d’un Chef de parti en quête de popularité, on est convaincu dans le camp présidentiel qu’ «En vérité le Président du Parena Tiébilé Dramé prend la parole, non pour alerter une quelconque opinion, mais simplement pour étaler son désarroi et, plus la mauvaise passe, l’impasse dans la quelle son rachitisme politique le condamne. Pour un « parti de gestion gouvernementale », abonné aux prébendes et maroquins de l’Etat, lâché par la base et abandonné par ses cadres élus (Konimba est parti, deux de ses trois députés ont rejoint l’URD et l’ADP), le président du Parena Tiébilé Dramé a des raisons compréhensibles d’être armé et furax contre son ex-allié en 2007 du FDR d’alors qui à peine arrivé au pouvoir décrète la fin du consensus et du partage de gâteau. Mais au point de verser dans la subversion et de fantasmer sur de pires périls au bout de sept petits mois de gestion, prouve qu’il est vraiment aux abois. Non nommé pour la mission de négociateur (encore, lui ?) dans le dossier du Nord qu’il pense être le seul qualifié, cela se comprend et s’entend parfaitement… ».
Somme toute, tout ceci fait dire au RPM, le parti présidentiel, que le Parena et son présdent Tiébilé Dramé sont aux abois.
Samakoro KONE

SOURCE: Le Progrès
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