IBK-RPM : le divorce est-il consomme ?

Marginalisé, depuis bientôt quatre ans, par IBK, son fondateur, le RPM (Rassemblement Pour le Mali) se rapproche de l’URD (Union pour la République et la Démocratie) de Soumaïla Cissé, avec laquelle il file le parfait amour.

« Les erreurs de parcours sont réelles, les frustrations sont là, les querelles de positionnement commencent à s’ouvrir ».
Les gestes hauts et forts, Mamadou Diarassouba, secrétaire à l’organisation du RPM, et non moins président de la Fédération RPM de la région de Koulikoro pose, en ces termes, le diagnostic du parti. Il ne croyait pas si bien dire. Le « parti au pouvoir » vit les heures les plus sombres de son histoire.
« Le RPM n’est plus consulté par IBK pour recueillir son avis sur les remaniements ministériels ; mais aussi, sur toutes les questions d’intérêt national », déplorent les cadres du parti. Entre colère et frustration, certains voient le RPM plus proche de l’opposition que du pouvoir.
Créée, il y a peu, le comité paritaire entre le RPM et l’URD, se réunit régulièrement. Il discute des grandes questions d’intérêt national, se concertent pour prendre des décisions consensuelles…
En dépit du clivage Pouvoir-opposition, ce comité paritaire s’apparente, selon les observateurs de la scène politique, à une « fusion-absorption », qui ne dit pas son nom.
D’où le cri de cœur lancé, le 16 juin dernier, à Koulikoro, par l’honorable Mamadou Diarassouba. C’était à la faveur de la 6e conférence de la Fédération RPM de Koulikoro, qu’il a présidée avec Nancouma Keïta, 2e vice-président du RPM.
« J’invite le président de la République à s’occuper de son parti, car ceux avec lesquels nous travaillons aujourd’hui sont, provisoirement, nos amis. A la moindre secousse, certains n’hésiteront pas, un seul instant, à brandir la menace du retrait ou se mettre en groupe pour lutter contre le RPM ».
Ce que redoute l’élu de Dioïla vient, pourtant, d’arriver. Avec le retrait d’une dizaine de partis politiques, de mouvements et d’associations, de la majorité présidentielle pour former l’Alliance Action Républicaine.
Avec, à sa tête, Tiéman Hubert Coulibaly, président du parti UDD, cette alliance entend se démarquer de la majorité présidentielle pour des raisons « conjoncturelles ».
« Cette initiative politique, que nous estimons importante, a des considérations conjoncturelles. Et nous travaillons à long terme pour apporter une contribution de qualité à la gestion des affaires publiques », explique Tiéman Hubert Coulibaly dans une interview publiée le 14 juin dernier par notre confrère « Aujourd’hui Mali ».
Pour les cadres du RPM, le retrait de ces 10 partis politiques de la majorité présidentielle n’est qu’un début. D’autres partis politiques, mouvements et associations s’apprêteraient à quitter – avec armes et bagages – la majorité présidentielle.


A l’allure où vont les choses, le pouvoir risque de se retrouver seul. Ou presque. Surtout, dans un contexte comme le nôtre où, il aura besoin de toutes les forces politiques. Afin de mener à bien les réformes politiques et institutionnelles annoncées. A grands renforts de publicité.

Oumar Babi

Source: Canard Déchainé

 

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