IBK: Le candidat officieux de l’Etat et des militaires ?

Les autorités de la transition ont déclaré sur tous les toits qu’elles n’avaient pas de candidat à l’élection présidentielle de 2013. Au rythme où vont les choses les masques commencent à tomber. Leur choix malheureusement ne peut pas faire le bonheur des Maliens par ces temps qui courent.Ibrahim boubacar keita campagne presidentielle 2013  officiers superieur kidal ibk rpm sebenikoro

Bien avant le lancement de la campagne présidentielle, les autorités de la transition avaient montré pattes blanches quant à leur participation en tant que candidat au  scrutin et leur impartialité. Plus les jours passent, plus le doute est permis pour ce qui est de l’engagement pris par les tenants du pouvoir de transition de n’avoir pas misé sur un candidat mettant en cause la crédibilité de cette importante élection.
La publication des résultats du 1er tour de la présidentielle en dit long sur la complicité de l’administration chargée de l’organisation et de la proclamation des résultats en faveur du candidat du Rassemblement pour le Mali (RPM), Ibrahim Boubacar Kéita dit IBK. Ce dernier était donné gagnant dès le 1er tour pour concrétiser son fameux slogan « takokélen » ou victoire dès le premier tour. La mascarade a conduit le ministère de l’Administration territoriale, de l’Aménagement du territoire à prédire la victoire d’IBK au scrutin du 28 juillet sur la base du 1/3 des résultats avec les commentaires que l’on sait. Cette attitude du gouvernement est sans commune mesure avec la campagne battue à visage découvert par des porteurs d’uniforme dans les camps avec les intimidations que l’on sait. Outre  le fait que IBK est royalement entouré par les putschistes du 22 mars 2012 qui attendront impatiement le retour de l’ascenseur, au risque de lui rappeler avant la fin de son mandat, “qui vous a fait roi?”
Pour ceux qui connaissent l’histoire contemporaine de notre pays, IBK est loin d’être l’homme providentiel pour le Mali. Membre fondateur de l’Adéma/PASJ dont il a claqué les portes pour n’avoir pas été le candidat naturel du parti à la présidentielle de 2002, les Maliens l’ont vu à l’épreuve lorsqu’il était Premier ministre. Son instinct de dispendieux lui avait valu à l’époque le sobriquet  de bourgeois. Il passait le plus large de son temps entre deux avions pour des courses ou visites médicales en Europe aux frais du contribuable malien. Pendant les temps qu’il était à Bamako, le chef du gouvernement qu’il était n’avait pas totalement le temps de s’occuper comme il le fallait des affaires publiques.
C’est vrai, il a le mérite d’avoir mis fin à l’hégémonie de l’AEEM sous Zarawana qu’il a arrêté ainsi que ses camarades, mais aussi il a cassé le Collectif des partis politiques de l’opposition (Coppo) en embastillant ses responsables qui étaient également présidents de partis comme lui. Il était le président de l’Adéma/PASJ.
L’histoire retient que c’est sous son magistère que le traditionnel conseil hebdomadaire des ministres a changé d’heure. Initialement prévue pour 9h, il a été décalé à 11h puisque le chef du gouvernement qu’il était ne pouvait pas se réveiller tôt le matin.
Près de quinze ans se sont passés, IBK mis sur un piédestal est présenté en homme providentiel, celui dont la sauvegarde de l’honneur du Mali et le rétablissement de la dignité passe. Difficile de croire à un tel message de flagornerie au risque d’insulter l’histoire récente et d’indigner le peuple qui mérite respect et considération.
IBK a bien sûr ses points forts qui reposent sur l’usage de la  force et la fermeté pour régler un problème ou un différend qui peut l’être pacifiquement. Sa plus grande tare est qu’il n’a pas la carrure d’un homme d’Etat fait pour diriger un peuple.
Le Mali sort d’une crise où les déchirures sont profondes avec des populations qui sont encore dans une grande psychose. L’économie qui était déjà exsangue bien avant la crise est totalement en dégringolade. Elle a plus que jamais besoin d’un homme d’une carrure internationale et jouissant d’une bonne notoriété auprès des instances financières internationales pour se relever. L’argent n’aime pas le bruit et l’instabilité, a-t-on coutume de dire.

Massaoulé Z. Kèmènani
(militant URD Niamakoro Bamako)

Source: Lerepublicainmali

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