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IBK et Koulouba 2018: de la conquête à la conservation du pouvoir d’État !

L’année 2017 s’annonce comme une étape décisive dans la conquête ou la conservation du pouvoir d’Etat. Si la création du chef de file de l’opposition laisse entrevoir une bipolarisation du jeu politique, le caractère chancelant des alliances dans chaque camp expliquera certainement d’autres prétentions. Analyses et perspectives.

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LA JURISPRUDENCE DE LA PRIME AU PRESIDENT SORTANT
Alpha Oumar Konaré en 1997, Amadou Toumani Touré en 2007, ont réalisé chacun un score bien meilleur qu’au cours de leur première élection cinq ans plus tôt. Existe-t-il une raison pour que cela change en 2018 avec IBK ? Rien n’est moins sûr. En effet, de tous les candidats à la dernière élection présidentielle, il était incontestablement celui qui bénéficiait de la plus grande notoriété et des préjugés les plus favorables. Cette position avait été renforcée par la création d’un front commun par ceux dont la gestion du pays était à l’origine de la crise, amenant les électeurs à faire bloc autour de lui, autant pour sanctionner les présumés fautifs que pour lui manifester leur sympathie. Au terme de son premier mandat, IBK réussira-t-il à combler le désir de réhabilitation du pays et de moralisation des mœurs ? De la réponse à cette question dépendra en partie le vote en 2018. Pour l’heure, la signature de l’accord pour la paix n’a pas permis d’endiguer totalement l’insécurité dans le nord malgré la présence des forces internationales. Le phénomène s’est même transporté au centre et au sud du pays, posant avec acuité la problématique du nombre, de l’équipement et de la formation de nos forces de défense et de sécurité. Toutefois, le caractère transnational de l’insécurité et le fait que le nord du Mali avait été quasiment abandonné par l’Etat sont des facteurs à prendre en compte. L’autre indicateur de taille concerne les bonnes pratiques de gestion dans l’administration et le monde politique. En la matière, les déclarations d’IBK sont sans ambigüité mais il y a eu des couacs : d’abord l’affaire des contrats d’équipement de l’armée, ensuite la question des engrais frelatés. Chaque fois, des décisions courageuses ont été prises, rompant avec une tradition d’impunité. Un autre volet important est l’assainissement de la gestion foncière et domaniale avec le ministre Bathily, ainsi que la libération des voies publiques appelée « opération Ami Kane » que beaucoup croyaient improbables. Enfin, l’organisation du sommet Afrique – France vient replacer le Mali dans le concert des nations. Tout cela renforce la position d’IBK face à une opposition à plusieurs têtes.

LES NOMBREUSES RATEES DE L’OPPOSITION
On se rappelle que sitôt le résultat de l’élection présidentielle proclamé en 2013, le vaincu s’était rendu au domicile du vainqueur avec toute sa famille pour le féliciter. Belle surprise et signal fort qui ont mis du baume dans les cœurs, avec le sentiment que les acteurs politiques avaient été visités par la sagesse. On avait d’un côté IBK, vainqueur de l’élection présidentielle et de l’autre Soumaïla Cissé dans la peau d’un homme d’Etat anticipant les besoins de son pays en crise. Malheureusement, ce sera une joie de courte durée car moins de 48 heures après, il se fendra d’une déclaration qui ramènera tout le monde aux intrigues politiciennes de la période 2000-2002. Ce faisant, il a raté la meilleure opportunité de se repositionner comme une alternative crédible. Le naturel revenu au galop, il attaquera sans cesse IBK, son « grand frère » dans ce Mali qui supporte mal l’irrévérence des plus jeunes. Elu député au sein d’un parti devenu la seconde force politique du pays, cela n’empêchera pas IBK de créer un statut pour le chef de file de l’opposition. Cependant, de nombreux concurrents au sein de l’opposition lui font de l’ombre pendant qu’à l’Assemblée Nationale, il usera et abusera de la technique des motions de censure. Avec Moussa Mara d’abord, avec Modibo Kéita ensuite, mais chaque fois le gouvernement s’en est sorti sans dommages. La dernière motion de censure déposée sur la base de la prétendue signature d’un accord de réadmission de migrants, était en réalité fondée sur une rumeur pernicieuse qui s’est effondrée comme un château de sable. Tout cela combiné avec des attaques poches de l’insulte contre le chef de l’Etat, a fini par convaincre beaucoup qu’il n’est pas capable de dépassement et ne contrôle pas ses troupes.

LES PRETENDANTS A L’ASCENSION DU MONT KOULOUBA EN 2018
En politique, il n’y a pas de génération spontanée et, à moins de perpétrer un coup d’Etat, on ne peut sortir de nulle part pour devenir le premier mais certains acteurs à un moment de l’histoire politique, sortent de l’ombre et prennent une longueur d’avance sur les autres. Par la suite, leur avenir dépendra de la façon dont cet avantage est entretenu. Un ancien ministre ou Premier Ministre par exemple, pour peu qu’il ait réussi quelques coups intéressants bénéficiera d’un avantage comparatif certain. Ainsi, Soumana Sacko d’abord comme ministre des finances de Moussa Traoré, puis comme Premier Ministre sous la première transition, a réussi grâce à sa rigueur à marquer les esprits. Modibo Sidibé a été plusieurs fois ministre avant d’être Premier ministre, mais il doit plus à sa longévité au sein de l’équipe gouvernementale qu’à des actes tranchés. Cheick Modibo Diarra, éphémère Premier Ministre sous la dernière transition, a montré qu’il a du caractère, s’exposant même au courroux de la junte dirigée par Sanogo. Son cursus professionnel exceptionnel lui avait déjà procuré une reconnaissance nationale et internationale avant son entrée en politique. La trajectoire originale de Moussa Mara l’a conduit rapidement au sommet de l’Etat. Expert-Comptable élu maire d’une commune de Bamako, il finit par créer un parti. IBK qui le connaît pour l’avoir affronté au cours d’une élection législative le nomme ministre avant d’en faire son Premier Ministre à la suite de la démission de Oumar Tatam Ly. Réputé sérieux et méthodique, il est bien introduit dans le mouvement associatif. Sa mission à Kidal en 2014 va le placer au centre d’une controverse et le propulser au-devant de la scène. Oumar Mariko n’a été ni ministre, ni Premier Ministre mais il a été un leader estudiantin actif qui a pris une part déterminante à la révolution de mars 1991. Régulièrement élu député, il dispose d’un bastion électoral sûr et ne ménage aucun effort pour être au-devant de la scène et de l’actualité politique. A côté des hommes, trois formations politiques méritent une attention particulière : l’ADEMA, la CODEM et le RPM. Bonne machine électorale, le manque de cohésion condamne l’ADEMA au déchirement et le confine dans un rôle de faiseur de roi. Aujourd’hui, il est partagé entre son soutien officiel à IBK et certaines velléités de candidature. Quant au parti CODEM, malgré son jeune âge, ses résultats sur le terrain impressionnent, prouvant qu’un travail en profondeur est en cours au sein de cette formation. Du pain béni pour IBK, ancien président de l’ADEMA à qui le soutien de la CODEM aussi semble acquis. Enfin, la remise du RPM en ordre de bataille sous la houlette d’un Bocary Tréta de plus en plus présent sur le terrain, donne à IBK une bonne longueur d’avance.
La boussole du chef d’entreprise, c’est le profit. Combien de voix peuvent apporter tous ces cadres et chefs de partis qui gravitent dans le giron de Koulouba ? L’élément déterminant restera toujours le corps électoral et sa perception des candidats face aux défis du moment. C’est pourquoi, IBK doit ratisser large, évaluer sans état d’âme la capacité réelle de mobilisation des uns et des autres, en veillant à ce que le procès en cours de Sanogo et les enquêtes demandées sur la visite de Moussa Mara à Kidal ne fassent pas de vagues.

Mahamadou CAMARA
Email : camara.mc.camara@gmail.com
NB: le titre est de la rédaction

 

Source: info-matin

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