IBK APRES DEUX ANS DE POUVOIR : La corruption, l’insécurité, l’impunité…persistent

Le candidat Ibrahim Boubacar Keita a aujourd’hui deux ans au pouvoir. Les maux qui minent notre société et auxquels notre président nous avaient promis de s’attaquer une fois au pouvoir, persistent.

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 Ceux qui l’ont connu dans les années quand il était Premier ministre puis président de l’Assemblée nationale n’auraient jamais parié pour un sou que, une fois arrivé au pouvoir, IBK ne s’occuperait pas des aspirations des Maliens. De 19 95 à 1999 et de 2002 à 2007, IBK a séduit les Maliens tant par son franc-parler et ses actions salutaires à la tête du gouvernement et à l’Assemblée nationale. Et c’est fort de cela que les Maliens, dans leur grande majorité (puis qu’il a été élu avec plus de 70 % de suffrage), lui ont accordé ont accordé la confiance pour mener le Mali vers la voie de la prospérité. Cette confiance des Maliens était d’autant plus justifiée, car la situation sociale, économique, sécuritaire, éducative du pays exigeait du peuple de faire un choix judicieux aux élections présidentielles pour élire l’homme ou la femme capables de répondre aux aspirations du peuple. Et IBK incarnait le profil de ce futur dirigeant auquel le peuple devrait faire confiance.

Dans son projet de société IBK prévoit la création de 200 000 emplois directs durables et de milliers d’emplois indirects, et la promotion du mécénat par l’intermédiaire de « Pépinières d’entreprises » avec des mesures incitatives. Après deux ans, le chômage continue d’être un casse-tête chinois tant pour le pouvoir lui-même, mais en particulier pour les parents. Les jeunes n’ont d’autre choix que de prendre le chemin de l’Eldorado européen ou les mines d’or traditionnelles d’où peu reviennent.

IBK entendait, toujours dans son projet de société, assurer l’équité dans l’accès à l’emploi public au Mali. Des recrutements se font actuellement dans la fonction publiques notamment dans les corps de la gendarmerie, la Garde républicaine, la police etc. Allez voir les enfants qui auront la chance de passer à ces concours !

Le développement de l’agriculture et la promotion de l’élevage figurent aussi parmi les priorités du président IBK. Seuls, les paysans pourront éclairer la lanterne du Malien sur ce qui a été fait dans ce domaine. Mais l’on retiendra que l’agriculture a été dominée par de scandales d’engrais frelatés ayant valu l’interpellation du gouvernement, devant le Parlement à travers le ministre du Développement rural. Quant à l’élevage, rien n’a presque changé. S’il demeure une source de revenus par excellence pour les éleveurs et l’Etat, le Malien n’a pas de viande dans sa sauce tant elle est inaccessible par sa cherté. Le kilo de viande est passé à 3 000 F CFA et les dernières tentatives du ministre du Commerce avec les bouchers de le ramener à 2 500 F CFA, ont échouées.

IBK avait promis la sécurité alimentaire. Après deux ans, le constat est toujours le même. La faim sévit au Mali, pour ne pas dire la famine. Les céréales, toutes variétés confondues, restent sur les mêmes prix que 2012.

Le programme du président entendait développer l’aquaculture intensive en augmentant les performances économiques de la filière poisson par un accroissement de la valeur ajoutée qu’elle crée. Comme la viande, le poisson frais ou séché est une denrée coûteuse pour de nombreux Maliens. Bref, le panier de la ménagère est creux !

Dans le domaine sanitaire, IBK voulait réussir un programme quinquennal de développement socio-sanitaire par l’amélioration de la qualité des services de santé dans les établissements hospitaliers et autres établissements de recherche. Après deux ans de pouvoir, le résultat est bien maigre, en dessous des espérances. S’il y a un lieu que le Malien voudrait bien ne pas s’y rendre, c’est bien le Centre de santé communautaire ou l’hôpital. Inutile de décrire ce qui s’y passe.

La construction des logements sociaux, le développement des infrastructures de transports et de télécommunication (démarrer un projet pour faire de Bamako un Hub ferroviaire d’Afrique de l’Ouest en le reliant aux 7 capitales des pays voisins (réaliser le chemin de fer reliant Bamako – Kita- Conakry, Réhabiliter le chemin de fer Dakar- Bamako, etc.), augmenter la capacité énergétique du Mali et renforcer le réseau pour le transport ont été promis. Certes, il y a eu des logements sociaux, mais qu’en est-il du reste ?

IBK avait aussi promis de lutter contre la corruption et l’impunité. Ces fléaux qui minent notre société continuent de se porter bien, comme un charme, dirait l’autre. Un tour dans les tribunaux, et l’on se rend compte que c’est le menu le fretin qui est envoyé dans le cahot !

Qu’en est-il de l’éducation ? Après deux ans, c’est le statut quo ante. Pis, au nord certaines écoles sont fermées. Leur ouverture n’est pas pour bientôt à cause de l’insécurité qui, hélas, à gagner du galon. Les maux qui minent notre société et auxquels notre président nous avaient promis de s’attaquer une fois au pouvoir persistent.

Denis Koné

 

Source: lesechos

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