IBK à la presidence du Mali : Après l’euphorie, la déception ?

IBK Paris

A la suite de la reprise de la rébellion  au nord du pays suivie par le coup d’Etat du Général Amadou Haya Sanogo et la chute des trois régions du septentrion, ils étaient nombreux, les Maliens, à penser qu’IBK était le seul homme capable au Mali de faire face à cette situation. Ainsi, sa cote de popularité n’a cessé de croitre.Mais depuis son arrivée au pouvoir, on n’entend que des discours… entre deux avions. Ce qui fait planer le doute dans les esprits de ses fans.

Investi le 04 septembre, puis intronisé par le Président français, François Hollande, le 19 septembre, le Chef de l’Etat, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) savait que les Maliens attendaient beaucoup de lui et qu’il n’avait pas de temps de grâce. Car les Maliens ont voté massivement pour lui de part son caractère de fermeté et de rigueur, disaient-ils. Ce qui explique son plébiscite à l’élection présidentielle avec 77,6%  contre 22,4 pour son adversaire, Soumaïla Cissé.

Nous n’allons pas établir un bilan qui sera jugé  prématuré par d’aucuns après seulement 56 jours, mais porter légitimement un jugement sur ses actes. Bientôt deux mois au pouvoir, le pays attend impatiemment une réaction de son Président par rapport à certains sujets brûlants.

Notamment le recouvrement intégral de la souveraineté du Mali à travers une armée et une administration malienne indépendantes ainsi que la reconstruction de l’armée qui passe par l’unification de tous les corps.

A ces différentes questions, à cause de ses nombreux voyages, notre président Keïta tarde à apporter des solutions. Certains citoyens s’interrogent si le Mali a le même IBK de 1994. Car il est presque inactif.

Pour le cas de Kidal, rien, absolument rien de  convainquant  n’a été entrepris par le pouvoir central.  Il a  envoyé, en son temps, une délégation ministérielle composée de trois s ministres en mission à Kidal. Mais, cette visite a été perturbée par des sympathisants du MNLA

IBK remplace le bâton par la carotte

Selon le maire de Kidal, des manifestants, sympathisants du MNLA, ont tenté d’empêcher leur avion d’atterrir à la mi-septembre 2013, forçant l’intervention des membres de la Misnusma, qui ont eu recours à des bombes lacrymogènes. Plus tard, dans la même journée, le convoi qui transportait le ministre de la Réconciliation nationale et ceux de l’Administration du territoire et de la Sécurité, a essuyé des jets de pierre.

Ce qui les a contraints à rebrousser  chemin et à regagner Bamako en catastrophe. Pour le bonheur et  l’honneur des Maliens, comme le stipule son slogan de campagne, au lieu de sanctionner sévèrement ce déboire, IBK a récompensé le Mnla et ses sympathisants.

Cela, en annulant les mandats d’arrêts contre les rebelles avant de procéder à la libération de plusieurs prisonniers de guerre du Mnla.  Comme si cela ne suffisait pas, quelques semaines plus tard, il a procédé à la libération d’une deuxième vague de prisonniers sous prétexte du respect d’un soi-disant accord de Ouaga. Alors que cet accord devrait être jugé caduc juste après l’annonce faite par le Mnla de ne  plus se reconnaître dedans.

Pire, ces «ennemis» du Mali n’ont trouvé refuge que le parti du Président IBK, il s’agit du RPM. Ils sont nombreux, les présumés auteurs ou commanditaires  du massacre d’Aguel Hoc, à défendre les couleurs du RPM aux législatives de 2013.

Pour continuer à faire croire les Maliens au père Noël, IBK continue avec ses discours fleuves de campagne aussi bien au Mali qu’à l’étranger sans la moindre action. Le tout récent s’est produit à Dakar en marge du sommet de la Cedeao où il racontait  que la  situation à Kidal est inacceptable, intolérable et insupportable avant de reconnaître que  le gouverneur de Kidal dort dans une chambre unique sur des nattes à même le sol, la résidence du gouverneur occupée par le MNLA, l’antenne ORTM transformée en radio haineuse à Kidal.

Il est vraiment temps qu’IBK sache  que la campagne électorale a pris fin, et que ses compatriotes sont fatigués de ses discours, ils attendent maintenant de lui des actions concrètes. Où est donc la fermeté promise ?

Kati et la confusion

Après la mutinerie des anciens compagnons d’Amadou Haya Sanogo contre ce dernier, le 30 septembre 2013, IBK a écourté son séjour en France pour venir mettre de l’ordre. Partant, il déclarait: «Kati ne fera plus peur à Bamako, en tout cas pas à Koulouba». Comme pour dire sa préoccupation, celle de sauvegarder son fauteuil présidentiel et rien d’autre. Sinon pourquoi ne pas agir de la même manière à Kidal.

Chose promise, chose faite, mais dans la confusion totale entretenue par ses collaborateurs. Depuis le communiqué du gouvernement annonçant l’opération «Sanuya» qui a désarmé le général Sanogo, les Maliens sont restés sur leur faim au sujet des cas de disparitions des mutins annoncées.

Aucun autre communiqué, même pas pour  répéter leur fameux discours: «les enquêtes sont en cours». La presse, en manque d’interlocuteur officiel, se contente de rudiments d’information qui lui parviennent des parents des militaires portés disparus.

Et les conclusions des inondations à Bamako ?

En août 2013, Bamako a été inondée, notamment  les communes I et IV. Là encore, IBK avait promis de mener des enquêtes pour situer les responsabilités afin que les coupables soient punis. Jusqu’à présent, rien.

Que dire du jour de la célébration de la Tabaski par le Chérif de Nioro ?

Pendant son passage à la Primature de 1994 à 2000, IBK a à son actif la dispersion  des fidèles de l’érudit Soumaïla Dramé lors d’une grande fête musulmane. Leur tort, c’était de n’avoir pas prié avec les autres musulmans conformément à l’annonce de la commission d’observation de la lune. Cette année, selon nos sources, le Chérif de Nioro a célébré la Tabaski, le mercredi 16 octobre. Soit 24 heures après la date officielle. A notre connaissance, le gouvernement n’a pipé mot, tandis qu’IBK n’est plus Premier ministre mais Président de la République, donc investi de bien plus de pouvoirs. Pourquoi ce deux poids deux mesures ?

Voilà, entre autres, les incohérences qui font que pour les plus  sceptiques, leur vote n’a servi à rien même si les plus optimistes estiment que le meilleur est à venir.

De toutes les façons, il est indéniable que le Président est de plus en plus décrié dans l’opinion. Même les jadis inconditionnels se plaignent désormais de lui.

Source: Le Prétoire

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