Gouvernement Modibo Keita-I : Bienvenue Mara-II !

Ceux qui croyaient que l’heure du changement et de la rupture avait sonné au Mali avec la nomination de Modibo Kéita à la tête de l’exécutif devront attendre. Hormis quelques ministres, le gouvernement de l’ex-pensionnaire de la Primature est reconduit, mais en plus la nouvelle équipe est marquée du sceau d’hommes à la réputation sulfureuse. Ce qui présage des lendemains incertains pour un Mali nouveau. IBK manque l’occasion en or de son quinquennat.

 moussa mara ancien premier ministre yelema

Pour la énième fois, le président de la République IBK vient de manifester son mépris du peuple malien, qui par une mobilisation jamais égalée, lui a donné une virginité pour son score historique de 77 % à l’élection présidentielle face à son challenger Soumaïla Cissé de l’URD en août 2013.

La composition de la troisième équipe gouvernementale a fait l’effet d’un coup de poignard dans le dos de la population. Et IBK aura manqué l’occasion de son quinquennat. Cela est d’autant plus évident que certains revenants avaient déjà brillé par leur incapacité à traduire les aspirations du peuple en son temps.

Certes, ils peuvent s’améliorer, voire changer positivement à l’avantage du peuple. Mais, l’arbre ne doit cacher la forêt. Le Mali a suffisamment de cadres compétents pour qu’Ibrahim Boubacar Kéita fasse recours  à des anciens qui dans un passé récent avaient donné la preuve de leur incapacité à redresser les secteurs à eux confiés. En plus, ils l’avaient vilipendé à travers des calculs partisans.

 

Monnaie de singe !

En faisant de nouveau appel à certains du gouvernement de Mara, IBK conforte le doute qu’il avait semé dans la conscience des millions de Maliens depuis son accession à la magistrature suprême.

Composé de 29  membres : 23 du gouvernement précédant et 6 rentrants, cette nouvelle équipe est le retour en force des ministres, qui, dans un passé récent ont démérité dans la conduite des affaires publiques. Dans ce lot, figure la conscience d’Ibrahim Boubacar Kéita.

Le puissant ministre du Développement rural Bocari Tréta. Ancien coordonnateur de la Camopa, Tréta reste le ministre naturel d’IBK. Mais la récente opération, subvention des intrants agricoles s’est conclue sur une note de désespoir. Des pratiques peu orthodoxes ont compromis des résultats escomptés.

Après avoir saboté les Domaines de l’Etat, Tiéman Hubert Coulibaly pose ses valises à la Défense et aux Anciens combattants. Enfant gâté des régimes successifs au Mali, le fils de Moussa Mary Balla Coulibaly a réussi son coup politique face à ses camarades du RPM, à travers la mise en place de l’Alliance des forces démocratique pour le Mali (AFD-Mali).

Abdel Karim Konaté, Adéma bon tient. Depuis sa nomination, par Diango Cissoko, il garde toujours son rang ministériel. Mais, son combat pour la relance du secteur de l’économie laisse à désirer. Il est pointé du doigt dans la gestion de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali. Le ministre de la Solidarité, de l’Action humanitaire et de la Reconstruction du Nord, Hamadoun Konaté garde son fauteuil.

Mohamed Ali Bathily a sans succès quitté la Justice, des Droits de l’Homme, pour les Domaines de l’Etat et les Affaires foncières. De l’Habitat, Mahamadou Diarra va défendre des Droits de l’Homme.

 

Le général défaillant

Sada Samaké, puisque c’est de lui qu’il depuis sa nomination sous l’ère IBK n’a jusque-là de mérite que la restauration d’un système de racket désavoué par le peuple malien. A première vue, cet officier général de gendarmerie inspire le respect. Son allure laisse plutôt apparaitre la rigueur. Mais derrière les galons, le physique et le regard menaçant de l’homme, se cache un tigre en papier.

Quand on est patron d’un département comme l’Intérieur et la Sécurité, on se doit d’être tranchant, là où le règne et la discipline sont indispensables pour donner le service de qualité au maximum de Maliens dans un minimum de temps. C’est cette poigne qui manque au général Samaké.

Les attaques à main armée à longueur de journée pour les motos « Jakarta » en sont l’illustration la plus parfaite. Les Bamakois subissent les coups. La capitale est devenue en si peu de temps une ville où la vie d’une personne ne représente plus rien. Les affrontements entre gendarmes et orpailleurs à Kobada (cercle Kangaba) ont occasionné des morts d’hommes.

Jusque-là l’opinion n’a pas été édifiée sur les faits. Et plus récemment les bavures des agents de forces de l’ordre lors des affrontements avec les vendeurs à la sauvette du Dabanani. Pourtant avec le système de réseau mis en place par les agents, les déguerpis partaient faire des échanges commerciaux, moyennant 1000 F CFA par personne. Malgré les annonces, le ministre n’a mis en place une mesure.

Au Nord les enlèvements et attaques des bases militaires sont fréquents. Pas un jour ne passe sans qu’un agent de sécurité ne soit la cible de bandits armés. Aucun rapport d’étude n’a été publié pour faire l’état des lieux. Les syndicats continuent à se tirer dessus.

Aujourd’hui, notre police ressemble à un corps de non-droit au vu et au su des autorités, qui ont favorisé l’injustice, la corruption et le clientélisme. Pire que la monnaie de singe, la présence de Sada Samaké au département de la Sécurité et de la Protection civile. Le changement dans la continuité Le choix de la continuité est bien qu’observable dans l’attelage gouvernemental.

Il s’agit notamment du ministre de la Réconciliation nationale, Zahabi Ould Sidi Mohamed, des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Me Mountaga Tall, des Affaires religieuses et du Culte, Thierno Amadou Omar Hass Diallo, et de la Santé et de l’Hygiène publique, Ousmane Koné. Ces ministres ont été reconduits dans le gouvernement Modibo Kéita pour poursuivre leur mission.

 

Les rentrants

Ils sont pas nombreux à avoir la confiance du président. Sur 29 patrons, on compte 6 nouveaux. Dans cet ordre de classement, il y a le ministre l’Economie et des Finances (Mamadou Igor Diarra), le ministre de l’Economie numérique, de l’Information et de la Communication (Choguel Kokalla Maïga), le ministre de l’Education nationale (Kénékouo dit Barthélémy Togo), de l’Urbanisme et de l’Habitat (Dramane Dembélé), le ministre du Travail, de la Fonction publique et de la Réforme de l’Etat, chargé des institutions (Mme Diarra Raki Tarra) et du ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable (Mohamed Ag Erlaf).

Les six nouveaux qui bénéficient désormais la confiance d’IBK et son Premier ministre viendront poursuivre les  précieuses missions  de la vision du changement afin d’offrir aux Maliens des services de qualité.

Bréhima Sogoba

source :  L’Indicateur du Renouveau
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