Gouvernement du Mali : Ça suffit maintenant !

Attendu depuis des mois et plusieurs fois annoncé par la presse comme imminent, le remaniement ministériel du Gouvernement du Mali a finalement eu lieu le vendredi dernier. En fait de remaniement il s’agit plutôt d’un réaménagement car la plupart des anciens ministres restent sur place.

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Ce qu’il faut retenir de ce énième remaniement du Gouvernement du Mali, c’est en premier lieu la confiance que le Président de la République a de nouveau placée en Modibo KEITA en le confirmant à son poste de Premier ministre. On s’en doutait un peu après les mots élogieux à lui adressés par IBK lors de la présentation des vœux de nouvel an. En second lieu, c’est le départ de Bocary TRETA, ministre de l’agriculteur et numéro deux du Gouvernement sortant et non moins Secrétaire général du Rassemblement pour le Mali, RPM, parti présidentiel.

Certes la presse locale avait depuis longtemps annoncé le départ du ministre de l’agriculture dont le nom fut plusieurs fois cité dans des affaires peu glorieuses dites des engrais frelatés et des 1000 tracteurs où il y a eu des soupçons de corruption dénoncée principalement par le Parti pour la renaissance nationale, PARENA, parti d’opposition de Tiéblé DRAME. Cependant, on se demandait si IBK allait prendre le risque de s’éloigner un peu plus de son parti en écartant son plus grand représentant au Gouvernement. Le communiqué du RPM qui a salué le travail de Bocary TRETA au ministère de l’agriculture sonne comme un désaveu à l’endroit d’IBK.

Bien qu’un décret ait été pris en faveur de la promotion du genre dans toutes les nominations administratives et politiques, les femmes restent toujours marginalisées au Gouvernement. Leur nombre passe certes de 5 à 6 mais cela ne représente environ qu’un petit 18% très en deçà des 33% exigés par le décret alors que dans le même temps le nombre de ministres a augmenté. Il faut croire qu’IBK, au-delà du discours, a très peu confiance aux femmes cadres de notre pays dont beaucoup feraient pourtant autant sinon mieux que la plupart des hommes au Gouvernement.

En reconduisant Modibo KEITA au poste de Premier ministre et en confirmant la quasi-totalité des ministres, IBK a donc choisi la continuité. On est ainsi en droit de croire que ce nouveau Gouvernement est parti pour durer. Un autre remaniement dans un futur proche serait la preuve que le Président de la République ne sait pas ce qu’il veut. Il faut, malgré le communiqué de l’opposition dénonçant un semblant de remaniement, donner une dernière fois la chance à Modibo KEITA et à son équipe de faire la preuve de leur compétence à répondre aux nombreuses sollicitations des Maliens et à trouver des réponses adéquates aux épineux problèmes qui se posent au pays.

On est tenté de dire : ça suffit maintenant ! Il faut se mettre au travail car les défis sont encore nombreux dans un Mali toujours en crise. En effet, la mise en œuvre des accords de paix peine à avancer au risque de mettre en danger les avancées obtenues dans ce sens. La situation économique et sociale est toujours préoccupante. La sécurité, malgré les efforts fort louables des Forces armées maliennes et de sécurité, est toujours menacée par des attaques incessantes et toujours audacieuses des terroristes. Et l’école malienne est plus que jamais plongée dans une totale médiocrité. Quant à la corruption ambiante, elle semble avoir de beaux jours devant elle, le Président de la République ayant publiquement exprimé son désarroi devant une justice qui, inexplicablement, a décidé de garder les dossiers dans les tiroirs.

A mi-mandat, IBK ne peut plus prétexter la situation difficile où était le Mali quand il arrivait au pouvoir. Certes deux années sont largement insuffisantes pour remettre le pays sur les rails mais c’est sans doute le moment de montrer qu’on peut avancer dans le bon sens. C’est pourquoi il faut arrêter les longs discours et les accusations incessantes et travailler pour le Mali.

Après les engagements qu’il a pris lors des cérémonies de présentation des vœux du nouvel an, on attend d’IBK qu’il fasse la preuve qu’il est un homme d’Etat et que les Maliens ne se sont pas trompés en le plébiscitant. Le Président doit tout entreprendre pour faire mentir tous ceux qui, anciens compagnons, ont crié sur les toits qu’il n’est pas l’homme de la situation, n’ayant pas la capacité de diriger le Mali. Pour cela IBK doit se montrer fort en résistant un peu plus aux pressions d’agitateurs et de maîtres-chanteurs qui voudraient le prendre en otage. Tant pis s’il n’est pas réélu en 2018. Mais l’histoire retiendra sans doute, en cas d’échec, qu’IBK aura été la plus grande déception de l’histoire moderne du Mali.

 

Ousmane THIÉNY KONATÉ

Source: Autre presse

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