Gestion des affaires publiques : « Je ne démissionne pas, N’tè fô dan jolima ! » ; « Même si je dois démissionner, à qui remettre ma démission ? » ; « Ntè ta yorosi ! »

Ce sont là trois propos presque identiques venant de trois familles qui ont des liens très approuvés. Alors, les Maliens n’ayant pas la mémoire aussi courte que cela savent désormais à quoi s’en tenir. Elu par plus de 77% des Maliens pour répondre favorablement à leurs préoccupations quotidiennes, IBK ne sait-il pas là où mettre sa tête ? Va-t-il se laisser piéger encore ?

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Le Mali revient de loin et de très loin. A cet effet, il est important pour chacun d’entre nous de le mettre au-dessus de tout, de se donner la main pour sa survie. Mais, de plus en plus, les acteurs politiques nous déçoivent par leur querelle de clocher. Seul maître à bord, le président IBK doit s’assumer.

« Rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme », a dit Lavoisier. Après la déconvenue d’Oumar Tatam Ly, le président dans sa vision de relais a encore prôné le choix de la jeunesse. Contre vents et marées, il porta son choix sur un autre jeune pour la conduite des affaires de la République. De surcroit qui n’est pas de son parti et qui n’a qu’un seul député à l’Assemblée nationale. Quelle preuve de sagesse et d’engagement pour cette jeunesse qui doit lui rendre la monnaie !

Malheureusement, très nombreuse dans le gouvernement, cette jeunesse tergiverse et prouve à la face du monde sa faiblesse. Il reste maintenant à la relever pour mieux la former auprès de la vieillerie qui ne pense qu’à sa retraite dorée.

Alors, avec cette marque de confiance, Moussa Mara se devait d’être aussi sage, engagé, infatigable, attentif aux critiques et réceptif d’écoute pour faire honneur à celui qui l’a choisi et de pouvoir relever les nombreux défis de notre patrie. Mais, de plus en plus, il s’éloigne de sa mission. Il devient un conquérant, un pyromane qui cherche à régler des comptes pour se faire une place au soleil. C’est normal. Cependant, un chef de gouvernement se doit d’être moins impulsif, d’accepter les critiques surtout constructives. Non, le brave Moussa homonyme du Général déchu pense qu’il est au-dessus de la mêlée et il se permet trop et dit tout. Ce qui l’a d’ailleurs poussé à emboiter le pas à son homonyme Moussa Traoré et à son oncle Cheick Modibo Diarra, Premier ministre de plein pouvoir de la transition de la junte de Kati. Comment ont-ils fini GMT et CMD ?

« Je ne démissionne pas, Ntè fô dâ jolima ! », cette phrase est du Général Moussa Traoré lorsque le mouvement démocratique voulait le changement. Notamment, le multipartisme intégral, la liberté de presse et d’opinion. Puissant Général, président de la République, chef suprême des Armées et de la Magistrature, chef de l’Etat, il se croyait plus béni que tous les Maliens. Il tue, massacre ses enfants et petits enfants, comme il l’a prédit, finalement c’est par son dâ jolima qu’il quitta le pouvoir. Car, il a été renversé par ATT à la suite d’un mouvement populaire. Il sera doublement condamné avant d’être gracié par le super intelligent, son ancien Ministre Alpha Oumar Konaré. Il devient finalement un « saint ».

« Je ne démissionne pas, même si je dois démissionner à qui remettre ma démission ? », cette boutade est de Cheick Modibo Diarra (CMD), beau fils de l’homonyme de Moussa Mara, Général Moussa Traoré. A la limite, il a été humilié afin qu’il démissionne. Ce jour-ci, il a su que Dieu est unique et qu’il y a des hommes à qui il doit remettre sa démission. Brusquement rentré dans la politique, il profitait de cette transition pour se frayer un chemin. Moins intelligent que les vieux routiers à l’image de Dioncounda Traoré, il fera les frais de son arrogance. Et aujourd’hui ?

Après seulement quelques mois de gestion de la primature, le jeune adoubé par toute la presse tient de la baliverne pour manquer de respect à toute la Nation. Oubliant qu’il n’est pas un élu mais un nommé qui peut être à tout moment débarqué. Monsieur Mara, c’est vrai qu’au Mali le ridicule ne tue plus sinon c’aurait trouvé que vous avez été débarqué. Mais, soyez-en sûr et certain que votre avenir s’hypothèque du jour au lendemain. Puisqu’il n’en sera pas question à jamais au Mali qu’un dictateur qui qu’il soit puisse désormais gérer le Mali. Alors, par vos vociférations, vous décevez le président élu IBK qui n’attend qu’une petite occasion pour vous débarquer afin de pouvoir sortir de la merde dont vous êtes le seul responsable. Car, s’il y a eu Aguel-Hoc d’ATT, il y en a eu également sous IBK par votre seule faute. Malheureusement, vous n’arrivez pas à vous assumer, vous faites de la tergiversation.

Pour l’honneur du Mali et le bonheur des Maliens, IBK ne saurait rester indifférent, il doit agir et il va agir. Car, depuis que vous êtes à la primature, il est la risée de tous ses partenaires nationaux et internationaux, malgré sa bonne foi.

La roue de l’histoire tournant, Moussa Mara qui ne se sentait nullement inquiété et au-dessus de tout soupçon a finalement été humilié. Il est sorti par la petite porte au même titre que son homonyme et le beau fils de son homonyme. Comme pour dire qu’il faut remuer mille fois la langue avant de parler. Il y a quelques mois, le jeune Mara dont l’avenir politique était autant prometteur s’est laissé entraîner dans le tourbillon d’un pouvoir aux abois. Aujourd’hui, malgré lui, il est sorti avec une honte bue.

Cependant, le ridicule ne tuant plus au Mali, il peut et doit se remettre en cause pour reprendre de si belle son combat pour l’émancipation de la jeunesse, pour le salut du peuple et la fierté du malien.

Boubacar DABO

source : Zénith Balé

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