Gestion de la transition malienne : L’ingratitude de Dioncounda Traoré envers Cheick Modibo Diarra

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Après le coup d’Etat de mars 2012, le Mali était plongé dans une grave crise où il fallait des hommes d’Etat pour le sauver. A la suite de l’accord-cadre, le Pr Dioncounda Traoré, bien qu’impopulaire à l’époque, a pris les rênes du pays, conformément aux dispositions constitutionnelles. Pour faire accepter les Maliens le choix de Dioncounda Traoré et faciliter la transition, il fallait nommer un Premier ministre au dessus de tout soupçon. C’est ainsi que Cheick Modibo Diarra a été déniché et nommé Premier ministre plein pouvoir en avril 2012. Pendant ce temps, il a su équilibrer le pays. Le marché était bien approvisionné en denrée de première nécessité et à moindre coût. Les agents de l’Etat étaient payés à temps sans l’aide budgétaire des grandes puissances. L’on se rappelle qu’à la veille d’une fête, les fonctionnaires ont perçu leur salaire le 18 du mois. Malgré l’impopularité du président par intérim, Dioncounda Traoré, le respect que les Maliens avaient pour le Premier ministre a permis de faire avancer les choses. Le Mali devenait de plus en plus indépendant au sens propre du terme. Car les ressources propres du pays étaient bien gérées. Cette situation a créé la jalousie, d’où les multiples conspirations contre le navigateur interplanétaire, Cheick Modibo Diarra.

Brouille avec la Cedeao 

Selon des sources dignes de foi, le problème de Cheick Modibo Diarra a commencé suite  à son refus catégorique d’annexer le Mali comme l’avait souhaité la Cedeao. En bon patriote, soulignent nos sources, le Premier ministre Diarra a sans détour craché la vérité à la Cedeao. Il  lui a notifié que son pays, le Mali n’était pas à annexer, et même si c’était le cas, on ne peut rien confier à la Cedeao. Car, il n’a aucune force militaire capable d’appuyer le Mali  encore moins de moyen financier. Au même moment, les 40 jours prévus par la constitution  permettant à Dioncounda Traoré de diriger le Mali arrivaient à terme. Les esprits s’échauffaient et la situation politique s’enlisait. Pendant ce temps, le Chef du gouvernement, Diarra, multipliait les appels à la retenue.

Pourquoi Dioncounda devrait être reconnaissant envers Cheick Modibo

Déterminé à n’accorder une seconde de plus au président par intérim, Dioncounda Traoré, un groupe de Maliens, 4 000, estime-t-on, est monté à Koulouba le 21 mai. Toute affaire cessante, confient nos interlocuteurs, le Premier ministre de plein pouvoir s’est impliqué afin que le palais de Koulouba ne soit pas violé. Impopulaire même dans les rangs des forces de l’ordre censés être neutres,  l’assurance de la sécurité du président par intérim a été difficile. Arrivée à Koulouba, la foule déchainée a passé à tabac le Président Traoré. Dans les derniers instants de la manifestation, racontent nos interlocuteurs, le Premier ministre Cheick Modibo Diarra est venu traverser à pied plus de 4 000 manifestants pour être au chevet du Président. Avant de venir s’adresser à la foule: «mais enfin, que voulez vous? » Quelques instants après, précisent des sources bien introduites, un manifestant a levé la tête et dit : «Monsieur le Premier ministre, qu’est-ce que voulez-vous, vous aussi ?». «Je veux que vous rentriez chez vous», répliquera le PM. C’est ainsi qu’en moins de 10 minutes, les manifestants se sont dispersés. A partir de là, narrent nos sources, le président intérimaire a été conduit à l’hôpital mère enfant, Le Luxembourg. Pendant deux heures de traitement, raconte-t-on, Cheick Modibo est resté au chevet de Dioncounda Traoré, en train de pleurer. Mais, pendant cette période, aucun membre du parti que Dioncounda dirigeait, l’Adema en l’occurrence, prétendant être la première force politique à l’époque, n’a daigné lui rendre visite.  Une fois  son état de santé stabilisé, il devrait rentrer chez lui. Par peur de se faire agresser, il a refusé de regagner son domicile. Ainsi, poursuivront nos sources, Check Modibo Diarra a amené le Président Traoré dans sa résidence à Titibougou, mettant ainsi sa famille en danger. Muni de son pistolet, il a passé trois nuits aux côtés des gardes présidentiels pour sécuriser le Président intérimaire.  Mieux que cela, pour lui faire oublier le traumatisme subit à Koulouba, on l’a fait amener acheter des poulets dans un endroit huppé de Bamako avant d’aller les manger au bord du fleuve.  Quelques jours après, pour des analyses très poussées, le Chef du gouvernement a proposé au Président de poursuivre les soins à Paris.

Ayant toujours peur pour sa sécurité, Dioncounda Traoré a refusé d’aller se changer à la maison avant de se rendre à l’aéroport. Finalement, a-t-on appris, il est parti à l’aéroport avec un simple boubou et une tapette. Une fois Dioncounda à bord de l’avion, le Chef du gouvernement a été informé que les militaires de Kati ont empêché le décollage de l’avion transportant le Président. Aussitôt, il à intimé les militaires de libérer l’avion dans les minutes qui suivent. Faute de quoi, on saura à qui le Mali appartient. Huit minutes plus tard, il s’est dirigé vers l’avion dont le moteur était en marche, les militaires sont venus à bord d’un véhicule de marque Jeep, en disant : «Monsieur le Premier ministre, vous êtes trop nerveux. Nous allons le laisser partir». C’est dans ces conditions que l’avion de Traoré s’est envolé pour Paris. En plus, précisent nos sources, pendant sa convalescence, chaque vendredi Cheik Modibo Diarra rendait visite à la mère de Dioncounda Traoré.   Mais de son retour de Paris, le Pr Traoré n’a pas été guidé du sens de gratitude malgré son âge avancé.

Les militaires manipulés par les politiques

Selon des indiscrétions, homme de principe, Diarra a refusé de donner de l’argent à gaspiller aux militaires. Connaissant la sensibilité des militaires, certains politiques ont commencé à passer la nuit à Kati. Ils ont cherché de l’argent au Burkina et ailleurs pour venir arroser les jeunes militaires. Corrompus par ces sous, ceux-ci ont commencé à se laisser manipuler par les politiques jusqu’à évincer Cheick Modibo Diarra de la Primature en décembre.

Source : Le Prétoire

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