Formation du gouvernement du Premier ministre Modibo Kéita : 29 ministres contre 31 dans l’ancienne équipe avec 6 entrants contre 8 sortants

C’est tard dans la soirée du samedi que la liste de la nouvelle équipe gouvernementale, que dirige le nouveau Premier ministre Modibo Kéita, a été rendue publique. De 31, le nombre des portefeuilles ministériels de ce nouveau gouvernement, le troisième de la gouvernance IBK, a été réduit à 29 avec 8 ministres sortants et 6 entrants suite à la recomposition de certains départements.

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Parmi les entrées les plus remarquables, il y a celle de Mamadou Igor Diarra, un banquier de grande réputation et ancien ministre de l’Energie, des mines et de l’eau sous le président Amadou Toumani Touré, qui prend les commandes du ministère de l’Economie et des Finances.

Les nouveaux ministres

Il remplace à ce poste Mme Bouaré Fily Sisoko, présumée impliquée dans l’affaire de l’aéronef présidentiel. Les autres entrants majeurs sont Choguel Kokalla Maïga, qui avait dirigé le département du Commerce et de l’Industrie durant le premier quinquennat d’ATT, à la Communication et porte-parole du gouvernement, Dramane Dembélé, le candidat de l’ADEMA à la présidentielle 2013, à l’Urbanisme et l’Habitat. S’y ajoutent Mohamed Ag Erlaf au ministère de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, Barthélémy Togo à l’Education nationale, Mme Diarra Raky Talla à la tête du ministère du Travail, de la Fonction publique et de la Réforme de l’Etat, chargé des Relations avec les Institutions.

Ainsi, il faut signaler que le président du MPR, Dr Choguel Kokalla Maïga, qui a une très bonne connaissance du monde de la communication pour avoir été, jusqu’à sa nomination, le patron de l’Autorité malienne de Régulation des télécommunications et des postes (AMRTP), prend la place de Mahamadou Camara que l’on dit quelque peu trempé dans le marché sulfureux de l’avion présidentiel, alors qu’il était Directeur du Cabinet du président de la République.

En outre, l’on ne peut manquer de signaler le retour d’un vieux de la vieille, Mohamed Ag Erlaf, qui a servi comme ministre sous le président  Alpha Oumar Konaré, dans le gouvernement Modibo Kéita à l’Environnement, l’Assainissement et le développement durable. Ancien rebelle des années 90, proche du monstre Iyad Ag Ghaly mais resté attaché à la République, celui qui dirigeait jusqu’à sa nomination l’Agence nationale d’investissement des collectivités territoriales (ANICT) sera avec le ministre Zahabi Ould Sidi Mohamed de la Réconciliation nationale, des symboles du Mali uni et diversifié.

Les sortants avec des fortunes diverses

Au titre des sortants, en dehors de Mme Fily Bouaré et Mahamadou Camara, l’on retiendra le départ de Moustapha Ben Barka. Il cède le département de l’Industrie et de la Promotion des Investissements à deux membres du nouveau gouvernement. Il s’agit d’Abdel Karim Konaté dit Empé promu avec l’adjonction des  » Industries  » au Commerce, dont il avait la charge, et Me Mamadou Gaoussou Diarra, dorénavant titulaire des Investissements et du secteur privé. Celui-ci était au sein de l’équipe Moussa Mara, le ministre de la Jeunesse et de la Construction citoyenne.

Autre sortant de taille, le départ de Ousmane Sy, de Bocar Moussa Diarra, Bah N’Daw, de Mmes Togola Jacqueline Nana, Berthé Aïssata Bengaly. La plupart de ces personnalités, disent certains observateurs, sont délestées du gouvernement certainement par nécessité de revoir la taille de l’équipe à la baisse pour des contraintes budgétaires. Tel est le cas du désormais ex-ministre de la Décentralisation et de la Ville, Ousmane Sy, connu pour son expertise dans la décentralisation. L’Etat malien aura certainement besoin de lui à un niveau ou à un autre dans le cadre du processus de  » décentralisation poussée «  que le gouvernement veut accélérer dans la perspective de la signature d’un accord de paix définitif sur le nord. Certaines sources l’annoncent déjà comme potentiel remplaçant du Premier ministre Modibo Kéita au poste de Haut Représentant du chef de l’Etat dans les pourparlers d’Alger.

Les grands promus

Concernant les grandes promotions et ceux qui sont maintenus à leur portefeuille, l’on ne peut s’empêcher de citer les noms de Tiéman Hubert Coulibaly, précédemment ministre des Domaines de l’Etat, du patrimoine et des Affaires foncières, qui prend en main le portefeuille de la Défense. Le jeune leader de l’UDD, qui vient de lancer un regroupement politique, l’AFD-Mali, gagne ainsi des galons pour sa compétence et son sens de la rigueur dans le travail. Il va devoir poursuivre les réformes lancées pour la restructuration de l’armée malienne.

Dans le même registre, le ministre Abdel Karim Konaté dit Empé a une nouvelle corde à son arc avec l’Industrie et le Commerce. S’y ajoutent les Bokary Tereta, Hamadoun Konaté qui conservent leurs portefeuilles mais se retrouvent protocolairement en première position au sein de l’équipe Modibo Kéita. Sans oublier Abdoulaye Idrissa Maïga, qui prend désormais en charge l’Administration territoriale et la Décentralisation, pendant que Me Mohamed Aly Bathily, l’ancien titulaire du ministère de la Justice, devient patron des Domaines de l’Etat. Il cède la Justice à l’ancien ministre des Logements, Mahamadou Diarra.  Les autres ministres conservent peu ou prou leurs départements ministériels avec de légères modifications dans certains compartiments.

                                       B D S

 

Source:  L’Indépendant

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