Fiasco organisationnel des examens par l’académie de Kati : La rançon du Rpmisation de l’enseignement

En droite ligne du fameux slogan ‘’Ma famille d’abord’’ érigé en mode de gouvernance au sommet de l’Etat, il faut désormais ajouter ‘’ le RPM d’abord au sein de l’administration publique.

 siege rpm commune v section parti politique

Au mépris des règles de compétence et du mérite, les ministres du parti du président de la république s’attèlent à exécuter une véritable purge politique au sein de l’administration publique. Considérée comme un maillon incontournable dans l’organisation et le tripatouillage des élections, l’éducation nationale bénéficie d’une attention toute particulière des tisserands en vue de leur stabilisation au sommet de l’Etat. Plusieurs cadres valeureux du pays ont fait les frais de cette politique à peine voilée du RPM. Dors et déjà, cette politique qui a permis de bombarder un certain Dicko à la tête de l’académie de Kati commence à produire des effets désastreux sur l’organisation des examens. Les épreuves de 2015 qui faisaient office de Baptême de feu pour le directeur de l’académie ont plutôt étalé ses lacunes d’enseignant et d’administrateur.

 

Aujourd’hui, le cas de l’Académie de Kati illustre à suffisance la promotion de l’incompétence et de la médiocrité dans un milieu qui sollicite l’excellence par le régime IBK. Ceux qui ont pleuré le départ de l’ex directeur pour le cabinet du Ministre Togo n’avaient pas tord. En effet, depuis la confirmation de Issoufi Dicko, membre du RPM à la tête de l’académie de Kati, les résultats sont décevants, voir révoltant sur toute la ligne. Ce n’est parce qu’on est titulaire d’une Maîtrise de Lettres Modernes ou qu’on est formateur certifié en Didactique du français et inspecteur de français (CIEP de Sèvres), ou encore en formation à distance pour un master 2 qu’on apte à gérer une académie d’enseignement. Il faut être aussi RPM comme lui pour prétendre à ce poste. Ce bourgeois de l’organisation Toastmasters International à peine nommé a déjà montré ses carences.

 

Premier examen, premier fiasco pour le directeur Dicko

Au delà des clichés erronés des visites touristiques de M. Dicko dans les differents centres d’examens, la réalité est tout autre. Elle est faite de tristesse, de désolation et de chao. Comment une telle situation peut se dérouler aux portes de Bamako à l’insu du cabinet du Ministre ? Telle est la question que les témoins de ses examens bâclés se posent. Après avoir suscité l’espoir, le Ministre Togo a-t-il basculé dans les considérations politiques ? A qui profite ce désordre ? M. Dicko cherche-t-il à nuire au Ministre tout comme certains leaders de son parti ? En attendant de répondre à ces questions dans les prochaines parutions, l’incompétente du jeune Bombardé Directeur de l’Académie de Kati saute aux yeux. Selon une source proche de l’académie, l’atmosphère est loin d’être seine. Pis, le directeur de l’Académie de Kati serait coupé des réalités du terrain. L’échec des examens en dit long.

 

Du jamais vue de l’indépendance à nos jours

S’il y a une chose sur lesquelles Directeurs d’école, surveillants et candidats sont unanimes cette année, c’est bien le fiasco organisationnel des examens par l’académie de Kati. De Banankoro en passant par Kati, Kalanbancoro, Moribabougou et Sangarébougou, les constats sont les mêmes. Les chefs de centre choisis par complaisance en fonction de leur coloration politique agissent par tâtonnement. Le choix des centres est encore plus grave. Que ce soit au CFASS pour le Cap et LBAKATRA pour le BT pour ne citer que ceux-ci, le constat est dramatique. Malgré une disponibilité de salle insuffisante, l’académie pour des considérations futiles s’entête à les maintenir. Lors des épreuves du CAP, sur une disponibilité de 12 salles soulignée aux membres de l’Académie, ils se sont retrouvés avec 17 salles sur le papier. Pour juguler cette situation qui n’aurait pas dû se poser, la solution facile a été de bonder les 12 salles disponibles. Certaines salles se sont retrouvées à 35 et d’autres 30. Cette situation insolite décriée par les surveillants est de nature à entacher la crédibilité des examens dans un pays sérieux. Au lieu de tirer des enseignements de ce premier examen, l’académie de Kati récidive curieusement encore pour les BT 1 et 2. Tous les centres que nous avons sillonné sont dans cette situation qui indique clairement le manque de sérieux de certains responsables. Au LBAKATRA, les hésitations du chef de centre combinées au pilotage à vue de l’académie de Kati à sérieusement entacher la crédibilité des examens. Sur 22 salles disponibles, le centre s’est retrouvé avec 26 salles d’examens. Là encore, il a fallu la promptitude de M. Kanouté du Lycée Bakatra pour trouver des tables afin de porter l’effectif des salles à 30 et plus, au lieu de 25. Au delà de cette situation qui n’a pas permis aux candidats de prendre connaissance des salles avant le jour de l’examen, le comble des examens a été le cafouillage constaté sur les listes. Malgré les corrections apportées aux listes mères fournies par les établissements, plusieurs dizaines de candidats ont été omis sur la liste finale qui n’a été affiché qu’à quelques heures des épreuves. Cette situation, qui de l’avis de plusieurs directeurs d’établissement prouve les carences de l’académie de Kati a privé plusieurs candidats de leur droit légitime est aujourd’hui décriée. Le drame était perceptible dans les centres dans l’indifférence des responsables. C’est avec des larmes et des cris que certains candidats victimes ont été expulsés des centres.

Sur la liste de BT1, on retrouve les candidats de BT2. Egalement, sur la liste de BT2 on retrouve les candidats de BT1. Plus bizarre sur la liste des candidats du BT on retrouve certains candidats du Bac. Pour la forme, un candidat de BT2 qui s’est retrouvé sur la liste de BT1, a été balancé dans une salle de BT 2 pour composer avec ses références de forme. Sans pouvoir emmarger, sa copie est désormais une épine que nous ne manqueront pas de suivre, car rien ne prouve qu’il a composé. Sur la liste des surveillants, le manque de sérieux de l’académie est encore plus criard. Ainsi, on retrouve des surveillants décédés, en plus de ceux qui ont arrêté d’enseigner depuis plusieurs années. Au niveau des établissements de ses surveillants fantôme, l’on rejette toute responsabilité. Plus grave, dans le centre du LBAKATRA, aucun surveillant n’a pu trouver sa salle seul. Il fallait passer de salle en salle pour demander aux candidats. Cette situation qui est encore une fois insolite a engendré des retards dans le début des épreuves et aussi des altercations entre les surveillants et le chef de centre.

 

Le show du chef de centre de LBAKATRA

Comme si ce chao organisationnel ne suffisait pas, le chef de centre en a rajouté. Le cas de ce chef de centre qui agit comme dans sa famille constitue une poudrière pour le centre en particulier et l’école malienne en général. Dès la séance préparatoire de la veille, il a fait étalage de son manque de courtoisie et de maitrise des examens. Sa parade a été de remplacer aveuglement les surveillants avec ceux du lycée Bakatra dont le nom n’est pas sur la décision. En violation de la police et du règlement des examens, les professeurs bien que figurant sur la décision sont expulsés du centre comme des vulgaires bandits. Lors des épreuves du sténo, notre cher néo proviseur du lycée Dioba Diarra de Koulikoro s’est carrément mélangé les pédales. Au lieu de 15 mm pour dicter la matière, M. Koné a laissé faire sans tenir compte du temps. Avait-il besoin d’agir ainsi ? Pour les surveillants, son comportement a influé négativement sur les examens. Nos investigations sont en cours pour dénicher la petite bête qui l’a conduit à agir sans discernement.

 

Informé par nos soins de ses différentes irrégularités, le directeur de l’académie qui s’est rappelé de ses moments perdus dans le journalisme, a fait étalage de son incompétence et de son indifférence face au sort réservé aux pauvres candidats. Comptant sur son parti (le RPM), il semble ne pas avoir d’égard pour le ministre dont le sérieux et la rigueur ne sied pas avec de tel comportement. Selon certaines indiscrétions, une pétition des candidats contre le fiasco des examens et le directeur de l’académie destinée au préfet de Kati, au gouverneur de Koulikoro et au Ministre de l’Education serait sous les mentaux. Puisque dans le Mali de IBK, les bourreaux deviennent des victimes et sont considérés pour des raisons politiques comme des victimes.  Le Ministre Togo est vivement interpellé. Tous les ingrédients pour mener des enquêtes sont disponibles. A suivre également les propos de certains observateurs dans certains centres de l’Académie de Kati.

A suivre !

 

Lamine Diallo     

source : WATTI

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