Face à la crise socio-politique du pays : les raisons du silence radio d’Alpha Oumar Konaré

Depuis qu’il a quitté le pouvoir l’ancien président de la République Alpha Oumar Konaré ne fait qu’observer un silence radio face aux différentes crises socio-politiques que le pays traverse. D’aucuns lui donnent raison du fait qu’il ne peut pas se mêler des affaires de l’Etat et par contre il est incriminé par beaucoup de citoyen lambda. Ces derniers trouvent qu’il n’est pas normal que quelqu’un qui a géré le pays pendant 10 ans sous l’ère de la démocratie de rester en marge de la réalité du pays et surtout que le pays traverse des moments difficiles de son existence. 

Alpha Oumar Konaré est le premier président de la République démocratiquement élu après le coup d’état de 1991. Élu en 1992 et réélu en 1997 Alpha Oumar Konaré qu’on veut ou pas a sa responsabilité dans l’évolution du pays qu’elle soit positive ou négative. Mais depuis qu’il a quitté le pouvoir en 2002, l’homme est parti diriger l’Union africaine où il a laissé bien entendu ses traces. Selon certaines informations, AOK n’aurait pas voulu intervenir publiquement face à certaines crises que traverse le pays lorsqu’il dirigeait l’UA. Sinon il n’aurait pas eu une bonne relation avec son successeur Amadou Toumani Touré. Quand il a quitté ce poste, cela a coïncidé avec l’arrivée au pouvoir de son ennemi juré et qui fut son Premier ministre pendant six ans. Il s’agit bien entendu de l’actuel Président de la République Ibrahim Boubacar Keita. Qu’on le dise ou pas et qu’on connaisse la raison ou pas la relation entre ces deux hommes n’est pas au beau fixe.

Un ancien président de la République ne doit pas être n’importe qui

En 2012, la rébellion a frappé le Mali, ce qui a motivé un putsch contre Amadou Toumani Touré. La transition a été dirigée par le Pr. Dioncounda Traoré. Ce dernier a organisé les élections présidentielles en 2013 issues desquelles l’actuel président de la République a été élu avec brio. Mais depuis son premier mandat le pays n’arrive pas à sortir de l’ornière. Les processus d’Alger ont été entamés, aboutis à la signature d’un accord de paix, et malgré ledit accord rien ne va dans les parties septentrionales du pays.  Au contraire, la crise intercommunautaire, les actes des terroristes sont devenus le lot quotidien du centre du pays. Face à ce fait,  personne n’a entendu parler l’ancien président de la République AOK, du moins pour donner à  son successeur les pistes de solutions et voire dicter son expertise afin que le pays puisse avoir les jours heureux pour le bonheur du peuple Malien.

Triumvirat saurait-il  faire parler AOK

Après sa réélection pour son second mandat, en dépit des contestations de ses adversaires, IBK a instruit à son gouvernement de tenir en urgence le dialogue politique national inclusif. Pour ce faire, trois personnalités ont été nommées en mai pour conduire et organiser ce dialogue, en rassemblant les filles et fils du pays. Depuis leur installation, le triumvirat a rencontré les leaders de classes politiques, les acteurs de la société. De même, il a rencontré les anciens Premiers ministres et les anciens présidents de la République dont Général Moussa Traoré, le Pr. Dioncounda Traoré et Amadou Toumani Touré, depuis la capitale sénégalaise (Dakar). Alors, il ne reste que l’ancien président Alpha Oumar Konaré. Ils doivent le rencontrer pour qu’il puisse adhérer au dialogue envisagé. Avec ces personnalités, AOK doit s’investir pour la cause de la nation. Même s’il existe un problème entre lui et IBK il est temps qu’ils sachent qu’ils ont  des dettes envers le pays. Ce pays qui les a fait ministres voire présidents donc ils doivent tout  au Mali.

AOK et IBK sont tous de mêmes plumages 

Ces deux personnalités doivent savoir que le Mali les a tout donné et en retour doivent tout faire pour le pays. Ils doivent dépasser le problème, s’il existe, entre eux, mettre le Mali avant leurs intérêts personnels. C’est pour cette raison, certains accusent AOK d’être muet face à la crise. Pour eux, il est l’un des acteurs principaux de l’état actuel du pays. La cause du retard et la crise que ce pays connaît incombe aux soi-disant acteurs de la démocratie. On peut dire sans se tromper que l’une des causes de la crise est liée à la corruption, la mauvaise gouvernance, la malversation financière, la délinquance financière, la dégradation de l’éducation et de la justice. C’est l’histoire qui retiendra que ces acteurs ont détruit ce pays. Alors, le silence radio de l’ancien président de la République Alpha Oumar Konaré ne serait pas acceptable. Surtout que lui et les autorités sont nourris et entretenus par le budget de l’État, les contribuables des pauvres citoyens.

B. KONE

Source: Le Fondement

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