Entre-Nous (Mali) : Lettre au ministre de l’administration territoriale, aux gouverneurs, préfets, sous-préfets et présidents des bureaux de vote

Le ministère de l’administration territoriale et de la décentralisation joue un rôle important dans l’organisation des élections. Qu’elles soient présidentielles, législatives, communales ou régionales. Le département dirigé par le ministre Mohamed Ag Erlaf est, selon la loi électorale, l’architecte de la préparation technique et matérielle des opérations du référendum et des élections (confection des documents électoraux, désignation des agents électoraux). Il élabore les procédures et actes relatifs aux opérations électorales et référendaires (élaboration des textes législatifs et réglementaires). Il centralise et proclame les résultats provisoires des référendums et des élections présidentielles et législatives. Au ministère siège une commission de centralisation avec les mandataires des candidats en lice en plus des cadres du département. Le ministère de l’administration territoriale achemine les procès-verbaux des consultations et autres pièces à la Cour Constitutionnelle.

Pour le scrutin du 29 juillet 2018, tous les regards sont fixés sur le ministre Mohamed Ag Erlaf et les agents de son département, surtout ceux impliqués dans l’organisation de l’élection du Président de la République. C’est la raison pour laquelle tous les camps appellent à une stricte neutralité de l’administration en charge de l’organisation des échéances électorales. Les différents candidats soupçonnent toujours à tort ou à raison, l’administration de rouler pour le pouvoir en place. Cette année, le département en charge de l’administration territoriale n’échappe pas à la règle. Il est donc important pour le ministre Mohamed Ag Erlaf de donner des gages d’impartialité et surtout de prendre en compte les suggestions formulées pour l’amélioration du processus électoral.

Monsieur le ministre, vous devrez comprendre en compte les observations formulées par les acteurs de la classe politique notamment le 1er Vice-président des Forces alternatives pour le changement et l’émergence (FARE AN KA WILI), Souleymane Koné, sur le spécimen de bulletin de vote sur lequel on aperçoit le drapeau fixé au-dessus de la tête d’un candidat. Les observations sont d’autant plus pertinentes que le Mali n’est pas à sa première expérience en matière d’utilisation du bulletin unique. En 2007 et 2013, le drapeau ne figurait pas au-dessus d’un candidat sur le spécimen. Pourquoi donc abandonner le format de 2007 et 2013 ?

Monsieur le ministre, messieurs les gouverneurs, préfets, sous-préfets et présidents de bureaux de vote, vous devrez être loyaux à votre pays, le Mali. C’est pourquoi vous avez l’obligation de rester neutres pour garantir la crédibilité du scrutin et la sincérité des opérations de vote.

Monsieur le ministre, messieurs les gouverneurs, préfets et sous-préfets, travaillez en âme et conscience afin d’éviter que les urnes soient bourrées au profit de tel ou tel candidat et ayez le courage de vous démarquer de toute tentative de fraude ou de violation des textes régissant le processus électoral.

Monsieur le ministre, messieurs les gouverneurs, préfets et sous-préfets, ne fabriquez pas des fantômes pour obtenir des taux de participation de 98% dans des zones où toutes les populations sont déplacées ou réfugiées.

Messieurs les gouverneurs, préfets, sous-préfets, présidents des bureaux de vote et accesseurs, ne falsifiez pas les procès-verbaux pour détourner les votes des citoyens. Cela n’est pas votre mission. L’administration dont vous n’êtes que les animateurs doit rester impartiale. C’est en agissant ainsi que vous allez rendre des services à votre pays qui a tant besoin de paix et d’instabilité en ces moments d’interrogations, d’incertitudes et d’angoisses.

Chiaka Doumbia

Source: Le Challenger

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