En protestation des résultats définitifs des législatives : Le FSD exige « la démission du Président de la Cour Constitutionnelle Manassa Danioko »

Dans sa déclaration sur l’arrêt de la Cour Constitutionnelle, le Front pour la Sauvegarde de la Démocratie (FSD) s’est dit indigné du caractère « inique » de l’arrêt. La coalition de l’opposition dirigée par l’honorable Soumïla Cissé, accuse le ministère de l’Administration d’avoir placé cette élection sous « la tutelle sécuritaire des milices armées au nord et dans le centre ». « La Cour constitutionnelle a enlevé toute dignité à la procédure électorale dans notre pays… », affirme le FSD.

 

Lisez donc…

Déclaration du Front pour la Sauvegarde de la Démocratie  sur l’arrêt de la Cour Constitutionnelle relatif aux résultats de l’élection des députés

C’est avec une grande indignation que le Front pour la Sauvegarde de la Démocratie (FSD), a accueilli les proclamations des résultats de l’élection des députés par la Cour Constitutionnelle.

Pour ne s’en tenir qu’au 2eme tour, le caractère inique de l’arrêt du 30 avril 2020,  consistant en l’annulation des milliers de voix favorables aux adversaires des listes soutenues par le pouvoir, le rejet ou la non-prise en compte des requêtes documentées des candidats adverses aux listes du pouvoir, a  tronqué les résultats de l’élection des députés.

C’est peu de dire que la décision de la Cour Constitutionnelle a jeté le discrédit sur cette institution, clochardisé notre démocratie et humilié davantage notre pays.

Le FSD dans de précédentes prises de position avait  fait savoir au gouvernement, à l’opinion nationale et internationale, qu’en raison du  contexte sécuritaire  qui continuait de se dégrader quotidiennement, du cadre juridique des élections à la fois, incitatif et permissif à la fraude, qu’il était impossibilité d’organiser des élections législatives dans des conditions acceptables de transparence, de crédibilité du scrutin. Il attirait l’attention sur les conditions sécuritaires, le fichier électoral, l’absence de l’administration dans de nombreuses localités, etc.

Malgré les appels et mises en garde du FSD, c’est dans un déni permanent de réalité que le gouvernement a décidé d’organiser les élections législatives en donnant des assurances fermes et répétées aux citoyens et aux candidats de sa capacité à assurer leur  sécurité et le bon déroulement du scrutin.

À l’arrivée, il n’a été capable  d’assurer ni la sécurité de ses propres agents (administrateurs, juges et enseignants qui se sont repliés vers des localités moins exposées, écoles, tribunaux et centre de santé fermés), encore moins protéger les candidats, leurs militants, les meetings, les électeurs, et les bureaux de vote. Le redéploiement  de l’administration, préfets et sous-préfets dans les différentes circonscriptions qui était un prérequis, n’a jamais été effectif, malgré l’insistance sur ce point de la communauté internationale.

Le Ministère de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation a plutôt préféré placer les élections sous la tutelle sécuritaire des milices armées au nord et dans le centre. Pire  dans plusieurs localités des agents de l’administration et les milices sont devenus des machines à frauder.

Les mêmes causes produisant les mêmes effets, comme à l’élection présidentielle, l’élection des députés s’est déroulée dans un climat  d’insécurité extrême jusqu’à l’enlèvement du Chef de file de l’opposition toujours entre les mains de ses ravisseurs.

On a assisté à une mascarade électorale faite de bourrage à volonté d’urnes sous la conduite des mouvements armés dans de nombreuses localités en l’absence de l’administration et des agents électoraux. La complicité active de l’Administration publique dans l’organisation de la fraude électorale à grande échelle a été une constante.

Le FSD constate  avec dépit que toutes les démarches ci-dessus et la propension du Gouvernement à précipiter l’élection des députés ne visaient qu’à empêcher et/ou à confisquer le vote des citoyens.

Et pourtant, l’occasion était  offerte à l’ensemble de la classe politique et des forces vives de la Nation de procéder aux réformes législatives nécessaires et de corriger les tares du système électoral, afin de doter l’architecture institutionnelle du Mali d’une nouvelle Assemblée nationale, véritable épine dorsale de la démocratie malienne, avec une configuration suffisamment respectueuse du vote des citoyens et représentative des différentes forces politiques.

Le FSD se refuse d’admettre que notre pays continue à rater, du fait de l’incurie du pouvoir, toutes les grandes occasions de redressement du pays.

L’élection dans une démocratie étant un facteur de régulation sociale permet de façon pacifique le renouvellement du personnel politique, en se débarrassant des politiques et des responsables qui ont échoué ou qui ont cessé d’être efficaces. Son organisation transparente, équitable et crédible permet, aux nations qui en sont capables, d’assurer le renouvellement au sein de leurs sociétés ainsi que la relève des générations, sans les bouleversements souvent tragiques dans la gestion des affaires du pays.

Mais, lorsque les urnes se sont avérées inefficaces, impropres à ce changement parce que truquées de toute part, alors le pays s’expose à toutes les aventures.

Aujourd’hui le Malien est outragé de voir spolier son vote, les résultats proclamés par la Cour Constitutionnelle ayant éconduisent sa soif de justice et de renouvellement de l’Assemblée nationale. Il s’exprime dans la rue par les manifestations en cours face auxquelles le gouvernement n’a que la violence et la répression comme réponse.

En effet, la Cour constitutionnelle a enlevé toute dignité à la procédure électorale dans notre pays en usant et abusant de son pouvoir d’annulation et de reformation des voix obtenues par les candidats à l’issue de l’élection des députés. Ce faisant elle a conduit la voie électorale dans une impasse au Mali.

Désormais, les Maliens sont davantage dégoûtés des urnes.  Aussi, par-delà la fraude électorale sur le terrain orchestré par l’administration territoriale, la fraude à la loi et à l’éthique, consacrée par l’arrêt du 30 avril 2020 de la Cour constitutionnelle consomme la forfaiture de cette institution de la république.

Le FSD, fort de tout qui précède exige :

  • La démission du Président de la Cour Constitutionnelle Manassa Danioko ainsi que celle de tous les autres membres pour avoir ruiné leur propre crédibilité, et compromis la légitimité de la nouvelle législature ;
  • La démission du ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation qui n’a tenu aucun de ses engagements pour l’organisation d’un scrutin sécurisé, sincère, transparent et crédible.

Bamako, le 6 mai 2020

NB : titre et chapeau de la rédaction

LE COMBAT

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