Élections communales et régionales : Le rang des pessimistes s’accroît

La coordination des mouvements de l’azawad (CMA), l’Union pour la République et la Démocratie(URD) les FARE an Ka Wili et une frange du parti ADEMA PASJ se sont déclarés opposés à l’organisation des élections communales et régionales du 25 octobre. Ils ne sont pas les seuls.

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Pendant que le ministre de l’administration territoriale et de la décentralisation continue ses tournées de contacts avec les acteurs  en charge de l’organisation des élections communales et régionales prévues pour le 25 octobre prochain, le rang des pessimistes commence à s’agrandir pour émettre  leur doute quant à l’organisation de ces élections. Dans cette histoire, d’aucuns n’hésitent même  pas à  parler de parodie d’élection.

A la base des arguments, certains mettent l’accent sur la situation sécuritaire du pays. C’est le cas du parti FARE AN KA WILI qui a publié une lettre ouverte la semaine dernière adressée au ministre de l’administration territoriale dans laquelle le président du parti Modibo Sidibé se pose des questions sur l’entêtement du gouvernement  d’aller coûte que coûte aux élections. Pour le président des  FARE, cette décision  est inopportune eu égard à la situation sécuritaire du pays mais aussi du problème entre la loi électorale en cours et les dispositions de l’Accord du 20 juin 2015. C’est pourquoi  à travers cette lettre ouverte, le parti FARE  demande à travers sa lettre au  Gouvernement d’expliquer  clairement sa vision de l’avenir des institutions de notre pays avant l’organisation de ces  élections communales et régionales. Comment assurera-t-il la quiétude des populations et le retour effectif de l’Administration malienne sur l’ensemble du territoire pour la tenue de ces élections, se demande, M. Sidibé.

Les leaders de l’URD pensent également  de la même manière sur l’organisation de ces élections. C’est ce qu’a fait savoir, M. Samuel Diarra  de l’URD lors de son intervention sur  les antennes de la radio Renouveau FM. Pour, M. Diarra et son parti, rien n’oblige notre pays  d’organiser des élections dans la situation que traverse le pays. Il a saisi cette opportunité pour  parler des attaques qui se sont multipliées dans le pays ces derniers temps entre autres : Misseni, Fakola, Nara, Nampala, Carrefour de Djenné, Gourma-Rarhouss, Diabaly, Sévaré, Baguineba, Gaberi et l’auto-gare de Sogoniko la semaine dernière.

Les mêmes inquiétudes ont été soulevées par les responsables de la coordination des mouvements de l’ azawad (CMA). En effet, c’est M. Moussa Ag Acharatoumane qui l’a fait savoir lors de la rencontre de cette organisation signataire de l’accord de paix et de réconciliation avec les cadres du parti URD.

Pour M. Acharatouman, il faut d’abord trouver une solution au retour des réfugiés qui vivent en Mauritanie, au Burkina  Faso et au Niger. Pour lui, en plus de ces conditions, il faut vite trouver une solution à la multiplication des attaques sur le territoire.

Sur le même sujet, d’autres personnalités se sont exprimées. C’est le cas de l’ex- président de l’Assemblée Nationale du Mali, le Pr Ali Nouhoum Diallo, pour qui  aller aux élections aujourd’hui, risque de consacrer la partition du pays. «  Je déconseille et désapprouve cette décision. Aller aujourd’hui aux élections, c’est allé avec le risque de consacrer la partition du pays. Vous allez aux élections sur la base de quelle circonscription électorale régionale ? », A-t-il dit lors d’une émission radio organisée par la maison de la presse.

En tout cas, en dehors de ces personnalités dont les voix portent, beaucoup de maliens  s’interrogent  sur l’entêtement du pouvoir à tenir coûte que coûte ces élections à cette date.

Ainsi, les gens se posent d’énormes questions : Ces élections pourront-ils se tenir malgré une situation sécuritaire délétère sur toute l’étendue du territoire national? Est-ce que les dispositions sécuritaires les  permettent ? Est-ce que tous les aspects de l’accord ont été pris en compte dans l’organisation des élections ? Où en est-on dans le retour de l’administration et des réfugiés dans les zones d’insécurité ? Qu’en est t-il du cas particulier de la région de Kidal ? Voilà des  questions  qui doivent être répondues avant de s’aventurer dans un projet qui risque de tomber dans l’eau. Le Ministre Maiga est averti…

Issa Kaba

SOURCE / L’Express de Bamako

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