Elections communales et régionales : Le gouvernement contraint au report

Fixée au mois d’octobre 2015, la tenue des prochaines élections communales et régionales au Mali est en passe d’être reportée jusqu’à nouvel ordre. Selon une source bien introduite, le prochain Conseil des ministres devrait avoir comme décision principale, le report desdites élections pour lesquelles, la date limite de dépôt des listes de candidature était fixée au 10 septembre dernier.

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Les prochaines élections communales et régionales auront-elles lieu ? C’est la question qui taraude les esprits depuis l’annonce de la date  fatidique du 25 octobre fixée par le gouvernement pour la tenue des élections communales et régionales sur l’ensemble du territoire national. C’est dans ce doute que les partis politiques ont répondu à l’appel du gouvernement pour le dépôt des listes de candidatures au plus tard, le 10 septembre 2015.

Bien qu’ayant tous déposé des listes de candidatures un peu partout,  nombreux sont les  maliens convaincus que ces élections ne peuvent se tenir à la date indiquée. Ce flou artistique est savamment entretenu par le ministre de l’Administration territoriale qui, de rencontre en rencontre,  assure et rassure  les partis politiques et autres partenaires à aller aux élections.

Après avoir rencontré les partenaires techniques et financiers, les gouverneurs, les préfets et sous-préfets,  Il a rencontré le vendredi 04 septembre dernier les maires et certaines notabilités du pays pour prendre leurs avis. Mais au finish, rapporte une source proche de la rencontre, le ministre n’aura  fait qu’imposer sa volonté d’aller aux élections malgré les raisons multiples avancées en faveur d’un report par les interlocuteurs du jour.

Si les fonctionnaires étaient très nuancés dans leurs argumentaires, les maires et autres notabilités n’ont pas porté de gang pour faire l’état de la situation sécuritaire qui empêcherait l’organisation d’une quelconque élection dans leurs localités. En proie aux attaques répétées perpétrées par des djihadistes et autres groupes armés, l’absence de préfets et sous préfets, l’abandon de  certaines localités aux mains des groupes armés de l’Azawad, l’impossibilité de parcourir d’autres  zones sous contrôle de bandits armés et de narcotrafiquants, il est pratiquement impossible d’organiser des élections démocratiques, libres, transparentes et crédibles dans les  régions de Mopti, Gao, Tombouctou et Kidal.

C’est pourquoi, nous apprend une source digne de foi, le premier ministre aurait commis la majorité présidentielle à lui présenter un rapport détaillé sur les menaces réelles qui pèsent l’organisation de ces élections. Ce rapport  qui doit être présenté au prochain Conseil des ministres, contiendra  les arguments solides et soutenus par la mouvance présidentielle pour un report jusqu’à nouvel ordre.

Toujours selon les mêmes sources, cette demande du premier ministre Modibo Keïta serait consécutive à un certain nombre de facteurs. Il s’agit tout d’abord de la réaction de la MINUSMA, qui aurait clairement fait savoir au président de la république que ce ne sont pas les régions du nord seulement qu’il faudrait  sécuriser  pour la tenue des élections communales et régionales mais l’ensemble du territoire malien, y compris le sud. La mission onusienne aurait dit ne pas avoir les  moyens d’une telle mission et donc ne s’engagerait pas à sécuriser une quelconque élection dans les conditions actuelles.

Ensuite, la coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) vient de  signifier dans un communiqué qu’il n’y aurait pas d’élection sur le territoire de l’Azawad. Même si cela peut paraître comme une farce, la CMA continue de réclamer toutes les régions du nord (Gao, Tombouctou et kidal) au nom de l’Azawad. .comme une face

Enfin, la dernière raison qui aura finalement  contraint  le gouvernement à reporter les élections serait la position des partis politiques. Aujourd’hui, opposition comme majorité, nombreux sont  les partis politiques,  qui ne font plus mystère de leur position défavorable à la tenue de ces élections à la date indiquée.

Avant d’engager le forcing auquel s’est livré le pouvoir, le gouvernement n’était-il pas, déjà, en possession de toutes ces informations ?

Alors, jusqu’à quand durera le report s’il a, effectivement, lieu au prochain Conseil des Ministres comme l’annoncent nos sources?

Ibrahima Coulibaly

Source: Nouvelle Tribune

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