Elections communales du 20 novembre 2016 : Un Test grandeur nature de fraude avant 2018 !

Le Jeudi 15 novembre 2016, le PARENA au cours d’une conférence de presse à son siège avait mis le régime d’IBK en garde contre toute tentative de mettre en circulation des bulletins pré-votés, et des spécimens comportant de nombreuses erreurs d’imprimerie telle que l’omission de logos et de noms de Partis.

Parena icone embleme tiebile drame

Alors que d’un côté, le Ministre de l’administration territoriale en charge de l’organisation des élections rassurait les Partenaires Techniques et Financiers du bon déroulement des préparatifs des élections communales du 20 novembre 2016.

Le même Ministre, vingt-quatre heures avant l’ouverture de la campagne annonçait dans un communiqué que l’organisation des communales du 20 novembre 2016, se poursuivra sur la base de (l’ancienne) loi électorale du 4 septembre 2006, modifiée.

La réaction du Parti MPR ne s’est pas fait attendre. Il a pensé que cette décision pouvait être source de fraude, de corruption à grande échelle pour fausser les résultats du scrutin. Le MPR dans une lettre adressée au Ministre de l’administration territoriale, avait relaté que ladite décision va porter une grave atteinte à la sincérité du vote, et remettre en cause l’application d’une loi, une première depuis l’indépendance du Mali.

Le MPR a mis également en cause la forme de présentation des spécimens des bulletins de vote qui différaient totalement de celle adoptée depuis l’avènement de la démocratie au Mali. Au même moment, des camions remplis de tee-shirts et de pagnes sortaient à destination des régions de l’intérieur, toute chose que le législateur avait précisément interdit en adoptant la loi n°2016-048 du 17 octobre 2016, laquelle loi vient d’être jetée aux orties.

Et quant à la cour constitutionnelle, elle est restée muette comme une carpe du fleuve Niger sur la question. Cette attitude de la cour constitutionnelle ne nous a pas surpris, vu la manière dont la présidente a été nommée à ce poste, sur la base d’un Mali de relations et non de rendements.

En finalité, en l’absence de base légale cette décision diffusée à moins de cinq jours de la tenue du scrutin a donné le sentiment, d’un véritable changement des règles du jeu au cours du jeu.

Jamais une consultation électorale n’a été organisée dans une confusion comparable à celle des communales du 20 novembre. Ignorant jusqu’aux références législatives du processus électoral, les protagonistes de la compétition étaient littéralement sous informés et ne savaient pas à quels saints se vouer. Certains des textes applicables au scrutin n’ont été révélés qu’à la veille de l’ouverture des urnes après que les juges en ont tiré leur parti, tandis que la semaine dernière encore certaines collectivités s’interrogeaient sur loi applicable au processus d’installation des maires et des bureaux municipaux. Cette décision a soulevé plus de problèmes qu’elle n’en a résolu véritablement. A quelle fin , cette décision a été prise s’interroge la classe politique.

Lors de ces élections, l’identification, des bureaux de vote a été un problème, et certains bureaux n’ont pas pu ouvrir à l’heure indiquée. Dans l’arrondissement de Yangasso, la commune de Kazangasso a voté le 21 décembre 2016, soit vingt-quatre heures après les autres localités, suite à une erreur administrative sur les logos de deux Partis politiques. Les logos de deux Partis ne figuraient pas sur le bulletin de vote. Concernant les insuffisances de la carte NINA, le fait que les numéros des bureaux de vote ne figuraient pas sur elle, a fait perdre du temps aux électeurs. Certains sont retournés découragés à leurs domiciles sans pouvoir voter. Cette situation a affecté le taux de participation à Bamako. L’achat de conscience des populations s’est révélée plus importante lors de ces élections communales du 20 novembre 2016. Des états-majors dans les communes se sont donnés à cœur joie à la distribution des billets de banque de 1000F CFA à 10 000F CFA aux électeurs en partance pour les bureaux de vote.

L’observatoire pour les élections et la bonne gouvernance dirigé par Ibrahima Sangho a dressé un tableau encore plus sombre des communales. Il a demandé l’annulation pure et simple du scrutin car « la République a été trahie ».

Il estime que toutes les règles démocratiques qui devraient entourer ces élections ont été violées, notamment une loi déjà abrogée qui a été ressuscitée pour organiser le scrutin. Le mandat de la CENI sur le scrutin était illégitime puisqu’elle devrait être reconstituée.

Dans la ville de Siby à 50kms de Bamako, la tête de liste RPM, Youssouf Camara, surnommé le milliardaire, a distribué des billets de 5000F CFA depuis la cour jusqu’à l’entrée du bureau de vote lorsqu’il était venu s’acquitter de son devoir civique. Il a dit avoir dépensé 40 millions F CFA dans la commune de Siby. Malgré cela, son Parti, n’a pas eu le poste de Maire. Il continue d’intimider la population en disant que l’honorable Karim Keïta, a promis d’inverser la tendance des résultats au tribunal de première instance de Kati.

Les malinkés de la colline de Siby attendent de voir Karim changer le résultat du vote. Karim saura en ce moment, de quels bois les malinkés de la colline se chauffent. Si l’honorable Karim a les juges maliens dans sa poche, eux malinkés de la colline, n’ont pas tout laissé tomber. Certains responsables politiques au Mali ont appris cela à leurs dépens, il n’y a pas encore si longtemps.

En commune II à Bamako, la commission de centralisation du Gouvernorat du district de Bamako, a constaté qu’il y avait une différence de 1000 voix dans cinq bureaux de vote en plus des résultats sortis des urnes au décompte. Cette situation a failli emporter la belle famille, du Président IBK à la suite de manifestation des Partis se sentant floués. Il a fallu, toute la dextérité de la commission de centralisation des résultats et l’engagement personnel du Président IBK pour annuler ces voix fictives et remettre les Partis frondeurs dans leur droit. C’est ainsi que l’ADEMA a obtenu au lieu de 6 conseillers, 10 et le RPM au lieu d’avoir 19 conseillers a été ramené à 15 conseillers et l’UDD qui n’avait rien gagné a eu finalement 2 conseillers.

En commune IV : l’Alliance PASDA-ASMA/CFP est monté sur ses grands chevaux. Les résultats provisoires des élections communales du 20 novembre dernier étaient loin d’être acceptés par tous les Partis en compétition. L’Alliance PASDA-ASMA/CFP en commune IV a contesté les chiffres donnés et a demandé le recomptage ou l’annulation du scrutin.

En commune VI, selon une candidate malheureuse, c’est à la veille des élections communales que les candidats ont constaté un changement de bulletin de vote. Du coup les emplacements ont changé alors que les candidats avaient travaillé sur l’ancien bulletin. Ils avaient montré l’emplacement du logo de leur liste sur le spécimen.

Selon l’Alliance, elles ont été émaillées par une fraude massive savamment orchestrée par le RPM avec la complicité active de l’administration locale.

Selon la même personne, sur le nouveau bulletin, le RPM s’est retrouvé en première position alors que sur l’ancien, il se situait un peu au milieu entre les autres Partis.

Dans la commune de Tombouctou le RPM a été accusé de fraude. La victoire du Rassemblement pour le Mali (RPM) dans la commune urbaine de Tombouctou a été contestée par les autres partis politiques. Il est accusé de fraude par l’alliance ADEMA-PASJ/URD.

L’alliance ADEMA-PASJ/URD dénonce les magouilles du Parti au pouvoir pendant les élections communales du 20 novembre dernier à Tombouctou. Certaines têtes brûlées sont persuadées que les gouverneurs ont en réalité violé la loi de pleine conscience en renonçant à la tenue du scrutin là où les résultats allaient tourner en faveur des adversaires du Parti présidentiel. C’est le cas dans une majorité de communes du nord où la question sécuritaire ne se posait pas avec acuité pour mériter une annulation du scrutin.

Egalement, certains Partis politiques ont estimé que les résultats issus du décompte ont été modifiés avant d’être déposés à la commission de centralisation. Cette situation est une nouvelle stratégie de fraude dans les élections au Mali. Elle risque de mettre le feu au poudre si jamais le phénomène n’était pas circonscrit par les autorités compétentes. Tel semble être le cas à Kalaban-coro pour la liste indépendante SiguidaYeelen. En effet, elle a obtenu 1 232 voix au décompte des urnes, et à la commission de centralisation, on lui a attribué 944 voix soit 300 voix de moins.

Revenont en arrière, le samedi 23 janvier 2016, lors de la présentation des vœux aux militantes et aux militants de l’ADEMA-PASJ, le Président du Parti Tiémoko Sangaré a commenté les résultats de l’élection partielle d’Ansongo dans des termes clairs. Il a exprimé son incompréhension et ses regrets par rapport aux conditions de déroulement.

Deux faits ont entaché ces élections, dit-il. D’abord les évènements à Talataye où il n’y a pas eu de vote et ensuite à Tessit, des chiffres invraisemblables de 98% de participation et 96% des suffrages pour un seul candidat ont été émis. La requête de l’ADEMA-PASJ auprès de la Cour Constitutionnelle n’a pas donné de résultat. Le Parti, la mort dans l’âme dit avoir respecté la décision de la cour, tout en déclarant que, la fraude fait désormais partie du jeu électoral dans notre pays. Est-ce à dire que la fraude est désormais le seul moyen de remporter les élections au Mali ?

On peut le croire, car au cours de ces communales du 20 novembre 2016, l’argent a été roi dans le district de Bamako et à Kalaban-coro. L’utilisation de l’argent dans le vote est une grande forme de fraude. Les élections générales de 2018, seront-elles le point de départ officiel de la fraude admise comme une règle du jeu électoral au Mali ?

Seydou DIARRA

Source: Le Carrefour

 

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