Election présidentielle du 29 juillet : Vers le grand bluff !

Une transition consensuelle vaut mieux qu’une élection présidentielle bâclée ouvrant une boîte de pandore aux conséquences incalculables. C’est le constat qui s’impose au Mali aujourd’hui et que les plus hautes autorités ne semblent pas appréhender.

-Maliweb.net- 12-04-2018 – Pour un expert  de la MINUSMA bien introduit dans les questions électorales, le Mali n’est pas en mesure d’organiser dans quatre petits mois, l’élection présidentielle acceptable pour tous les bords politiques. « Et nous ne voulons pas cautionner une quelconque mascarade électorale », insiste-t-il. Comme pour dire que la mission onusienne n’est pas prête à s’impliquer davantage dans le cautionnement d’une élection qui sera bruyamment contestée susceptible de faire basculer le pays dans la violence… Ce qui explique les appréhensions des partenaires du Mali dans la tenue des réunions en vue d’accélérer un processus électoral, « qui devrait se préparer sereinement depuis plusieurs années ». A titre d’exemple, l’on déplore que la loi modificative de la loi électorale est actuellement à l’Assemblée Nationale et l’on n’est pas sûre de la voir votée avant la deuxième quinzaine de ce mois d’avril. Et, en même temps des cadres du ministère de l’Administration territoriale sont envoyés en mission pour la conception et la commande de nouvelles cartes d’électeurs, dont le contenu est pris en charge par la loi (attendue).  Un amateurisme qui surprend. Surtout que le délai est trop court pour la commande, la réception de ces cartes, la vulgarisation de leur présentation et fiabilité pour un scrutin dont la campagne s’ouvre dans moins de trois mois.

En outre, du côté des états-majors politiques, l’on fait semblant d’être dans les préparatifs de l’élection présidentielle. Il y a plus de démarches individuelles des prétendants au fauteuil présidentiel que de manœuvres collectives des partis politiques. A titre d’exemple, pour des rencontres devant préparer des stratégies électorales, les cadres et militants brillent par leur absence, leur retard ou leur manque d’engouement. Ce constat est signalé tant du côté du parti au pouvoir que dans les rangs des partis d’opposition.

En plus de cela, l’atmosphère politique ne donne aucunement l’impression de celle des veilles d’élections. Aucune fièvre électorale dans le pays à trois mois du scrutin. Ce qui dénoté d’un dégoût des populations vis-à-vis des enjeux électoraux de cette présidentielle, qui sera, du reste suivie des élections législatives d’octobre novembre prochain.

Par ailleurs, les leaders politiques eux-mêmes semblent démotivés et circonspects par rapport à la tenue de ce scrutin. C’est ainsi que plusieurs potentiels candidats confient en aparté leur scepticisme et appellent même le pouvoir à mettre sur pied un cadre de discussions pouvant se pencher sur l’éventualité de la non tenue du scrutin le 29 juillet.

Le président sortant lui-même a récemment eu avec son prédécesseur, le président intérimaire, Pr Dioncounda Traoré, une entrevue sur le schéma d’une transition politique.

Lors d’une récente sortie, le 4 avril dernier, le président du parti SADI, candidat déclaré à la présidentielle, Dr Oumar Mariko, déclarait que ce serait un scandale d’organiser les élections dans les conditions d’insécurité actuelles. « Je demande au président IBK et à son gouvernement d’arrêter de duper les Maliens. Il est impossible de tenir l’élection présidentielle dans la condition actuelle du pays encore moins dans trois mois. Si on organise l’élection dans ces conditions, on risque une nouvelle crise et cela n’est pas bon pour le Mali. Mais une chose est sûre, le parti SADI ne laissera personne voler les élections comme par le passé“, a-t-il martelé.

Ce contexte est plutôt porteur de bien d’appréhensions des plus funestes, même si chaque jour que Dieu fait, de potentiels aspirants à la charge présidentielle sortent leur tête de l’eau boueuse du Djoliba. Comme si le peuple est conduit vers… un grand bluff!

Boubou SIDIBE

la rédaction

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