Dr. Mamadou Coulibaly, à propos de sa démission de l’Urd : «Je ne regrette rien»

Elu municipal à Kayes, le Dr. Mamadou Coulibaly était un cadre très actif de l’URD qu’il vient de quitter pour rejoindre les rangs du parti Alliance pour la République. Sur les raisons de sa démission, nous l’avons rencontré pour en savoir plus. Vous avez démissionné de l’URD pour rejoindre l’APR, peut-on connaitre les raisons qui ont prévalues à cette décision ?

 URD SOUMAILA CISSEJe ne veux pas m’étendre dans les méandres de cette démission, mais la raison principale c’est la différence dans la vision politique. A un moment donné du combat politique, lorsqu’on se rend compte qu’il y a une divergence, des contradictions profondes par rapport à la vision politique, on n’est obligé de se séparer. Moi je pense que la politique, c’est un débat d’idées, c’est une conviction, mais du moment où ce n’est pas le cas, alors j’ai jugé nécessaire qu’il est temps que l’on se sépare. Je ne regrette rien.

Vous savez moi, je ne les considère pas comme des anciens amis. Je crois que si vous vous séparez de quelqu’un, si vous n’avez rien à vous reprocher en âme et en conscience, il n’est pas ton ancien ami. Moi je peux fréquenter tout le monde à l’URD aujourd’hui. J’ai de très bons amis là-dans. Peut être qu’il y en a qui ne peuvent pas me fréquenter pour d’autres raisons, ça n’engage qu’eux. Oumar Ibrahima Touré est un ami de longue date. Beaucoup de personnes ne le savent pas, depuis la création de l’Adema. Moi j’étais le 1er secrétaire général du secteur I de Medina Coura, et lui était le 1er secrétaire général du secteur IV. On était dans la même sous-section. Depuis ce temps là, on a les mêmes visions de la politique. C’est-à-dire faire la politique autrement, ouvrir tes portes et aider les gens comme on peut. On s’était retrouvé à l’URD. Quand il quittait, je lui ai dit pour des raisons de principes, je ne peux pas, car la présidentielle est déjà annoncée. Il n’y avait rien qui pouvait me pousser à démissionner à l’époque. Mais il ne m’a pas averti, sinon la façon même de partir allait être autrement. Après la présidentielle, j’ai jugé que ma mission est finie. J’ai même décidé de ne plus faire de la politique, car la façon de faire la politique dans ce pays donne envie de vomir.  C’est un peu mon histoire avec Touré, on se connait depuis très longtemps.  A l’APR, je suis en famille. Oumar, je le connais très bien, il est très sincère. Il est issu d’une grande famille. Il a beaucoup de qualités qui le différencient de nos autres politiciens. Vous savez, un leader, c’est la culture de l’écoute de l’autre, le respect de l’autre et le sens du partage. Quand j’ai décidé de venir avec lui, ce n’était pas pour rentrer dans un bureau ni autre chose. Je viens en tant que conseiller, et tout ce que j’ai bâti en termes de militantisme, je le mets à sa disposition. Moi je ne fais pas de promesses, mais je pose des actes qui vont rester pour l’éternité, demandez  aux populations de Kayes. Avec Oumar, nos rapports sont plus amicaux, basés sur la confiance et non autre chose.

Aujourd’hui, face à la situation qui prévaut dans le pays, je dis que tous les responsables politiques et les responsables tout court doivent mettre le pays en avant, car si ce pays nous échappe, nous allons tout perdre. On doit tout faire pour préserver ce pays là. Nous devons taire nos égos et ne voir que le Mali et le Mali seulement.

Entretien réalisé par   Harber MAIGA

source :  Le Prétoire

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