Djiguiba Keita dit PPR, secrétaire général du Parena : «Aucun *baga-baga* ne peut nous faire reculer ou effrayer au Mali»

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Le Parti pour la renaissance nationale (PARENA) a tenu, le samedi 20 février, sa rentrée politique 2016. C’est très à l’aise et très décontracté que son Secrétaire général, Djiguiba Kéita dit PPR (Prêt Pour la Révolution), nous a accordé un entretien exclusif. La situation de Kidal, le départ de Bocari Tréta du gouvernement, l’implication des religieux dans la sphère politique, l’attitude et les propos tenus par l’ex-Premier Moussa Mara par rapport à sa visite précipitée à Kidal ont été les principaux sujets abordés pendant cet entretien.

Le Matin : Nous venons d’assister à la rentrée politique 2016 du Parena. Quel sentiment vous anime présentement après cette forte mobilisation ?

Djiguiba Kéita : Je suis très heureux que le peuple Parena ait répondu massivement à notre appel ; très heureux que d’autres démocrates d’autres partis politiques et de la société civile aient répondu à notre appel ;  très heureux que tous ceux qui ont mal de la mauvaise gouvernance de notre pays aient répondu à notre appel pour venir écouter le Parena.

Un parti qui, depuis 2 ans, dénonce les dérives du régime. Je suis très heureux de cette mobilisation grandiose, dont vous avez été témoin, à l’occasion de cette rentrée politique.

 

On a vu la présence de certains chefs de partis politiques de l’opposition à votre rentrée politique, notamment Modibo Sidibé du parti Fare Anka-wili. Mais, le Chef de file de l’Opposition, Soumaïla Cissé, était le grand absent. A-t-il boudé la cérémonie ?

Vous avez bien fait de me poser cette question. Le chef de file de l’opposition, Soumaïla Cissé, nous a informés bien avant qu’il ne pourra pas prendre part à notre rentrée politique. Il se trouve qu’il est présentement à Kayes pour la rentrée politique de l’URD. C’est ce qui explique son absence. Mais, l’URD était fortement représentée à notre rentrée politique par des hautes personnalités de  son Comité exécutif.

 

Le Parena est considéré comme étant le parti d’opposition qui critique beaucoup le régime en place. Mais, ne pensez-vous pas que vous en faites un peu trop ?

Non ! Pas du tout ! Nous jouons tout simplement notre rôle de veille. Au Parena, on ne critique pas pour critiquer. Nous critiquons sur des sujets dont nous maîtrisons les tenants et les aboutissants. Nous critiquons tout en proposant des pistes de solutions au régime. Nous sommes un parti organisé et très bien structuré.

Nous constatons ces derniers temps une présence des leaders religieux sur la scène politique. Que pense le Parena de cette montée fulgurante de la religion dans les affaires politiques ?

IBK s’est fait élire en promettant beaucoup de chose aux leaders religieux. Du coup, la religion a eu beaucoup de poids dans la sphère politique malienne. Toute chose qui engendre des désagréments.

C’est IBK qui est le principal responsable de cette forte implication des leaders religieux dans la politique aujourd’hui. C’est vraiment dommage !

 

Vous avez attaqué Bocari Tréta, quand il était ministre du Développement rural, par rapport à sa gestion de l’engrais frelaté, de la subvention des 1000 tracteurs. Vous avez même demandé son départ du gouvernement. Aujourd’hui c’est chose faite. Est-ce une victoire pour le Parena ?

Le départ de Bocari Tréta, Secrétaire général du RPM (Rassemblement pour le Mali, parti présidentiel), est un problème interne que nous ne gérons pas. Nous ne menons pas une lutte contre une personne.

Nous ne l’avons pas dénoncé, pas en tant que la personne de Tréta, mais par rapport au poste de responsabilité qu’il occupait où il a posé des actes. Nous n’avons jamais de problème personnel avec qui que ce soit. Nous avons dit que le ministre est impliqué dans le scandale de l’engrais frelaté et à la subvention des 1 000 tracteurs.

Il se trouve que le Secrétaire général a quitté le gouvernement et que le PDG de la CMDT a été remercié. Je ne sais si ce sont nos critiques ou bien ce sont des problèmes internes qui justifient par exemple le départ de Tréta du gouvernement.

 

Personnellement, vous avez dénoncé la visite de l’ex-Premier ministre Moussa Mara à Kidal. On connait les conséquences engendrées par cette visite. Mais, il se trouve récemment que Moussa Mara a martelé haut et fort qu’il ne présenterait jamais des excuses à qui que soi et que si c’était à  refaire, il le ferait. Que pensez-vous de ces propos de M. Mara ?

Il dit qu’il ne présenterait pas des excuses. Là il me rappelle son homonyme, le général dictateur qui n’a jamais présenté ses excuses au peuple malien par rapport aux événements du 26 mars 1991.

Que Moussa Mara soit comme son homonyme ne me surprend guère. Par rapport à la débâcle de Kidal, je dirai que Mara n’est pas plus responsable que le président Ibrahim Boubacar Kéita. Il n’est pas allé sans l’accord d’IBK. Mais, les deux ont joué un jeu politique qui s’est retourné contre eux, car ils ont voulu faire une guerre qu’ils n’ont pas préparée. Et quand le jeu s’est retourné contre eux, IBK n’a pas eu le courage de limoger Mara sur le champ. Il a traîné !

Mais, IBK sur le bout des lèvres, dit qu’il ne ferait plus ça (un voyage sur Kidal sans préparation). Mais, Mara continue de dire qu’il est prêt à le refaire. Il peut le dire comme il n’a pas perdu de parents, d’amis, de frères à Kidal. Cela veut dire qu’il (Moussa Mara) est encore prêt à donner des gens à la mort pour accéder au pouvoir. Mais au niveau du Parena, nous serons très vigilants.

Toujours par rapport à Kidal, nous avons constaté l’entrée du Gatia dans cette ville actuellement cogérée par la CMA et la Plateforme. Mais, il n’existe aucune représentativité ni de symbole du Mali dans la ville. Que pensez-vous de cet état de fait ?

Cela démontre la faiblesse du régime et de son gouvernement. L’Accord d’Alger a été signé par la Plateforme, la CMA et le gouvernement. Que la CMA et la Plateforme se mettent d’accord pour gérer Kidal sans le gouvernement, cela prouve qu’il n’y a pas de gouvernement… C’est un gouvernement qui démissionne et abandonne le nord. C’est un gouvernement de capitulation. C’est dommage simplement !

Suite à certains de vos propos, on n’a entendu qu’une poursuite judiciaire a été engagée contre vous. Sans oublier la guerre, par presse interposée, entre le président IBK et Tiébilé Dramé, celui du Parena. Comment réagissez-vous à tout cela ?

En réalité, toutes ces actions ne servent à rien. C’est seulement pour amuser la galerie. Aucun baga-baga (intimidation) ne peut nous faire reculer ou nous effrayer au Mali. Nous avons bravé les 23 ans du régime dictatorial de GMT (Général Moussa Traoré). Ce ne sont pas ceux avec qui nous avons lutté qui peuvent nous menacer. Ils savent que nous sommes prêts.

S’il s’agit de la prison, nous sommes prêts à le faire. S’il s’agit de la mort, nous sommes prêts à mourir pour défendre notre pays, pour défendre les intérêts du Mali. Au Parena, on ne peut pas nous effrayer ni nous intimider.

Quel appel lancez-vous au régime pour l’exhorter à changer de cap ?

Nous souhaitons que les tenants du pouvoir prennent conscience de la gravité de la situation et qu’ils se ressaisissent. Il faut qu’ils aient pitié du peuple.

Par ailleurs, le Parena appelle le peuple à la mobilisation pour que ce qui se passe ne continue plus. Il est vraiment temps que le peuple prenne son destin en main. On a fait deux ans et demi, on dénonce le régime. Il appartient maintenant au peuple de se mettre debout. Et au Parena nous sommes toujours prêts.

   Propos recueillis par Aliou Touré 

Source : l’indicateur du renouveau

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