Dialogue national inclusif: Du 23 au 24 de ce mois d’octobre 2019, les Maliens de la diaspora française iront à leur tour aux assises des concertations

« Le rapport final qui sortira, à l’unanimité, de ces assises du dialogue national inclusif, doit être contraignant dans sa mise en œuvre, par l’instance qui aura la lourde charge de sa mise en exécution, pour ne pas en faire un accord d’Alger bis », dixit Son Excellence Ambassadeur Itinérant, Cheick Fantamady Kouyaté, alias Sékouba Donsoba, depuis  la France. Joint  au téléphone, l’homme  nous a livré son avis sur ce dialogue national dont il est partie prenante en tant que représentant de la confrérie des chasseurs traditionnels ( Donso). Suivez en exclusivité le compte rendu de cet entretien téléphonique.

 

Avant de rentrer dans le vif du sujet, l’homme se présente issu de la lignée des griots, ces dépositaires de nos valeurs traditionnelles orales. Juriste de formation, et PDG  d’une entreprise familiale, notre maitre de pouvoirs mystiques, apparentant à la confrérie de chasseurs traditionnels, dit être modestement  un voyant  et guérisseur par télépathie de profession.

À la question de savoir ce que requiert le dialogue national inclusif annoncé avec tambour battant, notre « donsoba » national dira ceci : « On parle de dialogue que lorsqu’il y a palabre entre les hommes. Il est donc nécessaire qu’à un moment donné, les concitoyens s’asseyent  sous l’arbre à palabre pour ensemble fumer le calumet de la paix et débattre et discuter de tous afin de laver le linge sale en famille, comme le faisaient jadis, nos parents. Autrement dit, nous avions, il y a de cela plus d’une quinzaine d’années recommandé aux gouvernants de l’époque d’associer toutes les forces vives de la nation à un dialogue qui devait nous permettre de discuter de tous les sujets qui fâches. Mais hélas, nous ne fûmes pas écoutés, cependant, j’estime qu’il vaut mieux tard que jamais ».

Croit-il vraiment que ce dialogue appelé de tous les vœux saurait vider tous les contentieux qui déchirent aujourd’hui notre nation ?

À cette autre question, Son Excellence Monsieur Cheick Fantamady dira qu’il n’y a rien de nouveau sous nos cieux. Ce dialogue peut être une réelle chance pour notre pays, si seulement si, on l’aborde avec sincérité et une volonté d’aller vraiment une réconciliation des cœurs et des esprits, a-t-il dit. Et de déplorer la crise que traverse notre pays en estimant qu’elle est due à plusieurs facteurs androgènes comme exogènes.

« La crise politique, institutionnelle, sécuritaire, culturelle et économique, prend en grande partie ses sources dans l’injustice, l’inégalité, l’exploitation anarchique du potentiel dont dispose notre pays et la mauvaise répartition des ressources. Pour cela, il va falloir que chacun fasse son mea-culpa si nous voulons vraiment qu’il y ait le pas des braves. Autrement dit, si certains, pour leurs intérêts personnels, n’ont pas intérêt que notre pays retrouve la paix, la stabilité et sa quiétude datant, celles et ceux de la grande majorité du peuple épris de justice et de patriotismes devront tous mettre en œuvre pour que ceux du mal perdre le combat»

À la question de savoir si la cause n’est pas perdue d’avance lorsque l’on sait que plusieurs couches disent ne pas se reconnaitre dans ce qu’ils considèrent comme ballet, Donsoba, n’a pas souhaité se prononcer sur ce point, car, selon lui, chacun est libre de choisir ce qui lui semble bien pour le pays.

« Si celles et ceux qui accepteront de prendre part à ses assises le font avec sincérité, amour pour notre patrie sans faux fuyant, prennent la mesure de la question et arrivent à ressortir autour des différentes thématiques, les vraies problématiques liées à la crise, je crois que ceux qui ne participeront pas se retrouveront dans les recommandations du rapport final.

Je pense que si tous les Maliens autour du Triumvirat, que sont ces facilitateurs, débattre des problématiques en ateliers, sans tabou, ni complaisance, le grand corps malade, notre pays, qui semble agonisant pourrait lever un tout petit peu la tête avant que les grands soins lui soient administrés. »

Qu’attend-il par grand corps malade ? En réponse à cette question, notre interlocuteur croit savoir que le Mali est un ensemble, dont chacun de nous représente un membre de ce corps. Aussi, fera-t-il savoir que chacun doit être traité comme une pathologie à part entière.

Pour cette crise multiforme qui a plusieurs ramifications, que traverse notre pays, qui a fini par causer une fracture très profonde au sein de la société avec des desseins inavoués, il va falloir un traitement de choc avec tous pour souder le tissu social très affecté.

Si nous ne réussissons pas ce dialogue en prenant en compte tous les sujets qui fâchent, personne ne viendra nous sauver à notre place a-t-il mis en garde avant de terminer par inviter les décideurs à faire preuve de courage politique à tous les niveaux pour ne pas traiter ce rendez-vous de l’histoire qui est une des uniques chances à saisir. Une fois toutes les concertations terminées, le rapport final qui en sortira à l’unanimité doit être contraignant dans sa mise en œuvre par l’instance qui aura la lourde charge de sa mise en exécution pour ne pas en faire un accord d’Alger bis.

Pour terminer, Son Excellence Cheick Fantamady dit Sékouba donsoba, a remercié Son Excellence l’Ambassadeur  du Mali en France et son équipe pour avoir d’une manière inclusive, convié tous les Maliens résidents en France à ces concertations du dialogue national inclusif historique.

Tchéwi Adams Konaté

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