DEVELOPPEMENT RURAL : Le cri de cœur d’un député

Est- il besoin de rappeler ici mes questions orales adressées au ministre du Développement rural en 2015 sur les engrais frelatés?

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La réponse est non car c’était une réalité d’un autre temps. Aujourd’hui, la question est plus grave, car il s’agit de la vente de la caution ou la subvention accordée par l’Etat aux paysans par les services de l’agriculture aux fournisseurs véreux d’engrais.

Toujours fidèle à ma vocation de paysan et de défendre les intérêts des miens je ne peux me taire quand les intérêts des paysans et du pays sont dangereusement menacés par les agents véreux du service du développement rural en charge du développement de l’agriculture et de la défense des intérêts du paysan.

Nous disons que ce qui est en cours cette année est plus grave que la question de l’engrais frelaté. Quand le président de la République par sa volonté politique subventionne les engrais pour booster la production agricole, c’est en ce moment que les services techniques de l’agriculture profitent pour se remplir les poches en vendant la caution.

Description du mode opératoire des agents pour priver les paysans de la caution technique pour les vendre aux fournisseurs :

Pour mémoire, le prix de référence de l’engrais NPK est de 19880 F CFA et de l’urée est de17 000 F CFA. Ces deux engrais représentent environ 99 % des engrais utilisés au Mali.

Le prix subventionné du NPK est de 11 000 FCFA soit une différence de 8 800 FCFA payée par l’Etat. Le prix subventionné de l’urée est de 11 000 F CFA soit une différence de 6 000F CFA payée par l’Etat. Sur le terrain les agents vendent la caution à 1000 F CFA/sac pour l’urée et 2000 F CFA/sac pour le NPK.

En achetant le sac à ce prix, le fournisseur aura un gain de 8 800 – 2 000 = 6 600 pour le NPK et pour l’urée 6000 – 1000 = 5000.

Il s’agit là de remplir une fiche de caution technique au nom du paysan X fictif en mentionnant sur sa fiche par exemple 20 sacs de NPK et de 17 sacs d’urée.

Des centaines et de milliers des fiches techniques remplies au nom des paysans fictifs sont ainsi vendues aux fournisseurs selon les conditions ci-dessus indiquées. Pendant qu’ils n’ont même pas fourni un kilogramme d’engrais.

Par ce système le fournisseur sans fournir un kilogramme d’engrais puisque le paysan n’existe pas présente en fin de campagne au trésor publique le nombre de fiche de caution obtenue en NPK et en urée pour se faire payer.

Ainsi fournisseurs et agents de l’agriculture s’en sortent avec des milliards de nos francs sur le dos de l’état car les quantités d’engrais prévus ne sont pas utilisées.

Les productions agricoles prévisionnelles ne sont jamais atteintes. Cependant pour masquer leur vol les agents en charge de l’estimation de la production par un jeu de chiffre gonflent les résultats.

Conséquences malgré les quantités importantes annoncées produites en céréale chaque année, les prix des céréales sèches mil, sorgho, mais sont toujours en hausse car ce qui est estimé et communiqué n’a jamais été produit car les quantités de NPK et de l’urée prévues pour donner un coup de fouet à la production ne sont pas correctement utilisées.

Cette année environ 30 à 40% de la subvention de l’état sur les engrais est ainsi détournée par les services de l’agriculture par la vente pure et simple des cautions aux fournisseurs.

Cela entraine automatiquement un manque à gagner de l’ordre de 30 à 40% sur la production si rien n’est fait pour sauver ce qui peut l’être encore.

Nous vous rappeler les 100 000 tonnes de manque à gagner sur la production cotonnière avec l’utilisation l’engrais frelaté. Effectivement en fin de campagne le ministre de l’agriculture a effectivement confirmé cette perte.

Puisqu’aucun coupable n’a été recherché et sanctionné pour cette opération dès lors toutes les portes sont ouvertes.

Nous souhaitons qu’une une enquête indépendante du service de l’agriculture soit diligentée dès cette semaine dans les zones agricoles pour punir et sanctionner les coupables.

Allez demander aux agriculteurs de Koutiala, Tombouctou, Banaba, Kita, Sikasso, Kolokani etc. Quelles sont les quantités d’engrais subventionnés qu’ils ont bénéficiées d’une part et comparé ses chiffres avec les quantités d’engrais réellement subventionnés par l’Etat?

Pour la transparence une liste des bénéficiaires par commune et par cercle soit affichée en fin de campagne avec les quantités réellement livrées. Remettre également à chaque chef de village la liste des bénéficiaires du village avec les quantités par bénéficiaire.

Pour les prochaines il est impératif de procéder à un appel d’offre ouvert aux principaux fournisseurs pour les besoins de la campagne. Les fournisseurs retenus délivreront selon un cahier de charge bien spécifique dans la commune ou le cercle qui lui aura été alloué ; Une commission de réception composé d’un représentant du ministère de l’agriculture, du ministère des finances, du commerce et de la concurrence, le représentant de la chambre d’agriculture campagnes que la livraison au niveau de la commune soit déchargée par les autorités locales : Maire, S/Prefet, Représentant de la chambre d’agriculture, la jeune chambre d’agriculture

Que la fiche de la caution technique soit contre signée par les autorités locales : Maire, S/Prefet, représentant de la chambre d’agriculture, la jeune chambre d’agriculture,

Aucune caution ne soit payée par le trésor public si elle ne mentionne pas ces signatures sur les bordereaux de livraison et sur les fiches de caution technique.

Si rien n’est fait, c’est une perte sèche de 7 milliards F CFA pour l’Etat Malien et une production agricole en chute libre.

Honorable Bakary Koné

Député élu à Koutiala

76 37 52 31/65850659

 

Source: lesechos

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