Deuxième gouvernement Modibo Kéita : Une étape vers un gouvernement d’union nationale ?

Les opérations effectuées au niveau du gouvernement, donnant lieu à un deuxième attelage du Premier ministre Modibo Kéita, n’ont pas été diversement interprétées par les observateurs, qui ont été unanimes à reconnaitre qu’il ne s’agit pas là, du gouvernement attendu du post-accord. Il est loin de représenter une coalition, encore moins un gouvernement d’union nationale (Gun), que les Maliens sont nombreux à attendre, quelqu’en soit le prix à payer.

BILAL AG ACHERIFLe prix d’une entente entre gouvernement et groupes armés, mais aussi d’une entente entre majorité et opposition. L’intérêt supérieur du Mali, les suggestions et propositions des groupes armés, celles du pouvoir et de l’opposition étant connues de tous, aucun sacrifice n’est de trop pour tirer le Mali du bourbier dans lequel les hautes autorités peinent à l’en sortir. Il n’est pas l’équipe des attentes, mais un attelage transitoire. La transition vers le gouvernement qui prend en compte les groupes armés de la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA), de la Plateforme et certainement d’autres sensibilités devant compter dans la pacification et la stabilisation du pays. 

C’est ce qui expliquerait le charcutage opéré dans les départements ministériels : le ministère des affaires étrangères a été amputé de la Coopération internationale et de l’Intégration africaine. Celui de l’Administration territoriale a été charcuté pour lui enlever la décentralisation ; la Fonction publique a été amputée de la Reformes de l’Etat pour l’ajouter à la décentralisation. Ces changements opérés portent selon certains constats, sur les postes visés par les ex-rebelles, afin de ne leur donner que des coquilles presque vides. Ainsi deux raisons sont évoquées par certaines sources pour expliquer un remaniement inattendu, et presque en catimini.

Car si les Maliens attendaient un remaniement, ce serait celui en profondeur et non le présent trop superficiel. Une raison évoquée est que les deux ministres éjectés étaient sur le point de démissionner au même moment, ce qui serait un coup dur pour le régime. Ainsi on a vu avec la démission de l’ancien Premier ministre Oumar Tatam Ly, comment le pouvoir s’est empressé pour pondre un décret de nomination de son successeur pour donner l’allure d’un limogeage. Alors que Oumar Tatam Ly avait bel et bien envoyé sa lettre de démission au Président IBK. La seconde raison avancée de ce gouvernement de la Tabaski est la préparation improvisée du terrain au futur gouvernement qui prendra en compte les groupes armés.

A cet effet certaines informations font état de visite de membres du gouvernement à Anefis le weekend dernier pour accorder les violons avec les chefs d’orchestres des groupes armés de la Plateformes et de la CMA. Les ministres de la solidarité, de l’Action humanitaire et de la Reconstruction du nord, Hamadoun Konaté, celui de la Décentralisation et de la Reforme de l’Etat Mohamed Ag Erlaf et le ministre de la Défense, Tieman Hubert Coulibaly seraient les émissaires de cette cause.

Selon notre confrère L’Indicateur du Renouveau, « quelques jours après la délégation de la Coordination des mouvements de l’Azawad conduite par Alghabass Ag Intalla, qui a séjourné entre mardi et jeudi derniers à Bamako au cours duquel elle a eu une première réunion avec les leaders de la Plateforme des organisations d’auto-défense et le président de la République, des membres du gouvernement comprenant notamment ministre de la Solidarité, de l’Action humanitaire et de la Reconstruction du Nord, Hamadou Konaté et son collègue de la Décentralisation et de la Réforme de l’État,  Mohamed Ag Erlaf, ont séjourné ce weekend dans les régions du nord.

Après Gao samedi, ils ont tenu hier une réunion  à Anéfis avec une délégation de la Plateforme et des membres de la Coordination des Mouvements de l’Azawad dépêchés de Kidal ». Au-delà de la quête d’une cessation des hostilités, ces rencontres devraient déboucher sur la mouture d’un gouvernement de large ouverture. Ce qui augurerait une entente sur les positions des troupes sur le terrain, ainsi que la reprise des travaux du Comité de suivi dans lequel la CMA avait suspendu sa participation.

B. Daou

Source: Lerepublicainmali

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