Décès du Docteur Seydou Badian: Le Mali , rend un hommage national à celui qui a écrit son hymne national

Décès du Docteur Seydou Badian

Le Mali , rend un hommage national à celui qui a écrit son hymne national

Le Président de la République, Chef de l’Etat, Son Excellence Monsieur Ibrahim Boubacar Keïta, Grand Maître des Ordres nationaux, a décoré cet après-midi du 3 janvier 2019, Docteur Seydou Badian à la médaille de Grand officier de l’Ordre national à titre posthume. C’était au cours de la cérémonie des obsèques nationales, placée sous sa haute présidence sur le boulevard de l’indépendance en hommage à celui-la même qui a fait une œuvre exceptionnelle pour sa Patrie, en écrivant l’hymne national du Mali.

Le Dr Seydou Badian a été rappelé auprès de notre Seigneur, le 28 décembre 2018. Pour l’occasion le Président de la République a décrété , hier mercredi 2 janvier 2018, une journée de deuil national ce jeudi 3 janvier 2019 en son honneur, par le Décret numéro 2019-0002/P-RM du 2 janvier 2019 portant déclaration de deuil national.

Pendant toute cette journée de deuil, les drapeaux étaient en berne.

En arrivant sur le Boulevard de l’Indépendance, le Président de la République, s’est d’abord recueilli sur la dépouille mortelle avant de signer le livre de condoléances ouvert à cette occasion. « Très cher Tonton. Tu nous laisses bien seuls désormais !
Ainsi l’a voulu le Seigneur des Mondes. Au nom de cette Nation, tienne, que tu as toujours servie et chérie, Ton fils veut avec déférence et extrême humilité, te rendre l’hommage et la reconnaissance d’un peuple en deuil mais fier, ô combien d’avoir porté un enfant exceptionnel de ta qualité ! Dors en paix , que la Paix et la Grâce d’Allah soub’Hana Wat’Allah te couvrent pour l’Eternité! Amen Yaraabi » a écrit et signé le Chef de l’État avec beaucoup d’émotion.

L’hommage national a été rendu en présence du Premier Ministre, des Présidents des Institutions de la République, des membres du gouvernement, la Première Dame du Congo Henriette Sassou-Nguesso représentant le Président du Congo, l’Epouse du Président de la République, des proches collaborateurs du Chef de l’Etat, du corps diplomatique, des corps constitués, des plus hautes autorités de l’Etat, des délégations étrangères dont celle du Sénégal, des représentants des organisations nationales et internationales, des représentants de la Famille du défunt, des représentants de la Famille politique du défunt.

Les instants solennels de l’après-midi d’hommage national ont été marqués par les honneurs militaires notamment la marche funèbre avec le corps recouvert du drapeau national, la série de témoignage des proches du défunt, l’oraison funèbre par le Ministre de la Culture par intérim et la présentation des Condoléances de Son Excellence Monsieur Ibrahim Boubacar Keïta, Président de la République, Chef de l’Etat, par Monsieur le Grand Chancelier des Ordres nationaux et enfin la prière rituelle.

A la suite de la prière rituelle, une foule innombrable a suivi le cortège jusqu’au cimetière de Niarela où repose désormais Dr Seydou Badian qui nous a quitté à l’âge de 90 ans.

Depuis son arrivée à la Magistrature Suprême du Mali, à ce jour, le Président de la République, Son Excellence Monsieur Ibrahim Boubacar Keïta, a déclaré deux fois une journée de deuil national pour honorer les personnalités qui ont fait des œuvres exceptionnelles au profit de leur Patrie, notamment, le 16 juin 2018 pour le Professeur Ogobara Doumbo, et aujourd’hui 3 janvier 2018 pour Dr Seydou Badian.

Nous vous proposons ci-dessous l’intégralité des condoléances du Président de la République

CONDOLEANCES DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, CHEF DE L’ETAT, GRAND MAÎTRE DES ORDRES NATIONAUX, A L’OCCASION DU DECES DE MONSIEUR Seydou badian Kouyaté
(jeudi 03 janvier 2019)
*Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, Grand Maître des Ordres nationaux ;
*Monsieur le Premier ministre Chef du Gouvernement ;
*Madame et Messieurs les Présidents des Institutions de la République ;
*Madame la Première Dame de la République du Congo, représentant son Excellence Denis Sassou NGuesso, Président de la République du Congo ;
*Monsieur le Chef de la délégation guinéenne, représentant son Excellence le Professeur Alpha Condé, président de la République sœur de Guinée ;
*Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement ;


*Messieurs les anciens Premiers ministres ;
Distinguées Personnalités en vos titres, rangs et qualités tout protocole observé ;
-Mesdames, Messieurs ;
Paix et Salut sur cette assistance, ainsi que la Miséricorde de Dieu et Ses bénédictions.

’’Allah(SWT) a dit s’agissant des mortels :’’Puis, quand leur terme vient, ils ne peuvent ni le retarder d’une (1) heure, ni l’avancer’’ Sourate 16, verset 61 du Saint Coran.

Nous voici une fois de plus amèrement confronté à cette vérité divine face à laquelle tout est vain et inutile vanité. La mort, puisqu’il faut bien la nommer, vient de plonger dans l’effroi le peuple malien tout entier ; elle a endeuillé cette fin d’année 2018 et nous fait commencer l’année 2019, que nous espérions plus sereine, parce qu’annonciatrice de lendemains meilleurs pour notre pays, avec beaucoup de frustration. C’est là que ces propos de Vladimir Jankélévitch prennent tout leur sens : ‘’Quand on pense à quel point la mort est familière et combien totale est notre ignorance, et qu’il n’y a jamais eu de fuite, on doit avouer que le secret est bien gardé’’.

Il était bien gardé par l’Omniscient, le moment fatidique de notre séparation, d’avec l’un des derniers survivants de l’âpre lutte pour l’indépendance du Mali ; de celui qui nous avait fait faire le serment de réussir l’Unité de l’Afrique, de faire le Mali un et indivisible, d’aller de l’Avant même s’il faut notre sang… Oui, nous sommes pris de court, parce qu’humain donc mortel, par la mort de notre père, de celui qui nous demandait d’être des héros sur les chantiers, dans les usines, dans les bureaux et de dire oui aux sacrifices pour un meilleur devenir du Mali. Elle nous était cachée l’absence ce matin, de celui qui m’a fait chanter la main sur le cœur, que pour ‘’la prospérité du Mali, fidèle à son destin, nous serons tous unis ! ‘’ Et qui m’avait aussi préparé aux rudes batailles pour obtenir le graal en me disant, le regard fixe et le port altier, que ‘’La voie est dure, très dure, qui mène au bonheur commun, et qu’il fallait du courage, du dévouement mais surtout de la vigilance à tout moment, car le bonheur du Mali de demain, se fera par le labeur…’’
Il ne sera plus là Seydou Badian KOUYATE, pour nous faire l’exégèse de ‘’Sous l’orage’’ ou de ‘’Sang des masques’’. Le franc parler du médecin manquera sûrement à toute cette jeunesse assoiffée de connaissance, surtout de sa glorieuse histoire. La grande faucheuse hélas est passée par là, arrachant à notre affection l’un des plus grands panafricanistes qui, de Montpellier à Bamako en passant par Paris ou Dakar, a toujours placé la jeunesse et l’Afrique au cœur de son combat, parce que pour lui, cette jeunesse, c’est la plus grande espérance pour l’Afrique ; et l’Afrique, c’est l’espoir du monde.
Le verbe haut perché, avec le franc-parler qui le caractérisait, le Docteur Seydou Badian laissera à la postérité une œuvre littéraire féconde, puisant sa force dans le terroir et dans la culture profonde de ce Mali qu’il adorait et plaçait au dessus de tout ; mettant à son service son talent de planificateur, sa grande capacité d’écoute et de persuasion. L’espoir en un Mali prospère dans une radieuse Afrique, notre père l’avait chevillé au corps : c’était une conviction viscérale, qu’il faisait partager à tous ses interlocuteurs. Point n’était besoin de passer son temps à se lamenter des vicissitudes de l’histoire et du lot de malheur et de difficultés qui fut le viatique de notre peuple ; il nous a enseigné à espérer, à nous battre pour gagner la bataille du souvenir et la bataille de l’Avenir pour le Mali et pour l’Afrique. En cela, il rejoint Lao Tseu qui nous disait que ’’Mieux vaut allumer une bougie que maudire les ténèbres.’’

En ces instants pleins de solennité et d’émotion, le Peuple malien à travers la première de ses Institutions, le Président de la République, son Excellence Ibrahim Boubacar KEITA, Chef de l’Etat, Grand Maître des Ordres nationaux, vient d’exprimer au défunt et à toute sa famille, sa reconnaissance et sa gratitude en l’élevant à la dignité de Grand Officier de l’Ordre national du Mali à titre posthume. ’’La reconnaissance est un devoir, non seulement à l’égard de nos parents qui sont nos premiers et nos plus grands bienfaiteurs, mais aussi à l’égard de tous ceux qui nous ont fait du bien. On se couvre d’ignominie quand on y manque.’’ Cette vérité de Jean Baptiste Blanchard, qui est aussi un trait de notre culture multiséculaire trouve par là son illustration.

Puisse Allah (SWT) donner force et piété à votre famille, à vos proches et à tous ceux qui en ce triste après-midi, vous regardent vous éloigner, pour l’implorer afin que les portes du Paradis soient grandement ouvertes pour vous accueillir.
Au nom de Son Excellence Monsieur le Président de la République, Grand Maître des Ordres Nationaux, au nom des membres du Conseil des Ordres Nationaux et à mon nom propre je présente à la famille, aux Parents, Amis, Collègues et Collaborateurs de l’illustre disparu, à tout le monde de la Culture mes condoléances les plus attristées.

‘’Ensemble au coude à coude, Faisons le chantier du bonheur Ensemble, debout mes frères, Tous au rendez-vous de l’honneur’’
Que la Terre vous soit légère, AMEN !

Mesdames et Messieurs nous vous prions de bien vouloir vous lever s’il vous plaît. AUX MORTS !

Je vous remercie.

Présidence de la République du Mali
Madou’s Camara
Crédits photographies CcomPRM – Madou’s –
Source: koulouba.com
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