De Fankélé Diarra à Manassa Danioko : Ces femmes dans les instances de décisions

Le combat pour l’accession des femmes maliennes aux postes de responsabilités a sonné en même temps que la Révolution du 26 mars 91. Depuis, société civile, organisations non gouvernementales et pouvoirs publics, tous, œuvrent pour une meilleure représentativité des femmes aux instances de décisions.

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Certes, aujourd’hui, il y a des acquis ; car, on retrouve des femmes dans tous les rouages de l’administration et des secteurs productifs; mais, il n’en demeure pas moins que nos mères et sœurs restent toujours sous-représentées au haut niveau. Et, pour preuve, actuellement, l’Assemblée nationale ne compte que 14 femmes sur 147 Députés. Et, elles sont 8 femmes sur les 34 Ministres du gouvernement. Sur les 8 institutions de la République, seulement une est présidée par une femme, Mme Manassa Danioko. C’est la Cour Constitutionnelle. Des avancées significatives avec des mesures salutaires dont la Loi N°2015-052 du 18 décembre 2015 « instituant des mesures pour promouvoir le genre dans l’accès aux fonctions nominatives et électives ». En 2012, pour la première fois, le Mali a eu une femme au poste de Premier Ministre, en l’occurrence Mme Cissé Mariam Kaïdama Sidibé. Tout récemment, il y a eu aussi la nomination de la Commissaire de police Mme Amy Kane comme Gouverneur du District de Bamako. Donc, il y a eu des progrès remarquables, ces dix dernières années, en ce qui concerne la représentativité des femmes dans les instances de décisions ; mais aussi des défis énormes sont à relever encore.

En effet, au Mali, les femmes constituent plus de la moitié de la population (51%) et elles jouent un rôle capital dans l’économie malienne. Elles dominent les secteurs de l’artisanat et du commerce, et jouent un rôle non négligeable dans ceux de l’éducation, de la santé et du bien-être familial. D’où la volonté politique d’assurer leur promotion et de lutter contre toutes formes de discriminations à leur égard. Toutes choses qui justifient la création, en 1997, du Ministère de la Promotion de la Femme de l’Enfant et de la Famille. Ce département se débat pour l’amélioration de la condition de la femme malienne, au même titre que les nombreuses ONG créées dans ce sens depuis l’avènement de la démocratie pluraliste. Le combat est particulièrement orienté sur la représentativité des femmes au niveau des instances de prise de décisions et des postes électifs et nominatifs. Reconnaissons-le, beaucoup a été fait dans ce cadre. Ainsi, il n’y a quasiment aucun secteur de l’administration ou politique où on ne retrouve aujourd’hui pas de femmes. Mais les défis restent énormes.

Rappelons que depuis 2010, le Mali a fait le pari de construire une société démocratique, d’accélérer sa croissance économique, de réduire la pauvreté et d’améliorer le bien-être de la population.

Pour relever ces défis, le Gouvernement a décidé de mettre en œuvre des actions tendant à rehausser tous les indicateurs sociaux et le niveau de développement humain et économique. La Politique nationale genre (PNG-Mali) s’inscrit dans ce cadre. Elle, cette politique, engage l’Etat avec toute la société notamment à promouvoir l’accès et la jouissance par les femmes et les hommes, de leurs droits fondamentaux ; à développer un capital humain d’hommes et de femmes aptes à affronter les défis du développement ; à mettre en œuvre les actions de communication pour le changement de comportements et de mentalités ; à prendre en compte le genre comme principe de bonne gouvernance dans les politiques publiques, programmes, projets ainsi que dans les budgets.

La lutte pour l’émancipation de la femme a commencé depuis l’Indépendance. Pour rappel, elles étaient au nombre de 31 femmes à être médaillées d’Or de l’Indépendance en 1965. Ainsi, la première femme Médaillée d’Or fut Mme Fankélé Diarra ; la première femme Chevalier de l’Ordre national a été Mme Rossi Odette Ouattara.

Mme Diallo Pauline, sage femme, ancienne Ministre de la Santé, fut la première femme décorée Officier de l’Ordre national du Mali.

Mme Inna Sissoko, à l’époque Secrétaire aux Affaires sociales, fut la première femme Commandeur, et également la première femme décorée Grand Officier.

Salimata Fofana: LE COMBAT

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