Coup de balai républicain à Kati : IBK prend ses « galons » de chef de l’Etat

Kati ne fera plus peur Koulouba et Kidal se pliera aux ordres de Koulouba. Chose promise chose faite. Avec Ibrahim Boubacar Keita : rien ne sera comme avant ! Notre pays a maintenant un vrai père de la nation. Le coup d’envoi pardon le coup de balai a été donné la semaine dernière à Kati avec l’arrestation des soldats abrutis opposés à leur hiérarchie. De l’obligation d’hériter aussi bien de l’actif que du passif. IBK lance un message fort aux enfants gâtés de la Républiques.

IBK

IBK prend ses « galons » de chef de l’Etat. Gouverner c’est prévoir, mais c’est aussi planifier et organiser de manière méthodique. Il va  falloir donc se départir définitivement de ce semblant de confort douillet qui consiste à se contenter du nivellement des valeurs vers le bas et qui n’est, en réalité, que le  refuge des dirigeants médiocres, illégitimes et incapables de s’élever pour assumer leurs responsabilités.

A l’image de la majorité des jeunes maliens, les jeunes militaires sont victimes d’un manque d’éducation de base, d’un défaut de formation scolaire de qualité, mais surtout d’une absence de formation militaire sérieuse. Autant de manquements qui ont fini de faire de l’ignorance et de l’inculture les tares les mieux partagées dans le Mali moderne dont la direction a été confiée au Président IBK, le soir du 11 Août 2013. En réalité, c’est de ces maliens-là dont vous avez hérité en très grand nombre.

Cette situation de réel déficit en ressources humaines essentielles de qualité a l’inconvénient de produire des citoyens intellectuellement handicapés et moralement déficients à tous les niveaux de la société. Seulement, ce qui est regrettable, mais tolérable parce que moins visible dans les secteurs d’activités tenus par des civils, devient inacceptable et dangereux dans les institutions aux mains d’hommes et de femmes en armes. Mais  la nature ayant horreur du vide, toute société ayant les institutions qu’elle mérite, les forces de défense et de sécurité n’ont pu échapper à leur « colonisation » par des têtes brûlées qui n’ont aucune notion du bon sens, encore moins de la cohérence ou de la responsabilité. Ce déficit de capacité d’analyse fait qu’ils se trompent souvent d’époque, de combat et plus grave encore, de Commandant en chef. Autrement, ils seraient tous entrés dans les rangs depuis votre plébiscite qu’ils appelaient pourtant de tous leurs vœux (même s’ils n’étaient pas là aussi dans leur rôle)

 

Le monopole de la violence appartient à l’Etat et à lui seul

Au-delà de la décision salutaire de l’Etat de marquer son territoire en mettant, de manière ferme et souveraine, un terme aux actions spectaculaires, irresponsables et dangereux de quelques soldats abrutis, malgré eux, de Kati, il urge de s’attaquer de front aux effets d’un véritable retard mental qu’il va falloir résorber pour espèrer doter le Mali, non pas seulement de soldats dignes et professionnels, mais aussi de citoyens patriotes et préparés sur lesquels la République et la nation pourront légitimement compter en toutes circonstances.

 

Les soldats du Mali : Faut-il les radier, les brûler ou les réparer ?

Il ne sert à rien de bander, à tout va, des muscles trop longtemps atrophiés (institutions déliquescentes de l’Etat, corruption endémique dans la chaîne de commandement, recrutements de complaisance) pour gérer des soldats armés jusqu’aux dents, longtemps clochardisés par des conditions de vie  structurellement désastreuses dans un environnement sahélien gangréné par la drogue, le trafic d’armes et la pauvreté, et profondément traumatisés par l’unique sort qui leur a toujours été réservé, celui de « suicidaires involontaires » pour gagner quelques sous dans l’armée, dont le « sacrifice » suprême n’est subi que par leurs familles respectives, tandis qu’il est ignoré des hommes et interdit par Dieu. Ils vivent depuis leur enrôlement et toute leur vie durant, sous les drapeaux, avec les souvenirs douloureux de la fin atroce subie par nombre de leurs frères d’armes et dans la psychose d’une mort prochaine et certaine au front, s’ils n’ont pas la chance d’être apparentés à une « autorité » militaire ou gouvernementale ou d’être les rejetons d’hommes riches qui paieront contre leur présence au front. Ce sont ces soldats qui remplissent les casernes maliennes, frustrés de ne pouvoir compter sur un Etat irresponsable toujours prêt à les envoyer, sans aucune formation et sans le moindre équipement de protection, à l’échafaud des théâtres des opérations. Ces soldats meurent dans l’anonymat le plus total, dans le dénuement le plus complet, sans que personne ne soit au courant, ni le peuple au nom et au service duquel ils sont morts, ni leurs familles qui se rendront à l’évidence après de longs moments anormaux de silence ou une absence trop  inhabituellement prolongée. Voilà le sort longtemps réservé à ces soldats qui vivent dans la peur de devoir dépendre des mêmes dirigeants et du même Etat plus  tortionnaires que protecteurs. Ces soldats ne rateront aucune occasion de se faire  entendre pour ne pas retomber dans l’oubli et le mépris dans lesquels ils furent longtemps confinés, au grand dam de leurs familles qui seront les seules à en pâtir. Ces soldats-là n’ont en réalité pas besoin des  galons et des promotions qu’ils réclament, mais du changement de situation que ces grades induisent tout de suite pour eux et pour leurs familles une fois dans leur tombe commune déjà creusée.

 

Envoyer des sociologues, des psychologues, des psychiatres et des historiens dans les casernes

Ils vivent de réels traumatismes dont il faudra les guérir. Après les effets de l’action musclée des forces républicaines qu’il convient de saluer pour les résultats immédiats obtenus du point de vue de la crédibilité renforcée du Président de la République et de l’affirmation de la souveraineté de l’Etat, c’est avec un cerveau qu’il faudra gérer ce genre de situation qui est la conséquence des actes posés durant presque deux décennies par un Etat absent, méprisant et clochardisant. Il faut être capable de les rassurer sur leurs conditions de vie et  d’exercice de leur mission indispensable et noble de défense et de sécurisation de la  nation et des institutions de l’Etat, les motiver par rapport à leur formation de  militaires qui ne doit souffrir d’aucune improvisation et d’aucun amateurisme, les tranquilliser par rapport à la situation de leurs familles en cas de décès ou de fin légale de service. Ces soldats ont besoin de sentir que « rien ne sera plus comme avant ». Ce ne sont pas seulement des paroles qui viendront à bout de ces nombreuses difficultés exposées et longtemps vécues, mais une certaine posture de chef et de père de famille de la part du Président de la République et des actes forts, constants et cohérents pour les corroborer. Monsieur le Président, vos soldats sont au garde-à-vous et prêts à servir la nation avec bravoure, honneur et dignité. Depuis son élection à la tête du pays le Général Sanogo et ses fidèles lieutenants ont pris le devant en se mettant à la disposition entière du nouveau Président de la République IBK.

 

Mais ils restent inquiets pour avoir trop longtemps subi les affres d’un Etat déliquescent; il vous appartient, vous le commandant en chef, d’en faire ce qu’il faut qu’ils soient.

 

Comme il n’est pas possible ni d’importer ni de louer des soldats, encore moins des citoyens, il convient alors d’adresser cette urgente question avec responsabilité, célérité et hauteur. Cela doit être un des piliers majeurs de la stratégie globale de redressement du Mali écroulé sur la réussite de laquelle les populations fondent un réel espoir, pour ce premier quinquennat du Président IBK. Vivement la création d’une armée nation au Mali pour mieux sauvegarder l’image et la dignité des maliens.

 

AliouBadaraDiarra

Source: L’Enquêteur

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