Meeting de la PCC en commune I : « la corruption est en train de nous tuer »

Après l’hommage à l’hymne national et une minute de silence, le décor a été vite planté, vendredi dernier, devant la Mairie de la commune I du district de Bamako. La Plateforme contre la Corruption et le Chômage (PCC) était venue manifester contre la corruption instaurée par tout un réseau sur la distribution de la carte NINA. En fait, le phénomène s’est amplifié, génère beaucoup d’argent pour les fraudeurs et les témoignages sont accablants.

 

Lassana Mody, membre de la PCC a fustigé des agents de l’Etat, qui, « non    seulement touchent leurs salaires, mais, aussi, empochent d’autres sous du contribuable malien. » Il a aussitôt indexé les fraudeurs de la carte NINA et des fiches individuelles. Devant la mairie de la commune I,  les témoignages ont été nombreux. Le chef de quartier, l’imam, les communicateurs traditionnels, les  représentants d’associations de femmes de la commune I, les commerçants, des victimes des transactions malhonnêtes, ont tous dénoncé ces pratiques. « Ils ont été tous unanimes à dire : « la corruption est en train de nous tuer »Fadiala Kéita, cadre d’une ONG est remonté jusqu’au RAVEC, pour signaler les dysfonctionnements qui entrainent les mauvaises pratiques dans la distribution des cartes NINA. Un journaliste qui a perdu sa carte NINA en 2014, en commune III, a expliqué que jusqu’à présent, il n’arrive pas récupérer sa carte, alors qu’il a effectué le parcours de tout le circuit qui lui a été notifié. L’argent est devenu la monnaie d’échange pour obtenir cette précieuse carte. En effet, Clément Dembélé a souligné, que selon des témoignages provenant des Maliens de l’extérieur, on paie entre 250 et 1 million de FCFA, pour avoir sa carte NINA. Au Mali, en l’occurrence, en commune I, il faut payer 25.000 Fcfa pour l’avoir. Pour Clément Dembélé, il s’agit de réclamer ses droits constitutionnels : « Ce ne sont pas les Maliens qui ont demandé la carte NINA, c’est l’Etat malien qui exige la carte NINA, nous demandons à l’Etat malien d’accomplir son devoir et de nous donner la carte NINA. » Il s’agit de mettre le citoyen dans son droit civique. La PCC va réclamer ces droits en revenant vendredi prochain, mais cette fois, le matin, pour assister à la distribution de la carte NINA, à la mairie de la commune I. le 26 octobre prochain, a annoncé Clément Dembélé, ,un grand meeting sera organisé pour dénoncer, notamment, l’absence de transparence financière à l’INPS, au Trésor public, aux directions des impôts. « Il faut qu’on nous dise, a martelé Clément Dembélé, ce que la CMDT fait de l’argent des paysans, où va l’argent des péages… les dénonciations seront nombreuses. « Il faut qu’on arrête de penser au Mali qu’un ministre peut voler, qu’un député peut voler qu’un cadre supérieur peut voler, dans l’impunité,  qu’un magistrat peut construire une maison de 200 millions. C’est un mensonge d’Etat, leur place se trouve en prison. » a déclaré le président de la PCC.

B.D.

Canard Déchaîne

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