Mamadou Sinsy Coulibaly, président du Conseil National du Patronat du Mal : « Contrairement à ce que certains disent, je n’ai jamais serré la main de Tapily… »

Dans sa croisade contre la corruption au Mali, le président du Conseil National du Patronat du Mali (CNPM), Mamadou Sinsy Coulibaly, accompagné de Pr Clément Dembélé, s’est rendu le samedi 18 mai 2019, au siège du Groupement des Commerçants du Mali sis à Quinzambougou. Il a été reçu par le président du Groupement des commerçants du Mali, Soya Golfa et son équipe. L’ordre du jour a porté sur un seul point : la lutte contre la corruption dont les premières victimes sont les commerçants depuis la première République par la faute des agents véreux de l’administration malienne. Mamadou Sinsy Coulibaly est allé droit au but en demandant à ses camarades de soutenir cette lutte pour sauver le Mali au risque de voir , dit-il, les entreprises maliennes mettre les clés sous les paillassons en 2025 à cause de la faillite.

Le combat  de  la lutte  contre  la  corruption que  je mène, dit Sinsy,  n’est pas un combat à moi seul. Je ne saurais le réussir seul. C’est  le combat  de tout  les Maliens,  du  secteur  privé,  de l’Etat,  de la  société  civile, du  vendeur  de Banane, de tous.  Contrairement à ce que  certains  disent, dit Coulibaly,  il n’y a rien  entre moi et Nouhoum Tapily. « Je n’ai jamais  serré  la main de Tapily, je me suis jamais assis en face de lui à plus forte  raison de le  rencontrer. Ce n’est pas un  combat contre Tapily ou un combat de Mamadou Sinsy  Coulibaly  contre Goita ou Youssouf, mais c’est un combat  contre un  système  instauré  au Mali  depuis la  première République , et  qui a  évolué  différemment, devenu pire  aujourd’hui. Pour  réussir  ce  combat, nous  devons  être  ensemble, montrer  aux  dirigeants  du  pays que nous  sommes  un et  indivisible,  qu’on est solidaire. C’est  la raison  de notre  présence  chez  vous  ce soir. Il faut qu’on cesse  d’obliger  les gens à corrompre  pour que leur papier,  affaires  soient réglés  dans les  services », a déclaré Sinsy.

Pour  nous  aider dans cette lutte, souligne  le président  du CNPM, nous pensons que le nouveau ministre  de la  justice connu pour sa droiture, pourrait nous aider  à lutter contre la  corruption, en assainissant  la justice. « Si la justice est assainie, beaucoup de choses concernant la corruption prendront fin. Car, c’est  avoir une bonne justice qu’est difficile dans la lutte contre la corruption. Tant qu’on n’a pas une bonne justice, ce sera difficile. Si on veut sauver nos argents, apprendre à nos enfants  un bon travail, la lutte contre la corruption nous  est imposés. Il faut qu’on le fasse, car une question de survie.  Si on ne le  fait pas, nous allons tous disparaitre comme ont montré  les études  d’ici 2025. Car l’argent  est de plus  en plus concentré  entre les mains  de quelques personnes  seulement. Si on ne prend garde, la guerre civile viendra dans ce pays, alors  qu’on n’a rien en France, ou en Amérique. Nous avons  tout investi  ici. Ceux qui  ont des comptes  à New York, des appartements en France,  partiront  nous laisser nous entretuer ici. Et quand  on va terminer, ils vont revenir », a prévenu M.S Coulibaly

Selon  le  président  du  Groupement  des commerçants, Soya  Golfa, le combat  que Mamadou Sinsy a commencé  contre la  corruption  est  le combat du secteur privé. Car, dit-il, de l’Indépendance à aujourd’hui, aucun  secteur  du Mali  n’a  été  épargné   par ce système imposé par  des agents  véreux  sur nous. « Le pays  n’a pu se développer,  des  décisions injustes  sont prises. C’est  difficile  de travailler au Mali. Et  pourtant  après  la disparition  du franc malien, toutes les sociétés étrangères  industrielles  qui étaient  au Mali sont parties. La SOMIEX  qui a pris le relais  est allée en faillite à cause  de  la corruption. Depuis  c’est  les  commerçants  qui  sont  restés  avec  le pays , mais le  hic  est  que  nous n’avons  connu   que des souffrances. Quelqu’un  se lève pour  lutter  contre  ce fléau, si  nous  ne soutenons  pas  ce dernier, qui d’autres allons  nous soutenir », a indiqué Soya Golfa.

Pour sa part, le Pr  Clément Dembélé, président  de la plateforme de la lutte contre la corruption, a indiqué qu’au Mali, on est  arrivé à  un niveau  aujourd’hui  ou il faut s’unir pour trouver une solution à la corruption. Selon  le rapport de la Fondation Friedrich Herbert du mois dernier, et des chiffres  de Afro baromètre, explique M. Dembélé, on voit  43%  des  opérateurs  économiques  sont obligés par certains  agents  de l’Etat  de donner de pot  de vin pour  faciliter  le traitement  de leurs dossiers et autres. En regardant de près  le même rapport, il ressort que 2025  trouvera  que 83% les commerçants  fermeront  boutique à cause  de la corruption. Il est  temps  qu’on  sache que ce pays ne peut se  développer sans  le  secteur privé. Pour y faire face, on doit  se  regrouper et  se battre  contre ce fléau. Aucun régime n’est  venu depuis Modibo Kéita qui n’a pas  combattu  les commerçants. C’est donc plus le combat du secteur privé, car si le Mali  est détruit  aujourd’hui, les premières  conséquences  toucheront vous les commerçants.

Hadama B. Fofana

Source: Le Républicain

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