Disparition de 25 millions à l’ANASER : La directrice sur le gril

Avec ou sans foulard, la tête de l’actuelle directrice générale de l’Agence Nationale pour la Sécurité Routière (ANASER) est mise à prix dans l’affaire dite des 25 Millions F CFA disparus entre les mains du régisseur de la dite agence entre l’ECOBANK et la direction de l’ANASER. De nombreux détails confondent non seulement le régisseur, le chauffeur (écroués) et l’actuelle directrice de l’ANASER, Assa Sylla.

 

Agence Nationale  sécurité routière (ANASER) disparition argent
DG Anaser

Un milliard cinq cent mille (1 500 000 francs CFA), tel est le budget annuel de cette agence rattachée au Ministère des Transports et de l’Equipement. Une agence chargée de la promotion de la sécurité routière, qui vit grâce à l’apport du contribuable malien. Notamment, les 2 500 F CFA  perçus sur chaque opération de visite technique des véhicules à usage de consommation sur le territoire malien. Cependant, la facilité par laquelle cette agence fut créée sous ATT, c’est par la même légèreté qu’elle continue d’être gérée. Pour s’en rendre compte, lisez cette affaire rocambolesque de perte de 25 Millions entre les mains du régisseur sur le court trajet menant du siège de l’ECOBANK, à  la direction de l’ANASER à l’ACI. Une histoire à dormir debout. Propre à un film d’action américain, scénarisé à Bamako.

 

 

Vendredi 20 décembre, le régisseur de l’ANASER du nom de Abba Kassoum Touré s’est rendu à une banque de la place, ECOBANK, agence principale, pour retirer sur le compte de l’ANASER, une somme de plus de 25 Millions, servant au financement d’une formation à l’endroit des enseignants de Sikasso, Ségou et Koulikoro. Que la cérémonie de lancement aura été présidée par le ministre de l’Education le 23 décembre 2013.

 

 

Tout se serait bien passé si le régisseur concerné en compagnie du chauffeur Mahamadou Touré n’avait annoncé avoir été victime d’un vol de la totalité des sous en cours de route.

Selon nos sources, c’est en ce moment que la directrice est entrée dans la danse. Tout d’abord en informant son ministre de tutelle, d’un acte de ‘’braquage’’ perpétré contre son régisseur. Ensuite en instruisant à un commissaire principal de police en service à l’ANASER de déposer une déclaration de perte d’argent au commissariat du 2ème arrondissement, territorialement compétent. Avec cette démarche, la patronne de l’ANASER pensait avoir bouclé son devoir de directrice légaliste. Surtout qu’elle fera un bonus, en ordonna au régisseur concerné de rester deux nuits durant dans les locaux de l’ANASER. C’était sans compter sur la perspicacité des limiers du 2ème arrondissement, autrement appelé ‘’Poudrière’’. Ainsi, sous la conduite du commissaire Guindo dudit commissariat, après auditions, constats et recoupements une enquête pointue fut ouverte. Au cours de laquelle, le régisseur dira dans sa déposition que le vendredi 20 janvier, après avoir effectué toutes les opérations bancaires que le véhicule dans lequel lui et son chauffeur étaient aurait eu une crevaison du pneu de sa roue arrière droite. Plus précisément au niveau du site servant de chantier pour la réalisation des nouvelles voies de la cité ministérielle, environ 50 mètres seulement après la banque BIM, sur la route de Djikoroni. Que c’est lorsque lui et son chauffeur s’affairaient à changer le pneu crevé, sur lequel deux sandales neuves (Babi) avec des pointes étaient accolées, un voleur aurait profité pour piquer le sac contenant les 25 Millions de l’ANASER. Facile, dirait-on.

 

 

Un probable scénario monté de toutes pièces

Certes en un moment, comme raconté par le régisseur, cette nouvelle forme de banditisme était présente à Bamako, surtout au niveau de la BNDA de l’ACI 2000, mais depuis que certains cas ont été démantelés, suivis de l’arrestation de leurs auteurs, les usagers des banques maliennes daignent toujours vérifier les roues de leur engin avant de démarrer, surtout lorsqu’on est en possession d’une importante somme, comme celle du cas du régisseur de l’ANASER.

 

 

Ensuite, ce qui est marrant est que directement après cet acte, un animateur bien connu d’une radio de la place, lors de son émission de revue de presse matinale, avait eu pour mission de s’appesantir sur cette forme de banditisme en cours à Bamako. Ainsi après son émission, cet animateur, se rendait directement dans le bureau de la directrice de l’ANASER. Pourquoi ?

 

 

Enfin, toujours par rapport à la déposition du régisseur, lorsqu’il affirme que c’est la roue arrière droite du véhicule qui a été crevée et échangée. Dans cette hypothèse le coté gauche du véhicule sera du versant droit de la route de Djikoroni menant aux multiples-échangeurs, une voie permanemment animée avec une circulation couramment dense. Dans cette hypothèse, quel voleur osera ouvrir la portière de ce coté, sans gêner la circulation ou se faire remarquer par les passants ? Il y’a vraiment du diable dans les détails.

 

Mais, la police semble détenir le bon bout, car après les auditions respectives, le régisseur, Abba Kassoum Touré et son chauffeur, Mahamadou ont été mis en garde à vue depuis le 21 décembre 2013.

 

Panique chez la directrice générale !

Dans une affaire où elle doit faire preuve de sévérité pour établir la lumière afin de redorer le blason de son agence, tant décriée de nos jours par l’opinion publique nationale, la directrice générale de l’ANASER, Mme Assa Sylla joue plutôt au pompier à la faveur de son régisseur. Ainsi, contre toute attente elle s’est battue comme une ‘’belle diablesse’’ auprès du commissariat de police de la ‘’Poudrière’’ afin d’obtenir la libération du régisseur Touré, pour besoin de service. Il s’agissait, peut être, du décaissement d’un autre fonds afin de compenser les  25 Millions disparus entre l’ECOBANK et l’ANASER. Face à la puissance d’action de Mme la directrice et ses acolytes, le commissariat du 2ème arrondissement n’a pas eu le contrepoids nécessaire  afin de ne pas se plier. Mais est resté sur le dossier, avec des investigations pointues, au point d’amener encore la directrice à formuler une demande auprès du procureur du Tribunal de Première Instance de la Commune III afin de dessaisir la police de cette affaire pour la confier à la gendarmerie nationale. Mine de rien, le procureur de la République près du TPI de la CIII n’a pas voulu accéder à de telle demande, avant d’ordonner à l’officier de la police judiciaire de la ‘’Poudrière’’ de procéder à l’arrestation du duo Touré de l’ANASER. Qui sont tous écroués de nos jours au niveau du commissariat du 2ème arrondissement.

 

 

Entre temps, la directrice Assa Sylla aurait à son tour porté plainte d’abord contre X, avant de revoir sa copie pour maintenant porter plainte contre le régisseur.

 

Au niveau de l’ANASER, elle a mis les bouchées doubles. Lorsque nous nous sommes rendus sur place le vendredi dernier pour des recoupements, notre premier interlocuteur n’a pas été tendre avec nous : « Si vous êtes de la presse, je vous conseille de retourner là où vous êtes venus. Car Madame a fait interdiction à toute personne de piper mot sur cette affaire à la presse, c’est pourquoi dès le début elle a gardé dans les locaux, le régisseur concerné. Aussi, elle a signalé aux contractuels qu’ils risquent leur carrière en cas de faute grave conduisant à la fermeture de cette agence, sinon qu’elle n’a rien à perdre en tant que fonctionnaire d’Etat ». Ce qui est vrai, sauf que l’actuelle directrice générale serait une intégrée de la décision de l’an 2010 à la fonction publique, sinon ce n’est ni par concours qu’elle a accédé au titre qu’elle dont elle se prévaut, selon nos sources.

 

 

Une autre dame à la direction de l’ANASER, nous a clairement affirmé que même interdiction aura été faite à tout personnel d’être vu en compagnie d’un documentaliste de la boîte, se trouvant à la direction annexe, pour la simple raison que la directrice le soupçonne d’être en connivence avec les services de la sécurité d’Etat (SE).

D’autres détails encore plus poignants les uns que les autres confondent à plus d’un titre, l’actuelle directrice générale de l’ANASER dans cette affaire. Si au niveau de la Police toute affaire pendante devant la justice est couverte du sceau de confidentialité. Votre ‘’bi-hedo préféré’’ a percé certains mystères.

Gardez seulement le contact.

 

Moustapha Diawara

 

SOURCE: Tjikan
Vous aimez nos articles, suivez-nous

Articles similaires.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *