Chronique du vendredi : L’opposition et le Rpm piégés par la motion de censure

Bravo ! L’opposition a bien bossé pour le Premier ministre Moussa Mara à l’Assemblée nationale. C’est le moins que l’on puisse dire après le rejet de la motion de censure initiée par un groupe de dix députés de l’opposition. Comme il fallait s’y attendre, cette motion de censure a eu le sort qu’il mérité : il a subi l’implacable loi de la majorité mécanique qui a affirmé qu’elle fait bloc derrière le Premier ministre Moussa Mara et s’engage à en assumer toutes les conséquences.

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Comme lorsque deux tourtereaux s’apprêtent à convoler en justes noces et se trouvent devant le maire que fut Moussa Mara, la majorité présidentielle diverse et variée s’engage avec le Premier ministre pour le meilleur comme pour le pire. Mais il faut leur souhaiter le meilleur car si jamais il y avait le pire, c’est-à-dire un échec patent, le Premier ministre serait vraiment seul et comprendrait en ce moment que la parole d’un politicien, surtout au Mali, ne vaut que pour celui qui se hasarde à en tenir compte.

En effet, jusque chez les députés, on accepte fièrement que la transhumance, propre aux animaux toujours à la recherche d’un pâturage plus vert pour y brouter de l’herbe tendre, soit une chose normale et acceptée. Parce que dans ce pays, il n’y a pas de coalition véritable, mais des combines politiciennes pour gérer des intérêts immédiats. La classe politique est donc comme une pieuvre à la tête du pays pour étouffer tout le monde avec ses longs tentacules. Fôkura !

Mais pour en revenir à la motion de censure, disons haut et fort qu’elle s’est avérée inopportune. D’abord, parce qu’elle n’avait aucune chance de passer. Ensuite parce qu’elle devait survenir bien après le travail de la commission d’enquête parlementaire sur les événements de Kidal, pour espérer embarquer des députés de la mouvance présidentielle, si jamais il y avait des griefs contre le gouvernement, comme on le soupçonne. C’est vrai que dans ce cas, il allait être difficile pour les députés de se dédire.

Mais lorsque le vin est tiré, il faut le boire jusqu’à la lie. En d’autres termes, il convient maintenant de tirer les conséquences de cette démarche maladroite de l’opposition. Si les SoumaïlaCissé, Mody N’Diaye et consorts pensaient en tirer un gain politique, sachant bien que la machine de vote automatique de la majorité allait entrer en activité, leur tentative a tourné au flop parce qu’ils ont donné l’occasion à un Premier ministre déjà affaibli par une succession de scandales et guetté par des snipers tapis dans les rangs du parti au pouvoir, de rebondir et de provoquer une union sacrée autour de sa personne.

Certaines réalités de l’Assemblée nationale, comme la répartition inéquitable des temps de parole, ne contribuent pas à faciliter une bonne expression plurielle dans l’Hémicycle. Naturellement, la majorité use et abuse de son immense temps de parole, l’utilisant même au besoin pour se livrer à des attaques crypto personnelles, allant jusqu’à confondre Soumi avec le régime ATT. Oubli volontaire ou amnésie ?

Les membres de la majorité présidentielle doivent se garder de faire référence au passé des hommes politiques parce que leur champion, IBK, est le plus titré à ce niveau. Et si passé politique rime avec le mal…

De toute façon, les encagoulés du Rpm, le parti du président de la République, auront désormais beaucoup de mal à réclamer un Premier ministre issu de leurs rangs, après avoir affirmé publiquement leur soutien indéfectible à Moussa Mara, sorti gagnant de ce face à face avec les députés que les populations ne suivaient finalement plus pour se concentrer sur les matches diffusés à la télé, coupe du monde oblige !

Baba Diarra

Source: Zénith Balé

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