Cheick Modibo Diarra charge Sanogo et des politiciens

L’ex-Premier ministre du gouvernement de transition de 2012, Cheick Modibo Diarra, s’est dit déçu par beaucoup d’hommes politiques. Il revient également sur son aventure avec la junte d’AHS. C’était lors de son invitation sur l’esplanade Abdoul Aziz Bello de Badala-Séma le samedi 4 juillet 2015. Réquisitoire.

cheick modibo diarra ancien premier ministre malien general amadou haya sanogo putschiste« Le Mali est un pays de dignité et plein de compétences et de ressources humaines de qualité. Le Mali est le seul pays du pré carré français qui peut se nourrir et nourrir tous les pays frontaliers à travers l’agriculture et l’élevage.

Ce Mali victime de ses hommes politiques qui ne se prévalent de leurs trahisons, les coups bas, le vice de l’argent issu de la corruption, le vice de détournement du denier public. Je ne peux pas comprendre comment dans un pays au fort moment de ses incertitudes, on puisse contribuer à la libération de la prison d’hommes politiques renversés pour leur mauvaise gestion du pays et qui, du jour au lendemain, montent à Kati pour aller dîner, déjeuner avec les putschistes, avec de l’argent volé et de l’argent envoyé par certains chefs d’Etats de la Cédéao tout cela pour maintenir le pays dans la crise.

A chaque fois que le Mali avait eu sa propre solution, la communauté internationale le ramenait en arrière. Comment expliquer le patriotisme de ces gouvernants envers son peuple. Où sont-ils, ceux qui clamaient partout que la communauté internationale marchera sur leurs cadavres pour intervenir au Mali. Je ne suis monté à Kati que deux fois quand j’ai été nommé PM et lorsque j’ai appris que le Chérif de Nioro qui est un beau père à moi y était venu une fois. Mes relations avec l’ex-junte n’étaient pas au mieux et je refusais de leur donner l’argent du contribuable malien, pour qu’ils aillent s’amuser avec. Ce refus ajouté a d’autres intrigues ont précipité ma démission de la Primature.

 

Mon aventure de Kati

Imaginez qu’un beau jour, votre fille arrive de la France vers 22 h. Autour de mes enfants et de ma femme dans l’allégresse de retrouvailles, qu’une quarantaine de militaires lourdement armés débarquent chez vous pour vous amener manu militari à Kati sur ordre d’Amadou Haya Sanogo.

Par respect Sanogo pouvait m’appeler sur son téléphone et j’allais le rejoindre. Ce jour, si ce n’était pas parce que j’avais la double nationalité américaine je n’allais pas être là où je suis devant vous aujourd’hui. Sanogo et ses compagnons convaincus par leurs ex-prisonniers et d’autres personnes pas les moindres étaient sûrs que j’étais la source de leur malheur et voilà la suite. Un militaire de Kati m’avait donné une cigarette pour me détendre de cette scène inimaginable.

Après qu’ils m’ont ramené sous la pression des USA, il ne me restait qu’à démissionner. Voilà aujourd’hui que ces mêmes hommes politiques ont fait partir Sanogo par leur ruse. Le Mali doit avoir du sang neuf avec une nouvelle race de jeunes politiciens, patriotes et engagés pour leur patrie. Il faut un Mali où l’argent ne doit pas faire les élections ».

Propos recueillis par Mamadou Camara

 

source : L’Indicateur du Renouveau

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