Cheaka Aboudou Touré, représentant spécial de la Cedeao au Mali : « La Cedeao a une tolérance zéro au coup d’état et à la tentative de déstabilisation »

L’Alliance pour la Démocratie au Mali a organisé, le samedi 9 novembre 2013 à la maison de la presse, une conférence débat sur le thème : ‘’Rôle de la Cedeao dans la gestion de la crise politique et sécuritaire du Mali’’. Cette conférence débat était animée par le représentant résident de la Cedeao au Mali, Cheaka Aboudou Touré, en présence de la présidente de l’Association, Mme Sy Kadiatou Sow, de l’ancien président de l’Assemblée nationale, Ali Nouhoum Diallo, du représentant de la Minusma Abdoulaye Bathily, de nombreuses autres personnalités et d’un public nombreux.

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Dans son propos, l’ancien président de l’Assemblée nationale, Ali Nouhoum Diallo a fait un bref aperçu de la crise qui a secoué le Mali. Il a souligné entre autres : la rébellion, le commerce des otages, le trafic de drogues, le coup d’Etat…et selon lui, c’est ce qui a poussé la CEDEAO à agir.

 

De l’avis du conférencier, Cheaka Aboudou Touré, La Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a pu rétablir l’ordre constitutionnel et restaurer la souveraineté nationale au Mali. « La Cedeao a une tolérance zéro au coup d’état et à la tentative de déstabilisation. La sanction menée contre le Mali n’était pas une sanction contre la population mais contre la délinquance politique », a-t-il dit. Les actes tendant à empêcher les chefs d’Etat de la sous région, d’atterrir à Bamako, les mettant en danger, alors qu’ils venaient pour chercher une solution au problème du Mali, Etat membre en danger, relevait de la « délinquance politique », selon Cheaka Aboudou Touré.

 

 

Avant d’ajouter que l’accord-cadre du 6 avril 2012 avait pour objectif principal de rétablir la constitution du 25 février 1992. Mais cet accord a eu comme faiblesse, dira-t-il, d’être peu vulgarisé. Sans ambages, le conférencier a indiqué que la gestion de la transition au Mali a été caractérisée  par des pouvoirs superposés, la cacophonie au niveau de l’exécutif, l’insuffisance communicationnelle de l’exécutif, des relations conflictuelle avec la Cedeao. Il a signalé que le Mali a été incapable de tenir un seul poste à Konna. A l’en croire, la Cedeao a joué un rôle accrue et non négligeable au Mali car ayant offert son assistance militaire (Micema) puis la Misma et la Minusma avec le vote des différentes résolutions de l’ONU. Selon Cheaka Aboudou Touré, c’est grâce à la CEDEAO, à travers le leadership de son président Alassane Dramane Ouattara, que le Mali a été sauvé.

 

 

En outre, la Cedeao a donné 25 milliards de Fcfa au Mali pour lui permettre de faire face aux problèmes. La Cedeao disposait d’une réelle capacité d’imposition de la paix. Pour Cheaka A Touré, des résultats encourageant ont été obtenu car il y a eu un consensus planétaire exceptionnel pour la cause du Mali et le pays est redevenu normal. « Il y’a eu cinq (5) missions militaires au Mali : armée malienne, serval, Eutm, forces Tchadienne et force de la Cedeao . C’est du jamais vu » a-t-il ditLa leçon qu’il a eu a tiré est que les africains doivent d’abord compter sur eux-mêmes à travers la solidarité.

 

La plupart des intervenants ont mis l’accent sur le désarmement du Mnla et ont fait savoir que la majorité des Maliens étaient pour l’intervention  de la Cedeao au Mali, mais opposée à la sanction émise par la Cedeao. En réponse aux questions des journalistes, le conférencier a fait savoir que le cantonnement des rebelles serait une bombe à retardement. « Le cantonnement n’est pas une solution et ça ne doit pas dépasser trois mois. On doit cantonner par ce qu’on a un plan de réinsertion futur »a-t-il conclu. Abdoulaye Bathily de la Minusma a souligné que la crise malienne doit être l’occasion pour mener une réflexion sur le destin de l’Afrique. « Les groupes obscurantistes au nord du Mali sont mieux équipés que l’armée nationale. Il faut des moyens logistiques importants pour sécuriser le nord surtout Kidal », a-t-il conclu.

 

Aguibou Sogodogo

SOURCE: Le Républicai
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