CERM : Un jeu politique qui ne dit pas son nom ?

Le Centre d’étude et de réflexion au Mali (CERM) a profité de son tout premier colloque pour procéder à son lancement. Une bonne initiative qui suscite pourtant le doute quand on sait que le CERM est une émanation d’anciens ministres et hauts cadres du pays qui appartiennent à la mouvance présidentielle.

moussa mara ancien premier ministre yelema

Le CERM, structure de réflexion pour contribuer à la réhabilitation des activités intellectuelles, la réflexion et la prospection sur les sujets majeurs au Mali, est une bonne initiative en soi, puisqu’il doit permettre aux intellectuels maliens de se retrouver dans un même cadre pour s’exprimer, produire et proposer. Aussi il doit être un espace d’échange et de débat sur des sujets d’intérêt national et même international pour les intellectuels de notre pays.

Mais là où le bât blesse, c’est qu’à la base de ce Centre, il n’y a que des politiques tendancieux composés d’anciens ministres et hauts cadres du pays tels que l’ancien Premier ministre Moussa Mara, l’ancien ministre de la Décentralisation et de la Ville, Ousmane Sy, qui est d’ailleurs le président du CERM, l’ancien ministre du Budget, Lassine Bouaré, etc.

Un Centre de telle envergure devait être constitué d’universitaires et de chercheurs et non des politiques, surtout des politiques partisans. Que peut-il ressortir de bon, dans ce cas, qui va à l’encontre de leur allié au pouvoir ? Ce Centre ne sera-t-il pas un moyen pour les initiateurs de confirmer davantage leur « soutien indéfectible » à leur mentor qui est au pouvoir, même si l’ex-Premier ministre, Moussa Mara, secrétaire au développement du CERM, dit tout le contraire. A l’en croire, « la structure n’a rien à voir avec la politique, ça n’a rien avoir avec la majorité et l’opposition, tout le monde est le bienvenu ici ».

Notre cher ancien Premier ministre semble obnubilé par la participation des membres de l’opposition au CERM comme SoumaïlaCissé, TiébiléDramé et Modibo Sidibé. Ce qui, selon lui, expliquait sa présence chez ces derniers.

Selon l’ancien Premier ministre, Moussa Mara au Mali, « tout le monde veut parler de tout et finalement personne ne parle de rien ». Cette affirmation est la preuve que l’un des grands problèmes de notre pays est la confusion des rôles dans les différents domaines de la vie sociale. Ce rôle que des politiques veulent s’accaparer n’est-il pas mieux adapté aux universitaires et autres grand chercheurs ?

Le principal initiateur du Centre, en l’occurrence le président du parti Yéléma, Moussa Mara, reconnaît la mauvaise influence des politiques sur ce genre de structure. « J’espère que très rapidement, on va pouvoir partir, parce que moi je suis un homme politique et nous, on pollue ce gens de chose ».

Est-ce que les initiateurs (politiques) vont se retirer au vrai sens du terme et laisser la main libre aux intellectuels de faire correctement leur travail et en toute impartialité ? Wait and see.

Youssouf Coulibaly

 

Source: L’Indicateur du Renouveau

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