Campagne agricole 2014-2015 à l’office du Niger : Moussa Mara affiche sa grande satisfaction

Du 5 au 6 septembre 2014, le Premier ministre Moussa Mara était en mission de supervision de la campagne agricole dans l’office du Niger. A l’occasion, outre le PDG de l’Office, Illias Goro et son équipe, il était accompagné des ministres de l’Agriculture Bokari Treta, de la justice Mohamed Aly Bathily et des élus de Ségou.

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Créé en 1932, l’Office du Niger est le premier espoir du Mali pour l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire. C’est pourquoi les autorités lui accordent une place de choix et c’est dans cette optique que , le Premier ministre a effectué cette visite de terrain. Il a aussi rencontré l’administration de l’Office et les producteurs. Cela, afin de s’imprégner de l’état d’avancement de la campagne 2014-2015 et de recenser les difficultés pour donner un nouveau souffle à cette structure.

A l’entame de la mission, le Président directeur général de l’Office du Niger, Illias Goro a brièvement présenté son service, l’état d’avancement de la campagne, les difficultés et les perspectives.

Parlant de l’état d’avancement, Illias Goro a souligné que la redevance recouvrée au 31 juillet 2014 a été de 5.586.420.345 FCFA sur un montant à recouvrer de 6.235.501.081 FCFA. Soit un taux de recouvrement de 89,59% contre 89,49% l’année dernière.

L’objectif recherché en termes de production et de superficie est de 693.417 tonnes pour une superficie de 110.927hectares.  Ces données sont reparties comme suit : 11.720 hectares de spéculation maraîchères pour une production de 356.663 tonnes dont 286.290 tonnes d’échalote ; 25.850 tonnes de tomate, 30.780 tonnes de maïs et 23.045 tonnes de pomme de terre.

Au sujet de l’approvisionnement en intrants, Illias Goro a affirmé que les besoins en semences (5.406 tonnes) ont été entièrement couverts. Concernant l’engrais, la situation est reluisante car oscillant autour de 70% pour tous les types d’engrais.

La riziculture connait des avancées notables. La mise en valeur en casier est de 92.577,82 hectares sur une prévision de 101.116 hectares, soit un taux de réalisation de 96,32%.

S’agissant de l’entretien du réseau hydraulique, les difficultés d’irrigation dans les zones de Kouroumari, N’Débougou et Molodo dues à l’envasement et à l’envahissement du Fala de Molodo par le typha et les fougères ont été signalées par le PDG Goro. Cette situation a nécessité  des travaux exceptionnels de drainage et de nettoyage, ajoutera-t-il.

Les difficultés majeures

En dépit des efforts consentis par l’Etat, selon Illias Goro, la présente campagne de l’Office demeure confrontée à certains problèmes. Il s’agit entre autres de : retard dans la mobilisation des fonds de l’Etat, faible niveau de réalisation des baux attribués aux privés et d’équipement des exploitants agricoles ; absence d’unités industrielles de transformation des produits maraîchers ; insuffisance de main d’œuvre due à l’exode des bras valides vers les zones d’orpaillage ; présence en début de campagne des oiseaux granivores qui a rendu difficile l’installation des cultures. A cela s’ajoute l’attaque des pépinières de riz par les chenilles et les rats.

Perspectives

En perspective, les autorités de l’Office du Niger entendent faire de la structure l’agropole de Ségou. Cela, à travers l’accroissement des productions végétales et animales ; l’intensification par l’adoption du système de riziculture intensif, du semis en lignes et d’autres innovations ; l’aménagement de 65.550 hectares supplémentaire à l’horizon 2018, soit 13.000 hectares en moyenne par an dont 4.500 pour les exploitations agricoles familiales. Elles envisagent également de produire 1.122.350 tonne de riz paddy en 2018. Le développement du partenariat public-privé, l’amélioration de l’habitat rural et l’instauration d’une pension de retraite pour les producteurs sont au cœur de stratégies pour faire de l’Office du Niger, l’Agropole de Ségou. En plus, il faudra ajouter l’installation d’usines de conservation des produits maraîchers tels que la tomate, la pomme de terre et l’oignon ; le développement de la pisciculture pour une production annuelle de 100.000 tonnes ; la protection du pont-barrage de Markala par la construction d’un nouveau pont pour le trafic routier.

Après cette rencontre au Gouvernorat, la Délégation  a été sur le terrain pour voir de visu ce qui lui a été expliqué. Ainsi, elle a visité le barrage de Markala, le Point A, les ouvrages régulateurs du «Point A», les 750 hectares de maïs de Modibo Keïta (Gdcm) à Sanamadougou. Ensuite, le Premier ministre s’est rendu à Ké-Macina pour visiter le casier de Kokry B, le test de fertilisation au phosphate de Telemsi granulée à Kokry, la parcelle du système de riziculture intensif à Kokry B et la cage flottante pour la pisciculture (pêche et contrôle de poids).

Le deuxième jour de la mission a été consacré aux visites de la parcelle de culture de la canne à sucre  et de l’Usine N-Sukala à M’Béwani, du champ de riz de Diabé Koné à Minimana, candidat au concours de meilleur producteur de la campagne 2014-2015. Avant d’inaugurer le Centre de conditionnement d’échalote à Koulamba-Wèrè. L’avant-dernière étape était la visite de la société Coopérative des forgerons de l’Office du Niger à Niono, une coopérative qui fabrique des matériels agricoles modernes. Celle du système de régulation du Fala au «Point B».

Echange entre le gouvernement et les organisations paysannes

La délégation gouvernementale a ensuite fait la synthèse de la mission et échangé avec les organisations paysannes de l’Office du Niger à N’Débougou.

L’occasion fut propice pour le Délégué général, non moins porte-parole des producteurs, Abdoulaye Dao de manifester sa joie pour cette visite du Premier ministre. Cependant, il a égrené un chapelet de doléances. Il s’agit entre autres, de l’augmentation des surfaces aménagées, la généralisation de la pisciculture,  la facilitation aux financements à long terme et la promotion de l’agriculture mécanique en faisant la promotion des équipements agricoles. Et la réparation des réseaux primaires d’irrigation. Selon Dao, autres facteurs qui favorisent les paysans sont la meilleure structuration de la commercialisation des produits et le conditionnement des produits maraîchers. Partant, il a suggéré le remplacement de la subvention de l’engrais par la subvention des produits finis.

Dans son intervention, le Président directeur de l’Office du Niger, après avoir annoncé que le nouveau riz sera mis sur le marché d’ici septembre 2014, a invité les producteurs à vendre leurs productions au fur et à mesure qu’ils récoltent. Car le fait de vendre tous ensemble les produits le 31 mars entraine une chute considérable du cours du riz. Ce qui a de mauvaises répercussions sur l’économie des paysans.

Pour sa part, le Premier ministre soulignera que pour assurer le bonheur et la dignité des Maliens, il faut forcément garantir l’autosuffisance alimentaire. C’est pourquoi, dit-il, le développement de l’agriculture en particulier dans l’Office du Niger est au cœur de l’agenda du Président IBK et du gouvernement. D’où le sens de l’octroi de 15% du budget national à l’agriculture. Partant, il se dit satisfait de ce qu’il a vu sur le terrain car la campagne 2014-2015 s’annonce prometteuse.

En réponse aux revendications des producteurs, Mara a promis que les questions d’infrastructures, d’équipement et de subvention de produits finis seront  diligentées.

Avant d’annoncer l’investissement dans un bref délai d’un milliard de francs pour  la généralisation de la pisciculture. Et le renforcement du système financier facilitant l’accès des producteurs à des financements à long terme.

En ce qui concerne l’augmentation de l’aménagement des terres, il a indiqué qu’avec l’appui des partenaires chinois, le gouvernement a, en perspective, l’aménagement de 200.000 hectares. Soit presque le double de lasuperficie aménagée depuis l’indépendance du pays.

Oumar KONATE

Envoyé spécial à l’Office du Niger

SOURCE: Le Prétoire  du   8 sept 2014.
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